Comme Google, Apple, Microsoft et Amazon, Facebook écoutait certains messages vocaux (faut-il vraiment s'en affoler ?)

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BIENVENUE AU CLUB - Le réseau social reconnaît aujourd'hui que lui aussi faisait écouter des échantillons de messages vocaux à des sous-traitants, pour vérifier la qualité de sa reconnaissance vocale. Une pratique arrêtée il y a quelques jours, au vu des réactions des internautes face aux pratiques comparables à celles des autres géants de la Silicon Valley.

Il ne manquait que lui. Après qu'on ait appris que Google, Amazon, Apple et Microsoft faisaient réécouter par des oreilles humaines certaines requêtes vocales à leurs assistants connectés, seul Facebook manquait à l'appel. Logique, ce géant-là est le seul des quatre à ne pas avoir développé son propre assistant vocal. C'était oublier un outil de la galaxie Facebook, et une fonction précise qui, elle, fait bien appel à la voix.


Dans Facebook Messenger, la messagerie instantanée de Facebook, l'utilisateur peut enregistrer des messages vocaux, qui seront envoyés tels quels, insérés dans la conversation, mais également retranscrits en texte, lisible à l'écran. Ils peuvent même être traduits d'une langue à une autre. 

Des messages vocaux retranscrits partout dans le monde

Ces échantillons vocaux, Facebook en a prélevés certains, les envoyant à des sous-traitants un peu partout sur la planète, pour les faire réécouter par des oreilles bien humaines. Ce que Facebook explique aujourd'hui, c'est qu'il a fait retranscrire ces messages pour les comparer à leur transcription automatique, et vérifier ainsi la fidélité de ses algorithmes de reconnaissance vocale, dans plusieurs langues. L'entreprise confirme que les seuls utilisateurs potentiellement concernés sont ceux qui avaient activer l'option de transcription des messages vocaux de Messenger. Des messages anonymisés avant d'être renvoyés pour transcription manuelle. 

À nos confrères de Bloomberg qui ont levé ce lièvre, Facebook explique que si les messages vocaux existent depuis 2015, leur vérification par des sous-traitants est une pratique bien plus récente, une pratique mise en suspens... depuis la semaine dernière, imitant en cela Google, Apple, et Amazon. L'entreprise se défend d'avoir violé la confiance de ses utilisateurs. Sa politique d'utilisation des données le dit noir sur blanc, dès son premier alinéa : "Nous recueillons le contenu, les communications ainsi que d’autres informations que vous fournissez lorsque vous utilisez nos Produits, notamment (...) lorsque vous communiquez avec d’autres personnes ou leur envoyez des messages." Les messages vocaux ne sont pas explicitement mentionnés, mais ils tombent bien dans un "contenu des communications" qui ratisse large. 

Une pratique normale, en manque de transparence

Le plus ironique dans l'histoire, c'est que Facebook, s'il estime avoir suivi à la lettre ses propres conditions d'utilisation, a probablement choisi de rester discret sur les modalités de son contrôle qualité, justement parce qu'il savait que mettre "Facebook", "écoute", et "conversations" dans la même phrase réveillerait de vieilles peurs qu'il a tous les maux du monde à éteindre. L'affaire du jour ressemble ainsi à une prophétie auto-réalisatrice.


Sur le fond, difficile de reprocher au club des cinq GAFAM de vouloir contrôler ce qui marche dans leurs services, et comprendre ce qui ne marche pas. Si une app, un service, ou même juste une fonction de la plateforme fait appel à la reconnaissance vocale, alors le seul vrai moyen d'en vérifier le fonctionnement dans le monde réel, c'est bien de réécouter des échantillons de requêtes de vrais utilisateurs, dans toutes leurs langues, avec tous leurs accents. L'intelligence artificielle peut apprendre seule, mais son contrôle reste humain. La pratique gagnerait juste à être mentionnée de façon plus transparente, quitte à requérir une validation spécifique de l'utilisateur. Ce message-là a maintenant des chances d'être écouté.

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