Cyberattaques : les jeunes ultra-connectés sont les plus touchés

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RISQUES – Née avec l'informatique, ayant grandi avec internet, on croyait la génération Y la plus à même d'éviter tous les pièges numériques. Selon le rapport annuel du spécialiste de la cybersécurité Norton by Symantec auquel LCI a pu avoir accès, 2017 a une fois de plus montré que les cyberattaques touchaient plus facilement les ultra-connectés en trop grande confiance.

Depuis plusieurs années, Norton by Symantec livre son rapport annuel sur les cyber-risques. Et 2017 montre une fois de plus que ce sont les générations qui se pensent les plus à l'abri des cyberattaques qui en pâtissent le plus par excès de confiance, en France comme ailleurs.


"On a besoin d'une prise de conscience des cyber-dangers qui arrivent." Laurent Heslault, directeur des stratégies de sécurité chez Symantec, sait combien il est difficile de faire entendre raison aux internautes et autres utilisateurs de produits informatiques. "C'est toujours stupéfiant de voir des comportements en ligne étranges que personne n'aurait dans la réalité", nous explique-t-il au moment de prendre connaissance du nouveau rapport Norton by Symantec sur les cyber-risques. 2017 n'échappe pas à la règle. 


Une fois encore, comme les années précédentes, les cyberattaques ont été de plus en plus nombreuses. On estime à 978 millions le nombre de personnes qui en ont été victimes pour un préjudice estimé à 146,3 milliards d'euros, selon une enquête menée dans 20 pays dont la France où plus de 19 millions de personnes (6,1 milliards d'euros de pertes financières) auraient été la cible d'acte de cybercriminalité l'an dernier. C'est tout simplement près de 42% de la population adulte française sur internet qui a été touchée. Et l'on compte en moyenne 16 heures passées par chacun pour tenter de réparer les dommages causés par des ransomwares, des vols d'identités, des délits bancaires, des arnaques en ligne… autant d'actes considérés comme de la cybercriminalité.

Les victimes : les jeunes ultra-connectés en confiance

On croit toujours à tort que les populations les plus exposées et à même de se faire avoir sont les personnes âgées ou celles peu à l'aise avec les technologies. La dernière étude Norton by Symantec révèle qu'il s'agit en fait des ultra-connectés, possédant de multiples appareils chez eux ou en déplacement. Ces personnes sont connectées en permanence et ont donc perdu toute notion de méfiance vis-à-vis des produits qu'elles utilisent à outrance. On estime ainsi à 25% le nombre de victimes françaises de cybercriminalité qui possèdent un appareil intelligent capable de traiter, diffuser ou recevoir du contenu. Alors que, parmi les non-victimes, seulement 13% possèdent ce type d'appareil connecté. De même, trop en confiance, les victimes ultra-connectées ont tendance à multiplier les achats sur mobile.


"On pense toujours que les générations ultra-connectées sont plus matures face à la cybercriminalité alors qu'elles sont en fait les plus vulnérables en matière de sécurité informatique la plus basique", fait remarquer Laurent Heslault. La génération Y qu'on considère comme la plus nombreuse ou la plus connectée "n'a pas de méfiance dans la vie réelle ni en ligne. C'est celle du 'naturisme numérique' et de l'ultra-présence sur les réseaux sociaux. La jeune génération actuelle est mieux préparée car elle a été préservée et préparée par les grands frères et sœurs. Elle fait jouer la discrétion sur les réseaux, prend des pseudos et partage moins."


C'est finalement une question de surconfiance envers ses capacités face à la technologie qui piège les utilisateurs. Ainsi, en France, les victimes ont tendance à utiliser le même mot de passe en ligne sur tous les comptes (23% contre 12% des non-victimes) ou à confier le mot de passe d'au moins un compte à un tiers (41% contre 21%). Même celles qui utilisent différents mots de passe ont tendance à les stocker dans un fichier sur l'appareil.


Plus inquiétant, les victimes de cyberattaques se pensent à même de protéger leurs données contre une attaque (43%) ou pensent leurs risques faibles (25%). "On a l'impression que ça n'arrive qu'aux autres", ajoute-t-il, reprochant que, malgré la multiplication des affaires de piratage, trop nombreux sont les internautes qui se croient à l'abri et négligent toute protection la plus élémentaire. "Cette déconnexion souligne la nécessité de revenir à des fondamentaux pour assurer pleinement son rôle dans la prévention de la cybercriminalité et rééduquer", déclare-t-il. Il faut dire que, pour 45% des Français, installer un logiciel espion sur l'appareil d'un tiers, lui dérober des informations personnelles ou accéder à son compte bancaire sans son autorisation peuvent parfois être des comportements acceptables. "Pour certains, ce n'est pas aussi grave que de voler dans la vie réelle. Ca en dit long sur le décalage existant encore entre ce qu'on tolère en ligne et dans la vraie vie. Quand les internautes auront fait le parallèle, ils auront grandement progressé dans leur rapport à la cybersécurité", conclut-il.

