Dépassé par Instagram auprès des ados américains, Snapchat pourrait-il disparaître ?

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DÉCRYPTAGE - Après une nouvelle version controversée et face à la concurrence s'un Facebook qui le marque à la culotte, Snapchat est à la peine, et désormais moins utilisé qu'Instagram par les adolescents aux Etats-Unis. Au point que certains craignent de voir "Snap" rapidement manquer d'argent frais.

C'est un petit pour cent d'écart, mais qui sonne comme un signal d'alarme. Selon l'étude annuelle du cabinet d'analyste Piper Jaffray sur les habitudes de consommation des adolescents aux Etats-Unis, Instagram serait désormais le plus utilisé de leurs réseaux sociaux, à 85% d'usage quotidien, devançant Snapchat d'un cheveu, à 84%. L'étude, qui part d'une sondage réalisé auprès de 9000 ados américains, a fait décrocher l'action "Snap" à la bourse de New-York de 5%  en une seule journée, une action qui a perdu au total la moitié de sa valeur depuis le début de l'année.


Si le croisement des courbes n'est encore que déclaratif, et s'il faudrait le confirmer par des chiffres de fréquentation réelles, il vient néanmoins confirmer une tendance observée depuis un certain temps déjà : celle d'un Instagram qui gagne du terrain, quitte à copier-coller certaines fonctions-clé de Snapchat, qui lui tente des virages stratégiques pour entretenir sa différence. Sans grand succès jusque-là.

Quand Instagram copie, ça lui réussit

En mai dernier, l'application avait par exemple connu un re-design pensé pour revenir sur le re-design précédent, quand Snap avait voulu faire sortir son appli d'un monde purement adolescent et la rendre plus accessible à de nouveaux utilisateurs, ce qui avait fort déplu à ses utilisateurs. Pire encore : quand Instagram copie Snapchat, il réussit mieux que l'original. Selon les propres chiffres de Facebook, propriétaire d'Instagram, les stories de son application mobile sont  ainsi désormais utilisées par plus de 400 millions d'utilisateurs chaque jour, deux fois plus que le nombre total des utilisateurs de Snapchat.


Surtout, s'ils sont concurrents, les deux réseaux ne sont pas identiques : Snapchat est d'abord un moteur de conversation, quand Instagram est le réseau social sur lequel on affiche souvent sa vie rêvée. Et manque de chance pour "Snap", le second  est le meilleur média pour la publicité, "Insta" faisant aujourd'hui figure de fils prodigue pour toutes sortes de marketing. Au point même que certaines marques -qui visent le plus souvent un public jeune et féminin- n'existent que sur Instagram. Sur l'année écoulée, Snapchat aurait ainsi perdu plus de trois millions d'utilisateurs, face à un Facebook qui, à travers ses propres services, Instagram bien sûr, mais aussi Messenger et Whatsapp, joue le jeu d'une concurrence pied à pied -même Whatsapp, pourtant plus messagerie que réseau social, permet aujourd'hui de publier des stories.

À court de cash dans deux ans ?

Avec des chiffres en baisse, pas de solution en vue et des dépenses qui se creusent, Snap affole un peu les analystes. Si l'entreprise a encore quelques milliards de liquidités, de quoi voir venir, elle pourrait cepenant être forcée d'aller lever de l'argent frais dans l'année qui vient, de préférence avec des perspectives d'avenir plus positives. 


Dans un message à ses troupes la semaine dernière, Evan Spiegel, son patron fondateur, promet que l'entreprise sera rentable en 2019, alors qu'un analyste lui prédit des pertes d'un milliard et demi de dollars. Seule lueur d'espoir dans l'étude de Piper Jaffray sur les adolescents américains : s'ils vont désormais plus volontiers sur Instagram, Snapchat resterait leur réseau social préféré.

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