Des voitures autonomes à l'assaut des rues de Rouen

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TEST – En partenariat avec le groupe Transdev, Renault a mis au point un modèle de véhicule électronique ZOE qui circule de manière autonome et va pouvoir faire partie d’un réseau de transport urbain à Rouen (Seine-Maritime). Jusqu’à trois passagers pourront réserver un trajet dans ce véhicule (presque) dépourvu de chauffeur.

Les habitants de Rouen (Seine-Maritime) vont bientôt voir débouler dans leurs rues des voitures sans chauffeur. En partenariat avec le groupe Transdev, Renault a mis au point un modèle ZOE autonome qu’il sera possible de réserver pour des trajets depuis son smartphone et l’appli Nestor. Une alliance - avec également la région Normandie, la métropole et des partenaires financiers - qui a donné naissance au programme Rouen Normandy Autonomous Lab en charge du projet.


Mais l’objectif pour les deux partenaires est déjà de voir si, en conditions réelles, un tel service peut voir le jour. La ZOE bleu-blanc-rouge est un véhicule autonome qui ne nécessite pas de chauffeur, même si la législation oblige actuellement à avoir une personne apte à reprendre le volant en main si besoin. Il dispose de capteurs et lidar pour pouvoir évoluer en milieu urbain normalement.

Pour la première fois en Europe, une voiture autonome a donc pris la route au milieu de la circulation en étant réservée à distance. Ce "premier service de mobilité partagée et autonome à la demande sur routes ouvertes" ne va cependant desservir qu’une partie de Rouen et sa proche banlieue, entre la station Technopôle du tramway et le Technopôle du Madrillet à Saint-Etienne-du-Rouvray (1,6 km). 


Quatre véhicules électriques pourront être appelés via l’appli. Ils pourront transporter jusqu’à trois passager en plus du "safety driver" nécessaire (mais qui ne touche pas le volant) et la ZOE autonome fera ainsi partie du réseau de transports en commun de Rouen. Par la suite, Transdev envisage d’y ajouter une navette autonome nommée i-Cristal co-développée avec le groupe Lohr.

Après une période de tests débutée au printemps, l'ouverture de l'expérimentation au public doit se faire en septembre prochain, une fois que Renault et Transdev auront obtenu toutes les autorisations nécessaires. Deux circuits supplémentaires verront ensuite le jour dans le même quartier à compter de décembre 2018, et ce, pour un an. Quelque 17 points d’arrêt seront proposés sur les trois lignes qui devraient couvrir 10 km d’une zone "pour laquelle les solutions de transport public classique ne sont pas adaptées", explique Renault.

La vitesse des ZOE autonomes en ville sera la même que celle autorisée pour des véhicules classiques. L’opération, menée en partenariat avec la Métropole Rouen Normandie, la région Normandie, l'assureur Matmut et la Caisse des Dépôts à laquelle appartient Transdev, est dotée d’un budget de 11 millions d’euros. Le lancement officiel du service est espéré pour 2020.

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Découvrez le robot-taxi autonome Navya

Alors que les expérimentations et mises en service sont nombreuses aux Etats-Unis, la France restait toujours réticente à lancer ses véhicules autonomes sur route. Exception faite de services de transport en commun autonome qui circulent déjà à Lyon, aéroport de Roissy ou La Défense par l’intermédiaire notamment du constructeur lyonnais Navya, épaulé également par Transdev. La RATP teste également un bus autonome qui regagne seul son entrepôt. Un mode de transport plus écologique (zéro émission, connecté, électrique) qui a le vent en poupe et pour lequel la législation se peaufine. A l’orée de 2020-2022, la France devrait avoir une législation claire et précise sur les obligations des constructeurs de ce type de véhicules au rang desquels on trouve également Peugeot

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