Comment Facebook en est venu à payer 22 milliards pour une app

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RÉSEAU SOCIAL - Alors que le montant de la transaction a d'abord été évalué à 19 milliards de dollars, le rachat de WhatsApp par Facebook coûtera finalement 21,9 milliards de dollars, soit 17,4 milliards d'euros.

Si on devait comparer la valeur de l'application WhatsApp à une société française, il faudrait citer l'exemple de Carrefour, dont la capitalisation boursière se situe actuellement autour de 17,37 milliards d'euros. Une somme assez proche de celle que Facebook s'apprête à débourser pour acheter l'application WhatsApp puisque le montant définitif de la transaction a été fixé à 17,5 milliards d'euros (22 milliards de dollars). La différence, c'est que Carrefour a été créé en 1959 et emploie 365 000 personnes de part le monde. WhatsApp a été fondée en 2009 et compte… 55 salariés. Pourquoi une telle somme ? Explications.

► Une application à succès
Si WhatsApp n'a que cinq ans, elle n'a pas attendu l'âge de raison pour connaître un succès planétaire. L'application compte 450 millions d'utilisateurs. Le service de messagerie instantanée pour smartphone permet à deux personnes qui ont téléchargé l'application de communiquer où qu'ils soient dans le monde (et gratuitement en WiFi ou via leur abonnement 3G/4G). Appels, messages, notes audio, photos, vidéos… l'application est gratuite la première année puis coûte 0,89€/an. C'est là sa seule source de revenus, l'appli n'hébergeant pas de pub.

► Une acquisition stratégique
Mais pourquoi donc Facebook avait besoin de dépenser autant pour WhatsApp alors qu'elle possède son offre de messagerie instantanée, Messenger ? Mark Zuckerberg, le PDG du réseau social, s'en était expliqué en février dernier : "WhastApp est un service de messagerie mobile, simple et fiable. [...] Chaque jour, plus d'1 million de personnes s'inscrivent sur WhatsApp et, bientôt, ce sera plus d'un milliard de personnes qui l'utiliseront." Le fondateur de Facebook assure que le service restera indépendant et coexistera avec Messenger. En outre, acheter WhastApp, c'est s'assurer que la concurrence, en l'occurrence Google, ne mettra pas la main sur cette application.

► Un pari sur l'avenir pour les analystes
Shel Israel, contributeur régulier du site Forbes.com , explique que Mark Zuckerberg a une vision à long terme. Il s'assure ainsi que, dans le futur, une grande partie de la population passera prioritairement par une plateforme Facebook pour engager leurs conversations. Et puis, après tout, avec une capitalisation boursière de plus de 200 milliards de dollars, si Facebook dépense 22 milliards pour un service prometteur, c'est certes un pari mais cela ne met pas en péril la firme.

► Pourquoi 21,9 milliards de dollars et pas 19 ?
A la mi-février, à l'annonce du rachat de WhatsApp, le prix évoqué est de 19 milliards de dollars (15 milliards d'euros). Lundi 6 octobre, à la clôture de l'acquisition, la somme était réévaluée de 3 milliards. La faute aux fluctuations boursières : dans l'intervalle, le titre de WhatsApp s'est apprécié de 14 %. La somme sera versée de la sorte : 4,59 milliards en numéraire et 223,7 millions d'actions (soit environ 17,3 milliards de dollars).

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