En France, Netflix pèsera cette année plus lourd que le DVD

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CHIFFRES - Longtemps dormant, le marché de la vidéo en France est en pleine explosion. Nous n'avons jamais regardé autant de films et séries, mais nous les regardons désormais autrement, avec Netflix comme grand gagnant. Peut-il le rester longtemps ?

Sept milliards d’euros. Selon une étude du cabinet anglais Futuresource Consulting, c’est que que la France dépensera cette année sur le marché de la vidéo. Une estimation au sens très large, qui englobe tout le divertissement payant, du box-office du cinéma aux ventes de DVD/Blu-Ray, mais aussi toute la vidéo à la demande et par abonnement, des chaînes payantes jusqu’à Netflix.

Comparé à nos voisins européens, le marché français a longtemps stagné. Mais ce n’est plus le cas. Selon l’étude, cette année 2019 serait la première à marquer une nette croissance, justement poussée par la croissance de Netflix. La plate-forme américaine comptait déjà cinq millions d’abonnés dans l'Hexagone fin 2018 -une tendance qui devrait se confirmer, voire s’amplifier, d’ici la fin de cette année.

La SVOD déjà plus forte que DVD et Blu-Ray, mais derrière le cinéma et la télé payante

Dire que Netflix est aujourd’hui l’éléphant du secteur serait d'ailleurs encore un peu en deçà de la réalité. Fin 2018, le service représentait en France la moitié du chiffre d’affaires global de la SVOD, la vidéo à la demande par abonnement (qui rassemble aussi des services comme Amazon Prime Video, SFR Play, Canal+ Series, FilmoTV et d’autres). Cette année, il pourrait passer de la moitié aux deux-tiers des revenus de son secteur, que l’étude estime à 827 millions d’euros.

Si la courbe de croissance de Netflix maintient sa trajectoire, elle aura d’ici la fin 2019 croisé celle des ventes de vidéo sur support physique, les DVD et Blu-Ray, qui sont, eux, à la peine. De quoi signer l’évolution des habitudes de consommation des français, c'est-à-dire la dématérialisation des supports du divertissement et le passage à l’abonnement, exactement comme pour le marché de la musique quelques années auparavant. Différence marquante, pourtant : même additionnés, la SVOD et les supports physiques ne représentent que 15% du marché de la vidéo, encore mené par le cinéma en salles (19%) et surtout par la télévision payante (64%)

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Reste que si Netflix a réveillé le secteur, il a aussi aiguisé les appétits de ses concurrents, que l’on parle d’Amazon avec Prime Video ou des concurrents à venir comme Apple TV+, l’Américain HBO, ou encore Disney+, le service annoncé pour novembre prochain, avec un catalogue forcément attrayant fait de beaucoup d’exclusivités, le tout avec un tarif agressif. 

Pour autant, Netflix jouira longtemps de son statut de pionnier, surtout sur un marché français où la majorité des consommateurs ne seraient pas encore prêts à payer plusieurs services de SVOD chaque mois. Sans compter sur d'autres concurrences, comme le jeu vidéo, qui puise dans le même budget de divertissement des ménages.

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