Le ransomware, la nouvelle plaie informatique

En 2017, les fichiers numériques de près d'un Français sur 10 ont été pris en otage contre une rançon. Plus d'un piraté sur cinq (22%) a accepté de payer pour récupérer ses fichiers (contre 64% aux Etats-Unis). Et ce chiffre pourrait encore croître d'après l'étude. Selon Norton by Symantec, 50% des Français reconnaissent ne jamais faire de sauvegarde de leurs appareils ou bien installer les mises à jour. Une façon de s'exposer dangereusement aux risques d'attaque et de perdre potentiellement toutes ses données en un clic. Pourtant, selon Laurent Heslault, il ne sert à rien de payer. "Un tiers des ransomwares ne se déchiffrent pas et donc payer ne sert à rien", prévient-il. "Ne pas accepter de payer casse le business model de ces hackers. D'où l'importance d'avoir toujours une sauvegarde de secours pour ne pas s'exposer au piratage." 


Parmi les faits étonnants pour lesquels les Français ne semblent pas s'inquiéter, il y a la protection des appareils mobiles. Quelque 15% des sondés ne mesurent pas les risques encourus à ne pas avoir de protection. Ils sont aussi près de 89% à ne pas envisager de risque en utilisant un wifi public. "Il ne faut surtout pas profiter d'une connexion wifi pour aller sur le site de votre banque ou tout autre site sensible. Ce serait comme laisser quelqu'un regarder par votre épaule", avance Laurent Heslault. Mais il sait aussi rassurer et rappeler qu'en France, "nous ne sommes pas si mauvais face à la cyber criminalité. Nous faisons partie du Top 10 des pays visés car nous avons une grosse infrastructure internet et beaucoup d'utilisateurs. Donc ça tente les pirates."

En vidéo

Cybercriminalité : la demande de rançon numérique fait des dégâts

Les conseils de Norton by Symantec pour se préserver au maximum

1. Toujours être à jour de son logiciel : vérifier les mises à jour de sécurité et les installer sur votre PC comme vos appareils mobiles. Ne pas opter pour un simple antivirus qui ne sert plus aujourd'hui qu'à protéger moins d'un pourcent des cas. Il faut choisir une suite de cyber sécurité capable de prévoir de multiples types d'attaque.


2. Faire des copies de sauvegarde de vos données à l'aide de disques durs externes ou d'un service cloud : les disques durs présentent l'avantage d'être généralement déconnectés de l'ordinateur et d'éviter ainsi qu'un ransomware s'attaque à toutes vos données. Si vous choisissez l'option cloud, vérifiez les conditions générales de vente et assurez-vous que vous serez bien protégés, ce qui n'est pas souvent le cas avec des formats gratuits.


3. Apprendre les pièges des réseaux wifi publics : sachez que tout ce que vous consultez, votre navigation sur le web ou votre usage d'application lorsque vous êtes connectés à un wifi gratuit peuvent être consultés et divulgués. Evitez au maximum la navigation sur des sites utilisant vos données personnels (mails, banque, services divers, etc.). Si vous ne pouvez vous en empêcher, installer un réseau privé virtuel (VPN) sur votre appareil pour sécuriser la connexion et garantir votre confidentialité.


4. Faire attention à ses objets connectés : la nouvelle faiblesse des utilisateurs est désormais dans ces millions d'appareils connectés qui ont envahi les intérieurs des logements et qui sont connectés au wifi ou en 4G. Rare sont les acheteurs qui pensent à changer le mot de passe par défaut. Si vous n'entendez pas le connecter à internet, désactiver l'accès à distance ou protégez-le au maximum.


5. Multiplier les mots de passe : n'utilisez jamais le même mot de passe pour tous vos services. Oubliez d'y mettre votre prénom, nom, date de naissance, ville, nom de votre chien ou de votre enfant. Laissez tomber les AZERTY et autres 123456 tellement faciles à deviner pour les pirates que ça en devient lassant. Plus le mot de passe est long, parsemé de majuscules et de symboles, mieux c'est ! Et n'hésitez pas à le changer régulièrement, notamment si vous avez consulté des sites qui ont été piratés (LinkedIn, Yahoo, Facebook, Orange, etc.).

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