Enfin lancée, l'application StopCovid séduira-t-elle assez pour être efficace ?

Enfin lancée, l'application StopCovid séduira-t-elle assez pour être efficace ?
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DÉPLOIEMENT - Après un léger retard par rapport à l'heure prévue, l'application mobile de traçage des contacts StopCovid, qui doit permettre de lutter contre le Covid-19 en France, est disponible au téléchargement depuis ce mardi après-midi. Reste à savoir si assez de possesseurs de smartphones l'utiliseront pour la rendre vraiment efficace.

Après plusieurs semaines de débats et de polémiques, une étape cruciale a débuté ce mardi après-midi pour StopCovid, celle de son adoption ou non par le grand public. L’application française de traçage numérique est en effet disponible au téléchargement dans le magasin d'applications Google Play et sur l'App Store d'Apple. Les propriétaires de modèles de dernière génération de la marque chinoise Huawei sont quant à eux exclus d'office de ce dispositif, puisqu'ils n'ont plus accès aux services de Google.

Le lancement était initialement attendu vers midi. Il n'a eu lieu qu'un peu plus tard dans l'après-midi. Ce retard, pour une application déjà très controversée de par son principe, a donné lieu à beaucoup de commentaires sarcastiques sur le réseau social Twitter. Il a aussi conduit une application du gouvernement de Catalogne, Stop Covid 19 CAT, à se retrouver en tête des téléchargements en France sur le magasin d'applications d'Apple, en raison probablement du fait que des internautes l'ont confondue avec sa version française, qui n'est arrivée dans l'App Store que vers 19 heures. Pour télécharger la version Android, c'est ici.

Pour rappel, sur la base du volontariat et de manière totalement anonyme, ce dispositif de traçage des contacts a pour objectif de permettre à ses utilisateurs d'être prévenus s'ils ont croisé récemment, à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur testé positif au coronavirus (Covid-19). Pour repérer vos déplacements, l'application s’appuie sur la technologie sans fil Bluetooth des téléphones mobiles, en les transformant en émetteur-récepteur de signaux. De ce fait, elle n'utilise pas la géolocalisation de votre engin.

Lors de son audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O était resté relativement prudent quant à l’efficacité du suivi de contact par Bluetooth. Les tests "montrent, grosso modo, que nous captons entre 75 et 80 % des gens à proximité, soit à moins d’un mètre", avait-il déclaré. Un niveau de précision que les experts estiment néanmoins suffisant.

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L'appli s'adresse en priorité aux citadins

Les chercheurs ont montré qu'une personne commence à être contagieuse avant même d'avoir des symptômes. Pendant ce temps-là, elle peut aller dans le métro ou faire ses courses et contaminer des gens, sans même s'en apercevoir. Comme l’a rappelé Cédric O, StopCovid s’adresse donc en priorité aux personnes qui vivent dans les villes et qui se rencontrent dans des lieux clos et faiblement aérés, comme les transports, les salles d'attente ou les magasins. Dans ces situations, il faut pouvoir réagir vite car on sait que le risque de transmission le jour précédent ou le jour de l'arrivée des premiers symptômes est particulièrement élevé, fait valoir le gouvernement. D'où l'intérêt de ce dispositif.

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Dans une étude parue début mai dans la revue Science, une équipe de chercheurs, qui a voulu savoir dans quelles conditions un suivi de contacts et l'isolement des cas suspects pouvaient arrêter une épidémie, assurait que "l'application réduit le nombre de cas et de morts à tous les niveaux d'adoption", en aidant à stopper des chaînes de transmission rapidement. Pour que son fonctionnement soit optimal, ces chercheurs estiment toutefois qu’il faudrait qu’au moins 60 % de la population la télécharge. Un défi qui ne semble pas insurmontable. Selon un sondage de l'université d'Oxford relayé en avril dernier par le quotidien Le Monde, huit Français sur dix se disaient alors enclins à l’utilisation d’une application enregistrant leurs interactions sociales et les avertissant s’ils ont été en contact avec une personne malade du Covid-19. Et ce malgré la polémique sur le traçage des utilisateurs.

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