VIDÉO - Et si les J.O. de Tokyo avaient pour juge... un robot ?

High-tech
SALON CEATEC - Si caméras et capteurs permettent une représentation fidèles des mouvements du corps en 3D, et si gymnastes ou plongeurs sont jugés sur des figures techniques, pourquoi s'en remettre à des juges humains -et faillibles- pour décerner des médailles quand l'intelligence artificielle ferait bien mieux ? A Tokyo, qui accueillera les J.O en 2020, le mouvement a déjà commencé.

La machine qui lit les mouvements du corps, sur le papier, ce n'est pas nouveau. Tous les joueurs sur XBox qui ont eu une caméra Kinect peuvent en attester, ça marche. Mais ce que le Japonais Fujitsu a présenté cette semaine au salon CEATEC de Tokyo met la barre (fixe) bien plus haut. 


D'abord techniquement, avec l'alliance d'une caméra et d'un Lidar. Ce radar au laser à très haute définition est capable de se concentrer à distance sur une ou plusieurs personnes et d'en détailler chaque mouvement avec une infinie précision, membre par membre. Et dans un pays tout entier tourné vers les J.O. de 2020, l'application du système est toute trouvée : ce sera le sport, la gymnastique en premier, pour créer une application capable d'aider les sportifs à s'entraîner... et les juges à les noter.

Pour convaincre les instances sportives que sa technologie pouvait leur permettre de donner la note juste, basée sur des éléments objectifs, Fujitsu a déployé les grands moyens. La société a ainsi envoyé ses ingénieurs pendants deux ans dans des gymnases partout au Japon. Son but : observer des gymnastes, analyser et enregistrer leurs performances, et intégrer à son système les barèmes de notation officiels des juges. Et ça marche, la Fédération Internationale de Gymnastique a ainsi accepté que l'intelligence artificielle de Fujitsu devienne un peu comme un juge assistant pendant les épreuves des J.O. de Tokyo dans deux ans. 


Un juge impartial et incorruptible, mais qui n'aurait pas que des qualités, l'idée fait débat aujourd'hui. Du côté des détracteurs, on a du mal à imaginer qu'une machine puisse évaluer les performances d'athlètes qui évoluent constamment ou sache noter à sa juste valeur la grâce qui accompagne une figure technique. Les mauvaises langues diront aussi qu'il va devenir plus facile de pirater les données de la machine pour modifier sa note, plutôt que de se risquer au dopage.

Du golf au jeu vidéo, et de la télé aux sports d'équipe

Mais l'attrait de la solution est la plus forte, et pas seulement pour les gymnastes et les juges. Fujitsu promet aussi que son invention permettra aux téléspectateurs de profiter d'une analyse immédiate des meilleures performances, comme un ralenti 3D où l'on pourrait décomposer le mouvement pour comprendre ce qui explique une médaille d'or. Une fois passés les J.O., le système sera étendu à d'autres sports, du plongeon à l'équitation, Fujitsu ayant déjà des expérimentations en cours au basket et dans d'autres sports d'équipe. 


On pourrait aussi voir apparaître la caméra du japonais dans des clubs de golf pour permettre aux joueurs du dimanche d'améliorer leur swing. Enfin, le divertissement pourrait également adopter la solution. Cette fois pour créer simplement les animations d'un personnage en 3D en reproduisant les gestes d'un acteur ou d'un sportif, sans en passer par les systèmes lourds et coûteux qui servent aujourd'hui à la capture de mouvements.

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