Données personnelles : ce que votre compteur Linky sait de vous

Données personnelles : ce que votre compteur Linky sait de vous
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VIE PRIVÉE - Trois ans bientôt après le début de son déploiement, le compteur dit "intelligent" Linky suscite toujours autant d'inquiétudes, la Cnil ayant épinglé cette semaine la manière dont sont gérées les données de ses utilisateurs. Quels types d'informations personnelles l'appareil d'Enedis peut-il collecter ? Peut-on l'en empêcher ? Et si oui, comment ? LCI répond à vos questions.

Il est censé faciliter la vie des Français. Pourtant, trois ans bientôt après le début de son déploiement, le boîtier "intelligent" Linky continue d’être source de crispations. En cause, en particulier, son caractère intrusif que pointent du doigt ses opposants. A les entendre, le petit boîtier jaune serait un espion. De fait, le principe du compteur communiquant, par rapport aux compteurs mécaniques classiques, réside dans la possibilité de relever à distance les données de consommation d'énergie d’un foyer, pour gérer l’abonnement et la facturation.

En nombre dernier, dans une enquête intitulée "Big Brother débarque chez vous", l’association UFC-Que Choisir soulignait le fait que ces informations pouvaient être détournées pour épier les faits et gestes des consommateurs. Les compteurs Linky constituent-ils une atteinte à la vie privée ? Quels types d’informations peuvent-ils communiquer ?  LCI fait le point, alors que la Commission nationale informatiques et libertés (Cnil) a épinglé cette semaine Engie et EDF en raison du non-respect de certaines exigences relatives au recueil du consentement à la collecte des données, ainsi qu'à la durée de conservation de celles-ci.

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Les données sont-elles anonymes et sécurisées ?

Le processus de transmission des données a été validé par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), qui est chargé de protéger les réseaux de l’Etat et de superviser la sécurité informatique des entreprises stratégiques. Aucune information personnelle (nom, adresse, e-mail ou numéro de téléphone) n’est transmise. La seule information qui permet une identification est le numéro du compteur. Pour en savoir plus, il faudrait le croiser avec le fichier des consommateurs où apparaissent le nom et l'adresse de ces derniers. Mais seul Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, possède ce fichier.

Par ailleurs, les données de consommation des utilisateurs sont envoyées de manière chiffrée aux fournisseurs d’énergie, une fois par jour ou à la demi-heure, et ce uniquement si le consommateur y consent de manière explicite. Ou bien, ponctuellement, lorsque ces informations sont nécessaires à l’accomplissement des missions de service public (par exemple, pour l’entretien et la maintenance du réseau). Elles peuvent aussi être utilisées en open data pour mieux contrôler la consommation, toujours avec l’accord de l’utilisateur.

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Heures de réveil et de coucher, périodes d'absence, etc.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) incriminait en 2016 ce compteur "très bavard" en expliquant que le transfert des données détaillées sur la consommation d’énergie permettrait notamment "de connaître les heures de lever et de coucher, les heures ou périodes d’absence ou encore, sous certaines conditions, le volume d’eau consommé et (donc) le nombre de personnes présentes dans le logement. Mais encore une fois, ces informations ne sont accessibles qu'à condition que le client consente à leur transmission, en ouvrant un espace personnel sécurisé sur le site d’Enedis.

En revanche, si l’utilisateur donne son accord, Enedis ou les fournisseurs d’énergie peuvent bien connaître indirectement les habitudes de lever, de coucher du foyer ou les pics d’utilisation d’électricité, à une demi-heure près. Quant à savoir précisément quelle personne entre ou sort du domicile, ou quel type d’appareil est utilisé (four, frigo, téléviseur, etc.), cela reste techniquement impossible, assure le gendarme français des libertés numériques. 

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Peut-on changer ses paramètres de confidentialité ?

L’usager peut choisir d’enregistrer ses données uniquement en local, autrement dit dans le compteur lui-même, pour connaître l’historique de sa consommation sans en autoriser la transmission au réseau ou à des tiers. Il peut également refuser tout stockage de ses données, ou effacer son historique, par exemple avant un déménagement. A tout moment, via leur espace client sur le site du distributeur, les usagers ont la possibilité de revenir en arrière et de changer leurs paramètres de confidentialité. Si le cadre théorique est très protecteur, la réalité est moins évidente. En effet, les fournisseurs d’électricité peuvent inciter fortement les clients à transmettre leurs données, en leur proposant des réductions ou des contrats financièrement intéressants, comme le le mettait en évidence l'enquête de l'association UFC-Que Choisir

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