Coronavirus : télétravail, école à la maison... doit-on craindre un "black-out" de l'Internet français ?

Coronavirus : télétravail, école à la maison... doit-on craindre un "black-out" de l'Internet français ?
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VIE NUMÉRIQUE - Les pouvoirs publics ont appelé les entreprises à favoriser le télétravail. Toujours est-il que ce recours massif au travail à distance, auquel s'ajoutent tous ceux qui étudieront depuis leur domicile, risque d'entraîner des pics de consommation sur le web. LCI a contacté Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms (FFT), pour savoir s'il faut craindre une surcharge.

L’Internet français s’apprête à vivre une semaine mouvementée. Face à l’accélération de la propagation du Covid-19 dans l’Hexagone, le gouvernement a appelé les entreprises à favoriser le télétravail. A cela s’ajoutent les 15 millions d’élèves et étudiants qui resteront chez eux, fautes d’écoles et d’universités ouvertes au cours des prochaines semaines. Dès demain, des pics de consommations historiques sont attendus. Devant cette situation inédite, les opérateurs télécoms l’assurent : tout est bien organisé, il n’y aucune raison de craindre un "black-out" d’Internet.

En France, près de 30 millions de foyers disposent aujourd'hui d’un abonnement Internet fixe en haut débit (ADSL) et très haut débit (fibre optique ou 4G fixe), selon les derniers chiffres de l’Arcep. Les opérateurs ont la capacité, en tout cas techniquement, de limiter temporairement la bande passante sur les mobiles pour les usages qui consomment davantage, comme les téléchargements sur les plateformes de streaming. Mais pour l'heure, une telle mesure n'est pas envisagée, assurent les fournisseurs d'accès à Internet (FAI).

A la veille de cette journée pour le moins exceptionnelle, pour en savoir plus, LCI a contacté Arthur Dreyfuss, secrétaire général d’Altice France (SFR Group) et président de la Fédération française des télécoms (FFT). 

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LCI : La journée de lundi s'annonce comme inédite, à l'instar de la crise sanitaire qui touche actuellement la France. Dans ce contexte, faut-il craindre une saturation des réseaux de télécommunication ?

Arthur Dreyfuss : Sachant l’importance que nous avons pour la vie et l’économie du pays, nous sommes préparés depuis toujours à affronter ce type de crise. Pour autant, depuis déjà plusieurs semaines, chaque opérateur se prépare à des plans de continuité d’activité pour pouvoir répondre au mieux aux attentes des Français, ainsi qu’aux besoins des entreprises et des administrations dans les jours, semaines et mois qui viennent. Au moment où l’on se parle, nous avons plus 15.000 techniciens et ingénieurs qui sont mobilisés pour permettre à la France d’aborder cette séquence avec le plus de sérénité possible, malgré ce contexte inédit.  

Aux Etats-Unis, l’opérateur américain AT&T a fait sauter temporairement le plafonnement de la bande passante, pour faciliter le télétravail. En France, des mesures ont-elles été prises en amont ?

Notre mission n’est pas uniquement d’assurer la pérennité du réseau au cours des prochains jours. Notre objectif, c’est de permettre une continuité de service et la pérennité des réseaux sur le long terme. C’est une situation nouvelle, et nul ne sait combien de temps cela va durer. La priorité qui a été donnée par les pouvoirs publics dans cette période de solidarité nationale, c’est de permettre, autant que faire se peut, à la France de continuer de travailler, d’étudier, de vivre et de communiquer. Ce qui nécessite donc un suivi en temps réel, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour adapter nos réseaux aux besoins. 

Quand les personnes se trouvent à la maison, nous leur conseillons donc de basculer leur smartphone sur le réseau Wi-Fi de leur box, plutôt que d’utiliser les connexions mobiles 3G et 4G.- Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms (FFT).

Les Français vont-ils devoir changer leurs habitudes, notamment en matière de loisirs numériques (streaming, jeu vidéo en ligne, etc.) et faire preuve de solidarité, comme l’a demandé le chef de l’Etat ?

La discipline sociale que nous impose cette période, en limitant nos déplacements, en réduisant les trajets domicile-travail, en limitant les contacts avec son entourage, doit s’accompagner d’une forme de civisme numérique. Dans ce contexte de solidarité nationale, chaque Français doit avoir en tête les priorités qui sont données au pays pour éviter que la consommation de certains pénalisent celle des autres. 

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Au-delà du fait de limiter certaines pratiques, comme le streaming de vidéo, que peut-on faire, concrètement ?

En gros, c'est un peu comme si tous les automobilistes parisiens se retrouvaient sur le périphérique au même moment. La période impose une responsabilité collective de chacun. Quand les personnes se trouvent à la maison, nous leur conseillons de basculer leur smartphone sur le réseau Wi-Fi de leur box, plutôt que d’utiliser les connexions mobiles 3G et 4G. Ils peuvent téléphoner en Wi-fi, regarder des films en Wi-Fi, travailler en Wi-Fi. La capacité des réseaux fixes est bien plus importante que celles des réseaux mobiles.

Des mesures peuvent être prises de manière temporaire pour éviter que la consommation de certains pénalise celle des autres- Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms (FFT).

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Quelles types de mesures peuvent être prises en cas de pic de consommation, pour éviter une panne ?

Les opérateurs, avec leurs équipes de techniciens et d’ingénieurs, ont une vue en temps réel sur l’activité de leur réseau. Et ils sont donc en mesure d'adapter son dimensionnement pour pouvoir absorber le mieux possible les pics de consommations. Cependant, cela ne dispense pas les Français de faire preuve de civisme et d'être raisonnable quant à leur consommation. 

La crise du coronavirus peut-elle faire planter l’Internet mondial ?

Dans l’ensemble des pays qui connaissent des restrictions comme en France, les opérateurs télécoms, qui sont garants du bon fonctionnement des infrastructures numériques, se mobilisent. Inutile d'affoler les gens. Une panne mondiale est extrêmement peu probable. 

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