Pub sur Instagram, ciblage chez Google, alliance sur les données personnelles : ce qui va changer pour vous

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Le RGPD, le plan de l’Europe pour protéger vos données personnelles

GRANDES MANOEUVRES - Coup sur coup, trois annonces promettent de reconfigurer la manière dont certaines grandes plateformes affichent leurs publicités et la connectent à vos données personnelles. Des annonces à disséquer, en attendant de juger sur pièces.

“Construire un web plus privé”. Venant de Google, les mots ont de quoi surprendre et n’ont pas été choisis par hasard. Sous ce titre, le patron de l’ingénierie du navigateur Chrome détaille un jeu de nouveaux standards qui vont y être mis en place, sous la bannière de la Privacy Sandbox, un “bac à sable de la vie privée” protégé de l'intérieur.

L’initiative part d’un constat : pour toujours mieux cibler leurs publicités, les professionnels ont souvent passé la ligne rouge de la vie privée. Google se donne donc l'objectif de permettre, par des moyens techniques, de continuer à afficher des publicités ciblées, en révélant le moins d’informations possible sur l’internaute.  

En finir avec le “fingerprinting”

Nombre d’internautes ont pris l’habitude, sous Chrome et ailleurs, de privilégier la navigation “privée”, où le navigateur ne stocke plus les cookies déposés par chaque site, ceux qui permettent justement de vous suivre dans votre navigation pour mieux cibler vos centres d’intérêt. Ce faisant, Google explique que l’on a poussé les publicitaires à une créativité peu désirable, tentant d’identifier l’internaute par autre chose que les cookies.  

Moyen le plus courant, le fingerprinting, ou comment un site peut vous identifier, grâce à des détails techniques concordants. Prenez votre adresse IP, ajoutez-y la version de votre navigateur, la résolution de votre écran, la liste des polices installées sur votre système, autant d’informations librement disponibles pour aider les sites à s’afficher correctement, et la concordance de ces informations peut devenir une empreinte, qui permet de vous reconnaître de site en site. Or, si l’on peut refuser ou effacer les cookies, cette empreinte digitale, elle, vous suivra que vous le vouliez ou non. 

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L’alternative que propose Google, c’est de permettre la collecte de données de personnalisation, mais d’en faire des données anonymes, qui exprimeraient vos goûts sans vous identifier, par exemple en vous classant dans une catégorie d’internautes, selon votre profil, mais sans faire de votre navigation un livre ouvert pour les publicitaires. Des publicitaires et des sites eux aussi en recherche de solutions, face à des internautes qui privilégient la navigation privée et les bloqueurs de pubs, des usages qui coûtent cher aux éditeurs en rentrées publicitaires. Google ne se donne pas de calendrier pour adopter ces nouvelles mesures, et appelle pour l’instant les commentaires des autres acteurs du marché, pour s’accorder sur des standards qui fonctionnent pour tout le monde et qui, au passage, ne mettent pas en danger le cœur de son business. De l’intérêt d’en être à l’initiative.

Facebook pousse Instagram vers plus de pubs

Dans une sphère numérique où les internautes privilégient la gratuité, la difficulté pour les éditeurs est souvent de savoir où placer le curseur en terme de volume de publicités. Et à en croire Facebook, chez Instagram, le curseur serait bien trop bas. L’application de partage de photos, propriété de Facebook depuis 2012, est en train de tester sur un groupe restreint d’utilisateurs l’affichage de deux publicités successives dans le flux de Stories, pour recueillir leur ressenti, et mesurer l’impact des publicités. Si vous avez l’impression qu’il y a plus de pub dans Instagram, vous n’êtes pas seuls, Facebook ayant semble-t-il appelé sa filiale à plus de rentabilité.

Microsoft, Google et Intel alliés pour vos données

Enfin, côté sécurité des données cette fois, la dernière initiative de la semaine est à mettre au crédit de trois géants du Cloud, Microsoft, Intel… et Google, les trois têtes de liste du nouveau Confidential Computing Consortium, une alliance pour l’informatique confidentielle, qui vise là aussi à définir des standards pour protéger les données hébergées dans le Cloud par les entreprises et les particuliers. Un consortium où l’on trouve aussi IBM, AMR, et les chinois Baidu, Alibaba et Tencent, avec comme promesse commune de permettre aux usagers de travailler ensemble sans faire de leurs données un livre ouvert. À l’heure où l’essentiel de nos données personnelles sont stockées quelque part sur le réseau, cette sécurité supplémentaire sera la bienvenue.

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