Qu'est-ce que "Parler", le nouveau réseau social préféré de la droite américaine ?

Parler, le réseau social refuge de la droite américaine, et des soutiens de Donald Trump

DANS SA BULLE - En quelques mois, le réseau social qui héberge la droite de la droite américaine a vu sa fréquentation grimper en flèche. Ici, le président Trump est encore considéré comme le gagnant de l'élection, par une communauté de supporters qui a ses stars. Comme une bulle d'information parallèle, que l'on a testée pour vous.

Le service se décrit comme "la place du village mondial", un réseau social dédié à la liberté d'expression, une alternative surtout à Twitter. Si nombre de réseaux sociaux alternatifs ont existé ou existent encore, avec des succès très variables, celui-ci a démarré en flèche, l'application iPhone est ainsi en tête de sa catégorie sur l'App Store d'Apple.

L'explication en est simple : si rien ne permet de le deviner sur la page d'accueil de Parler, le réseau est presque entièrement dédié à la droite américaine, plutôt même à la frange droitière du parti républicain, à cette partie de l'opinion qui s'estime maltraitée, censurée par les médias et les grands réseaux sociaux généralistes. Et personne sur Parler ne viendra les contredire.

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L'inscription ressemble en tous points à celle d'un réseau 100% normal. Choisissez un identifiant, ajoutez une photo, et le réseau vous mettra le pied à l'étrier en vous proposant de suivre certaines des personnalités les plus en vues, les plus suivies aussi. Et c'est là que l'évidence se fait jour : les stars de Parler ne sont pas celle de Twitter ou d'Instagram, ici pas de stars de la pop, d'influenceuses beauté, ou de sportifs célèbres. Sur le premier écran de ces propositions, on trouve deux présentateurs de Fox News, trois élus républicains, et des éditorialistes conservateurs. Le panel offert représente davantage l'aile droite du parti. 

Le service permet de découvrir des personnalités aux franges de l'alt-right américaine, et d'aller plus loin que le premier cercle des élus, analystes, anciens membres de l'exécutif, et présentateurs de Fox News. Ainsi, on a pu faire connaissance avec Laura Loomer, que Wikipedia décrit comme "activiste d'extrême-droite, anti-musulman, et conspirationniste". Elle se décrit simplement, mais en majuscules, comme "LA FEMME LA PLUS BLOQUÉE AU MONDE".

Sans surprise, les contenus sur Parler ces jours derniers sont tous à la gloire d'un président dont tout montre qu'il est le seul gagnant légitime du scrutin présidentiel... puisque rien de ce qui est publié ici ne viendra le contredire. Ce n'est pas sur Parler que vous lirez l'enquête du New-York Times qui, État par État, sur les fraudes qu'affirme l'équipe de campagne de Donald Trump, et que le quotidien n'a pas trouvées. En revanche, l'essentiel des théories conspirationnistes qui sont à la marge des réseaux sociaux traditionnels ont ici une place de choix. La politique de Parler, c'est de laisser à l'utilisateur le pouvoir sur les personnes et les sujets qu'il souhaite filtrer, et bannir de son fil d'actualité et de ses notifications. Comme l'explique son fondateur John Matze, Parler n'efface que les publications condamnées par la justice. "Pour le reste, nous évitons de décider pour les autres ce qui est vrai ou faux dans ce que les gens publient sur Parler. Nous ne sommes pas des fact-checkers. Nous ne vous dirons pas quoi penser."

À l'heure où les supporters de Donald Trump ont même classé Fox News dans la catégorie des médias "ennemis" pour avoir en premier attribué la victoire en Arizona à Joe Biden, le cercle des sources d'informations restées fidèles au président se resserre de semaine en semaine. De quoi faire de Parler un endroit à la fois inflammatoire et confortable, où rien - et surtout pas les faits - ne viendra contredire la foi de fans persuadés que l'élection a été volée à leur leader. 

Une chambre d'écho où ce qui se passe au dehors fait un peu peur. Évidemment, le danger, c'est de rester ici dans une bulle informationnelle, aussi confortable soit-elle, sans se confronter à la réalité du dehors. Espoir partagé par les fans de Parler : y voir arriver, le plus rapidement possible, le seul abonné qui manque encore au service, le futur-ex président, Donald Trump.

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