Commerce en ligne : avec la fin du "géoblocage" en Europe, où se trouvent les bonnes affaires ? On a cherché pour vous

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CONSO-TOURISME - Depuis le début du mois, un site d'e-commerce n'a plus le droit de vous géobloquer, c'est à dire de vous restreindre à son seul site français par exemple. Nous avons donc comparé les versions françaises de quelques grand sites avec leurs homologues ailleurs en Europe. Résultat : quelques bons plans, et de vraies surprises.

Le marché unique sera aussi numérique : c'est un cheval de bataille de la Commission européenne. La fin du roaming, l'IBAN comme RIB unique dans toute l'Europe, c'était elle. Idem désormais pour la fin du géoblocage, cette fonction qui, selon votre localisation ou la provenance de votre carte bancaire, permettait à de grands sites de commerce en ligne de vous garder sur leur ".fr" plutôt que de vous laisser divaguer -et comparer- avec les versions allemandes, italiennes, belges ou espagnoles.

But avoué de cette abolition des frontières numériques : permettre à tous les internautes européens d'accéder aux mêmes services, au même prix, dans les mêmes conditions, et endiguer des pratiques commerciales parfois abusives. Et de fait, quand on compare les offres de sites en .fr avec d'autres versions européennes, on constate parfois qu'un client en France ne verra pas les mêmes prix que s'il s'était trouvé ailleurs sur le Vieux continent, ou s'il avait juste remplacé .fr par .be, .de, .it ou .es, pour ne citer que quelques pays voisins.

Chou blanc, ou presque, sur l'e-commerce

Shopping de Noël oblige, nous avons commencé par nous ruer sur les sites de shopping, de préférence les plus grands, Amazon, Zalando et quelques autres. Sur Amazon, rien à faire, le vendeur, pourtant souvent accusé de pratiquer une "tarification dynamique", nous a affiché des tarifs identiques pour des smartphones récents, pour un drone, pour toutes sortes de gadgets que l'on aurait bien mis au pied du sapin. 

Chez des vendeurs comme Zalando, nous avons bien trouvé quelques articles à des prix différents selon qu'on les achète sur le site français ou sur son équivalent allemand, mais avec un bémol : c'était souvent le résultat d'une promotion qui n'existait que sur l'un des deux sites à un instant T. Les prix de base étaient, eux, rigoureusement identiques.

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Hôtels, locations de voitures : la comparaison paie

Dans le Top 5 des services que personne ne paye au même prix, il y a tout ce qui tient au tourisme. Nous avons fait le test sur Expedia, en cherchant une chambre d'hôtel cinq étoiles à Paris, pour le même jour, à la fois sur les sites français et allemand du voyagiste. Sur les 75 résultats affichés, peu de différences, mais elles existent. Un internaute allemand aurait ainsi pu économiser une quarantaine d'euros sur son hôtel des beaux quartiers, par rapport à un Français ayant effectué la même recherche. Et quand les tarifs augmentent, l'écart se creuse, comme pour l'Hôtel de Crillon, l'un des palaces de la capitale, qui affiche plus de cent euros d'écart d'un Expedia à l'autre. 

Comme on le voit sur la capture ci-dessous, la comparaison permet de lever un autre lièvre : quand Expedia affiche cinq chambres disponibles sur le site français, le site allemand n'en affiche qu'une. Nous subodorions que ce genre de messages affichés en rouge était surtout là pour nous faire réserver dans une urgence un peu artificielle, et apparemment, nous avions raison.

Côté location de voitures aussi, on sait que les tarifs peuvent varier massivement, pour la même voiture, les mêmes dates, chez le même loueur, selon que vous déteniez ou non une carte de fidélité, ou selon que la voiture ait été réservée dans un package vol+hôtel. Direction le site Hertz, ou plutôt les sites Hertz, le français d'un côté et le belge de l'autre. Même requête, même destination, mêmes dates, et dans l'ensemble le loueur joue le jeu, avec quand même quelques différences marquantes, comme par exemple sur ces deux minibus, qui affichent plus de 80 euros d'écart d'un site à l'autre.

Mickey à tous prix

Dans le lot, nous avons quand même trouvé un champion. Il sourit tout le temps, il a deux grandes oreilles noires, et on ne le savait pas si âpre au gain. Au moment de réserver un séjour à Disneyland Paris, les Français ont ainsi un avantage très marqué par rapport à leurs voisins européens. Et -on le savait bien- les Franciliens ont même accès à des tarifs spéciaux. Mais nous ne n'imaginions pas à quel point les tarifs pouvaient varier. 

En clair, malheur à vous si vous avez dû traverser les frontières pour venir poser devant le château de la Belle au Bois Dormant : de manière quasi-systématique, les visiteurs étrangers paieront plus cher, bien plus cher parfois. Notre séjour pour une famille de quatre personnes, pour les mêmes dates et dans le même hôtel, nous reviendra par exemple à 1.270 euros s'il est réservé de France, et à 2.128 euros sur le site allemand ! Et le bon d'achat de 200 euros offert aux Allemands ne suffira probablement pas à sécher leurs larmes s'ils découvrent la différence.

Il reste des secteurs interdits

On le voit, sur le chemin d'un marché unique de l'e-commerce en Europe, la route est droite, mais la pente est parfois forte. Pour l'instant, il reste encore des choses  qui ne sont pas concernée par la directive : produits culturels, services de transport, et certains produits audiovisuels, comme les abonnements à des chaînes à péage. Dès 2020, la Commission Européenne vérifiera l'application des nouvelles règles, et réfléchira à les étendre à certains de ces secteurs interdits.

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