Déconfinement : l'application StopCovid fera l'objet d'un débat et d'un vote "spécifique"

Déconfinement : l'application StopCovid fera l'objet d'un débat et d'un vote "spécifique"
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TRAÇAGE - Pas encore prête, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé devant les députés que StopCovid, l'application de traçage des individus malades, fera à la fois l'objet "d'un débat spécifique et d'un vote spécifique".

Le traçage numérique des Français contaminés par le coronavirus n'aura pas lieu, en tout cas pas tout de suite. C'est ce qui ressort de la présentation du plan de déconfinement, mardi 28 avril. Si Edouard Philippe entend appuyer son plan de déconfinement sur "les ressources extraordinaires des outils numériques", il a aussi précisé aux députés que StopCovid n'était pas encore prête. "Pour l’heure, compte tenu des incertitudes sur cette application, je serais bien en peine de vous dire si elle fonctionne et comment elle fonctionnera précisément."

"Lorsque l’application, en cours de développement fonctionnera, et avant sa mise en œuvre, nous organiserons un débat spécifique, suivi d’un vote spécifique", a précisé le Premier ministre. Aucune date n'a été avancée. 

Remonter la chaîne de contamination

Pour Edouard Philippe, StopCovid est un "dispositif complémentaire aux enquêtes sanitaires physiques et téléphoniques." En effet, dans les lieux très densément peuplés, il est impossible de remonter la chaîne de contamination. "Difficile de prévenir celui qui a partagé votre rame de métro à 7h46 sur la ligne 12. Vous ne le connaissez pas. Il ne vous connait pas. La RATP ne connait ni l’un ni l’autre", explique ainsi le chef du gouvernement.

Le fonctionnement de l'application est assez simple. Lorsque deux personnes se croisent durant une certaine durée, et à une distance suffisamment rapprochée, le téléphone portable de l'un enregistre les références de l'autre dans son historique via la connexion Bluetooth.  Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec la personne nouvellement malade seront alors prévenus de manière automatique. 

Des craintes sur la protection des libertés

Bien que l'application devrait être téléchargée sur la base du volontariat et que le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O a plusieurs fois assuré que le dispositif préserverait l'anonymat des utilisateurs, StopCovid suscite évidemment de nombreuses questions en termes de respect des libertés publiques et individuelles. 

Malgré le report du vote, Amnesty International reste toutefois très vigilante sur un possible déploiement de StopCovid. La présidente de l'ONG, Cécile Coudriou, a ainsi réitéré son opposition à cette application dans un communiqué. Elle souligne un "manque de preuves flagrantes de son efficacité" et les "risques qu’un tel système ferait par ailleurs peser sur les droits humains".

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Auditionnée par le Sénat à ce sujet, la présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) Marie-Laure Denis a demandé au gouvernement de rendre l'application "temporaire". "Il faut vraiment que sa durée n'excède pas la durée nécessaire au traitement de la crise sanitaire". La Cnil exige également "une suppression des données" et la possibilité de pouvoir désinstaller StopCovid de son téléphone. Elle demande ainsi des garanties sur la liberté de disposer de l'application ou non : "Le refus de télécharger l'application ne devra pas non plus réduire vos facultés de déplacement".

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Selon ce sondage paru le 12 avril et réalisé pour la Fondation Jean Jaurès, 53% des Français étaient défavorables à une application de traçage sanitaire. Une étude contredite le lendemain par un second sondage, réalisé par Odoxa en partenariat avec L'Usine Digitale, selon lequel 62% des Français étaient prêts à télécharger et utiliser un outil de type StopCovid. Plus globalement, 7 personnes sur 10 jugent que notre pays ne s'appuie pas assez sur les nouvelles technologies pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. 

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