Connecter sa maison : le nouveau moyen de faire des économies et de se sentir en sécurité

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FUTUR - Economies d’énergie, économies financières, simplification des usages ou coup de pouce au quotidien : la domotique, l’ensemble des technologies au service de la maison, fait entrer l’habitat dans la modernité. Si beaucoup ne voient en elle qu'un côté "gadget", il y a pourtant de vrais avantages à connecter son logement.

Les nouvelles technologies ont depuis longtemps fait leur entrée dans la maison. Tout d'abord réservée à quelques spécialistes ou courageux prêts à câbler les murs pour mettre du son dans tout leur logement, connecter les radiateurs ou la chaudière et piloter le tout depuis un petit boîtier, la domotique – système d’automatisation et de coordination de la technologie dans la maison - s'est démocratisée avec l’implication des ténors du high-tech comme Samsung, Google, Amazon ou Apple. Par l'intermédiaire de leurs smartphones, enceintes connectées ou assistants vocaux, ces derniers ont réussi à simplifier l'usage et le pilotage des objets connectés.

Le logement intelligent est ainsi en train de devenir une réalité et un nouvel argument d'achat, avec la multiplication des constructions neuves déjà équipées. Les promoteurs n'hésitent plus à sortir un atout de leur manche : les économies d'énergie, et donc financières. 

 

Et selon un Observatoire des mutations de l'habitat mené par Promotelec, les Français sont devenus beaucoup plus sensibles à la transformation technologique de leur domicile. Ils sont même 59% à souhaiter que leur maison devienne intelligente. Car pour plus de 3 personnes interrogées sur 4 (77%), cela devrait leur faire gagner du temps. La qualité de vie est l'une de leurs préoccupations : 84% espèrent ainsi gérer leur logement à distance, et 68% mieux organiser leur quotidien.

Les économies de chauffage, argument numéro un

Première thématique qui parle aux sondés : la gestion intelligente du chauffage (33%). Un thermostat - comme les plus connus Nest et Netatmo- se raccorde à la chaudière et va vous permettre de décider des réglages depuis votre smartphone (ajuster la température selon l'heure de la journée, si vous êtes absents ou pas, etc.). On estime que c'est un moyen de faire environ 30% d'économies financières. En plus du thermostat raccordé à la chaudière (de 150 € à 300 € le pack de démarrage), il existe des accessoires complémentaires pour être encore plus efficaces : Tado° (photo ci-dessous) a mis au point des têtes thermostatiques et connectées de radiateurs (80 € l'unité en complément – 130 € en pack démarrage) qui permettent ainsi d'affiner les réglages selon la pièce. L'installation est intuitive et l'utilisation très simple car les produits fonctionnent avec l'appli Maison d'Apple ou des assistants vocaux comme Amazon Alexa ou Google Assistant. Tado° peut aussi contrôler certains systèmes de climatisation.

 Bosh Smart Home y ajoute un capteur de porte/fenêtre qui permet ainsi que les têtes connectées envoient des informations à la chaudière, ou entre elles si jamais une fenêtre est ouverte. Elles mettent ainsi les radiateurs à l'arrêt pour éviter les consommations inutiles (pack avec 1 contrôleur, 2 thermostats de radiateur, 1 capteur : 360 €).

 

Les boxs domotiques ou vos appareils, par le biais de votre smartphone, peuvent vous géolocaliser pour, dès que vous approchez de votre domicile, relancer le chauffage et rendre votre maison agréable. Si vous êtes à l'électrique, il existe des radiateurs directement connectés chez Campa ou Noirot (photo) et même, si vous en possédez déjà un de longue date, des modules à ajouter qui rendent les plus anciens connectés. Un détecteur de fumée ou de polluants connectés peut aussi "parler" avec le chauffage afin d'éviter de surchauffer et de charger l'air inutilement. Ou bien, si certains ouvrants sont motorisés (Velux, stores, fenêtres, etc.), communiquer avec eux pour s'ouvrir ou se fermer le cas échéant, si la météo va s'annoncer clémente ou non. Le capteur situé sur le toit aura pu prévenir votre chaudière ou même l'arrosage automatique du jardin qui n'a pas lieu de se déclencher s'il a plu ou va pleuvoir tandis que, les températures se refroidissant, le chauffage passe sur 22°C.

