Entrée en bourse difficile pour le créateur de Candy Crush

Entrée en bourse difficile pour le créateur de Candy Crush

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BUSINESS – L'introduction en bourse devait être une fête, mais elle a finalement un goût amer pour l'éditeur King. Avec une chute du titre de 9 % dès l'ouverture, la société n'a pas réussi à tenir son objectif. A terme, les investisseurs redoutent un syndrome Zynga, du nom du créateur de Farmville, qui ne s'est toujours pas remis de son entrée à Wall Street.

Le bonbon a eu du mal à passer chez les investisseurs. L'éditeur de Candy Crush, King Digital Entertainment, a connu des débuts difficiles ce mercredi 26 mars à Wall Street. La société britannique a ainsi appris l'ampleur du défi qu'elle doit relever pour espérer séduire les investisseurs dans le futur : la création d'un nouveau hit.

Dès ses premières heures de cotation à Wall Street, sur le New York Stock Exchange, l'action "KING" a chuté d'emblée de plus de 9 %. Ce niveau valorise l'ensemble de la société à près de 6,41 milliards de dollars, loin de la valorisation de 6,6 à 7,6 milliards envisagées il y a deux semaines par King .

Peur pour l'avenir de l'entreprise

Vers 16 heures GMT, elle dégringolait encore de 9,51 % à 20,36 dollars, soit nettement en deçà de son prix d'introduction de 22,50 dollars, mais aussi tout en bas de la fourchette initialement annoncée de 21 à 24 dollars. Les investisseurs, attirés par le jeu phare de l'éditeur Candy Crush, lui ont tout de même permis de lever 500 millions de dollars. En tout, 22,2 millions d'actions ont été introduites.

Mais loin du succès foudroyant remporté ces deux dernières années par son titre aux 97 millions d'utilisateurs, les premiers pas de l'éditeur à Wall Street révèlent une réticence réelle des investisseurs à rentrer dans le jeu "C'est l'exemple typique d'une introduction qui n'est pas un pari sur l'avenir mais prend en compte le passé, qui est, il est vrai, fantastique", souligne Gregori Volokhine, gérant du fonds Meeschaert America, à l'AFP.

"Un modèle basé sur une mode"

Le boom des jeux mobiles a permis à King, créé en 2002, de voir sa croissance exploser. Son chiffre d'affaires a ainsi bondi à 1,88 milliard de dollars en 2013 contre 164 millions en 2012. "Mais jusqu'à quand peut-on surfer sur le succès d'un seul jeu ? Le succès ne peut pas continuer indéfiniment. C'est un modèle d'affaires basé sur une mode", explique à l'AFP Trip Chowdhry de Global Equities Research.

A moins qu'il ne parvienne à se renouveler en démontrant par de nouveaux titres sa capacité à plaire à un public en permanence habité par une soif de nouveauté, la plupart des analystes craignent un scénario du pire. "La société va devenir le nouveau Zynga si elle n'arrive pas à créer quelque chose de différent", ajoute M. Chowdhry.

Le syndrôme Zynga ?

Zynga avait été gourmand lors de son introduction en Bourse en 2011 : il avait levé 1 milliard de dollars et s'était évalué à 7 fois plus. L'éditeur comptait à l'époque seulement 54 millions de joueurs et il était comme lui très dépendant d'un titre, FarmVille. Celui-ci ne représentait toutefois que 27 % de ses revenus, quand Candy Crush pèse pour 78 % dans ceux de King.

Passé l'enthousiasme des débuts, les bénéfices et le cours de l'action Zynga ont chuté. La société a fermé des studios de création, licencié des centaines de salariés et toujours pas retrouvé son élan perdu. Un risque que King devra gérer avec habileté.

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