Coronavirus : des ordinateurs aux smartphones, la planète high-tech au bord de la pénurie

Dans une usine Huawei, une technicienne inspecte une antenne 5G
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Coronavirus : l'épidémie meurtrière qui inquiète la planète

CHÔMAGE TECHNIQUE - Les premiers effets du coronavirus sur le ralentissement de l’économie chinoise commencent à se faire sentir jusqu’en Europe. Automobile, informatique, smartphones : tous les secteurs du high-tech craignent une pénurie qui pourrait durer.

Pour l'instant, en Chine, le problème, masqué par les autres effets du coronavirus, n'est pas visible. Centres-villes désertés, bureaux vides et magasins fermés relèguent au second plan les pénuries à venir d'un pays qui tourne au ralenti. Dans la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale, les vacances du Nouvel an chinois ont ainsi été étendues, toutes les usines y resteront fermées jusqu’au 9 février au plus tôt.

Si l’on ne sait combien de temps elle va durer, la crise a déjà des conséquences sérieuses pour les marques de smartphones. Pour les géants locaux, comme Huawei, Xiaomi, Oppo et Vivo, l’arrêt de certaines usines se chiffre en millions d’unités perdues : six à sept millions de ventes en moins pour Huawei, trois à quatre millions pour Oppo et Vivo. Xiaomi pourrait, lui, perdre deux millions de ventes. Un nombre équivalent à la baisse d’activité prévue d’Apple. La marque à la pomme, qui produit ses iPhone en Chine, a fermé tous ses magasins jusqu’à nouvel ordre. Et attend la reprise de l’activité de Foxconn, qui assemble ses produits dans ses méga-usines, aujourd’hui à l’arrêt pour une semaine au moins.

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Un cauchemar logistique

Si tout le monde espère une réouverture prochaine des usines autour de Wuhan, cela ne réglera pas tout, tant il suffit de peu de choses pour contrarier leur chaîne d’approvisionnement. “On dit souvent que la chaîne logistique dépend de son maillon le plus faible”, explique à LCI Aurélien Rouquet, Professeur de logistique à Neoma Business School, “or un constructeur automobile typique peut avoir un millier de fournisseurs différents, qui eux-mêmes en ont des centaines d’autres". 

Et si tous les grands acteurs de l’industrie réfléchissent en permanence à des alternatives ou des plans B qui sécuriseraient leurs approvisionnements, à l’impossible nul n’est tenu. “Toutes ces entreprises ont des stratégies de gestion des risques, qu’ils soient climatiques, géopolitiques, sociaux ou sanitaires”, détaille Aurélien Rouquet. "Mais la difficulté, c’est qu’il faut constamment se préparer à des choses dont on ne sait ni où, ni quand, ni même si elles vont survenir un jour.”

Surtout, si l’impact du virus sur tout le secteur est massif, c’est parce que la Chine est devenu le centre du monde high-tech. C’est ici que se fabriquent l’essentiel des ordinateurs, les deux-tiers des smartphones et un téléviseur sur deux. C’est surtout d’ici que viennent certains composants cruciaux pour l’industrie toute entière : processeurs, puces mémoire, écrans, capteurs divers. Des composants dont les prix pourraient flamber, en attendant que la situation se normalise. Pour l'instant, difficile cependant de constater les effets de la crise sur les produits disponibles en France, ni sur leur prix. Les premières ruptures de stock ne seront visibles que si la situation devait perdurer quelques semaines ou quelques mois de plus.

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Coronavirus : l'économie chinoise tourne au ralenti

Le salon mondial du mobile menacé ?

Autre effet induit d’une Chine au ralenti : en compliquant sérieusement les déplacements des Chinois à l’étranger, le virus compromet des événements qui ont lieu à des milliers de kilomètres de là. En Suisse, le géant Swatch vient ainsi d’annuler son grand salon annuel de l’horlogerie prévu à Zurich pour début mars, par crainte de l’absence d’acheteurs chinois.

À Barcelone, où le MWC, le grand salon mondial du mobile, doit ouvrir ses portes à 110.000 visiteurs dans moins de deux semaines, le virus compte déjà des victimes. Si le Chinois ZTE tiendra bien son stand, il a cependant déjà annulé sa conférence de presse. De son côté, le Coréen LG a carrément jeté l'éponge, expliquant qu’il préfère éviter d’exposer ses employés aux risques que poseraient ces déplacements. Huawei, qui doit profiter du salon pour dévoiler l’un de ses nouveaux modèles, a pour sa part fait le choix de maintenir sa présence, au prix d’une logistique sans précédent : l’entreprise explique aujourd’hui qu’elle a déjà dépêché ses employés à Barcelone, où ils resteront en quarantaine pendant 14 jours, avant l’ouverture du MWC. De leur côté, les organisateurs du salon détaillent les mesures qu’ils prendront pour protéger la santé de leurs visiteurs, à qui il sera demandé, entre autres, d’éviter de se serrer la main.

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