Fini la lumière allumée inutilement

Autre possibilité offerte par la domotique : l'éclairage intelligent. C'est le plus simple à mettre en place. Une prise intelligente (smartplug dès 10-15 €) sur laquelle vous branchez votre lampe et le tour est joué. Une ampoule connectée signée Philips Hue (80 € le pack de démarrage avec deux ampoules) dans votre lustre et vous pouvez, de la voix ou depuis l'appli, allumer ou éteindre une pièce, un étage, un secteur de la maison. Et elles sont compatibles avec quasiment tous les systèmes domotiques. Les "scénarii" (succession d'actions qui sont programmables depuis les différents systèmes de contrôle de la maison comme Apple HomeKit, Google, Alexa) peuvent ainsi vous permettre d'arriver chez vous et de dire simplement "Je suis rentré" pour que tout s'allume automatiquement. A moins que votre maison intelligente n’ait détecté une présence grâce à un capteur positionné sur un ouvrant et ait lancé l'opération sans attendre. 


Régler les lumières permet aussi de ne plus partir trop vite le matin en oubliant une lampe allumée, de faire croire à une présence en demandant par exemple à ce que l'halogène du salon s'allume à la tombée de la nuit, ou bien tout simplement de passer en mode ambiance tamisée pour regarder un film dans votre salon.

La technologie pour se sentir plus en sécurité

La sécurité est aussi devenue l'une des raisons du nouvel intérêt pour les objets connectés de la maison. D'abord grâce au visiophone, de l'immeuble ou de la maison, qui renvoie l'image de votre visiteur sur votre smartphone ou votre tablette. Vous pouvez ainsi échanger avec lui comme si vous étiez dans les lieux, lui ouvrir ou être alerté par notification s'il y a du mouvement devant chez vous (Ring Doorbell – 180 €; Nest Hello qui dispose d’une vision nocturne pointue – 279 €). La serrure connectée est aussi dans l'air du temps. Elle peut se déverrouiller via un code ou votre empreinte digitale (ENTR de Vachette – 399), par un bipeur ou votre smartphone approché, tandis que la serrure a conservé un double de votre clé (Nuki Smart Lock - 229 €). Cela permet aussi de donner des accès temporaires (au jour, régulier, durant un temps défini...) sans donner un double de ses clés.

Les systèmes de vidéosurveillance ont l’avantage d’être accessibles de loin, que ce soit avec des caméras à l’intérieur (Welcome de Netatmo – 199 €) pour détecter les entrants dans la maison et vous prévenir en cas de détection anormale, ou devant chez soi (Somfy Protect - 250 à 300 €;  Arlo Pro 2 sans fil x2 – 600 €). En complément, Netgear a mis au point un éclairage de sécurité sans fil baptisé Arlo Security Light. Il s'allume dès qu'il détecte une présence, sait différencier un homme d'un animal, et fonctionne de pair avec les caméras de sécurité de la gamme pour enregistrer la scène (à partir de 160 €).

 

Les ouvrants ne sont pas oubliés. Vous êtes à des centaines de kilomètres et vous ne voulez pas qu'on pense votre maison vide ? Vous n'avez qu'à lancer la fermeture ou l'ouverture de vos volets connectés.

Tout peut se connecter !

Dans la maison, pratiquement tout peut être connecté, que ce soit nativement comme de l'électroménager dont les appareils (réfrigérateur, lave-linge, four, etc.) vont communiquer avec vous par le biais de notification pour vous informer d'un problème (fuite, porte mal fermée...) ou vous dire que son action est terminée (cycle de lavage, plat cuit), ou bien en ajoutant des capteurs. Ceux-ci peuvent connecter n'importe quel appareil en s'intéressant à différents paramètres (mouvement, température, lumière, humidité, eau).


Perçue comme une évolution visant à simplifier la vie, la domotique a aussi ses détracteurs. Et parmi leurs premiers griefs, on trouve le coût d'installation souvent élevé (pour 83% des sondés), l'inquiétude pour sa vie privée (72% pensent qu'ils seraient espionnés) ou sa santé (64% ont peur des ondes) quand c’est perçu comme juste inutile et destiné à des geeks (62%). 


Les entrepreneurs ne le voient aujourd'hui pas de cet oeil-là et les chiffres de vente leur donnent raison. A Issy-les-Moulineaux, le premier immeuble d'habitations connectées a vu le jour en 2017. Certes, les appartements sont vendus un peu plus cher (de l'ordre de 15%) car ils possèdent de nombreux atouts pour faire ensuite des économies sur ses factures énergétiques (gestion de la lumière, du chauffage et de la sécurité notamment depuis une box installée ou via Apple Home). Mais ils ont tous trouvé preneurs.

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