Euthanasa, ou comment s’envoyer une toute toute dernière fois en l’air

Euthanasa, ou comment s’envoyer une toute toute dernière fois en l’air

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ESPACE - Le projet ne sera lancé que fin 2017 mais la Nasa ouvre d’ores et déjà les listes d’inscription. Sous le nom de code Euthanasa, elle propose aux personnes en fin de vie, souhaitant en finir au plus vite, de participer à des expéditions spatiales sans retour.

** Attention, ceci était un poisson d'avril ! **

"Faire d’une pierre deux coups". Voici comment Eugenia Smith, responsable du nouveau programme pour la Nasa, l’agence spatiale américaine , a résumé samedi 29 mars le projet Euthanasa, présenté pour la première fois au public. Il s’agit de permettre à des personnes en fin de vie d’accélérer le processus de la plus belle des manières : en prenant un ticket sans retour pour l’infini et… l’au-delà. Euthanasa, mot-valise combinant euthanasie et Nasa, propose en effet des voyages sans retour dans l’espace. Avantage pour l’agence spatiale : en profiter pour valider certaines théories scientifiques sans mettre en danger des astronautes jeunes et en bonne santé.

Visite de la station spatiale internationale ISS, expédition vers Mars, Mercure ou Jupiter, destination Soleil (littéralement) ou encore exploration d’une comète… autant de périples spatiaux que proposera la Nasa à compter dans un peu plus de 3 ans. "Le premier voyage de ce type a en effet été fixé au 23 novembre 2017 et aura pour destination les abords de la Lune, a révélé Eugenia Smith. Douze personnes embarqueront à bord de Challenger XXI, une nouvelle fusée capable d’embarquer des passagers et de revenir sur Terre sans personne à bord, en pilotage automatique. C’est une première mondiale. Et même intersidérale à ma connaissance !", a-t-elle ironisé. Le prix de ce billet unique sera de 324 000 euros (450 000 dollars) par personne pour deux jours de vol. Les tarifs des autres programmes n’ont pas encore été dévoilés.

Partir dans les meilleures conditions possibles

Car loin de verser dans le glauque, cette formule vise à organiser une fin de vie quasiment idéale pour les passionnés d’espace. La Nasa a annoncé qu’elle ne sélectionnerait que des personnes n’ayant pas besoin de soins lourds au quotidien. Evidemment, il sera permis d’emporter tous les médicaments nécessaires pour atténuer les éventuelles douleurs liées à la maladie mais il faut que l’astronaute d’un jour soit capable de prendre soin de lui seul et sans la nécessité d’user d’appareillages imposants qu’il serait impossible de faire tenir dans la promiscuité d’une fusée. Pour plus de simplicité, aucun entraînement particulier n’est requis en amont.

Pour les derniers instants, la Nasa a pensé à tout : musique d’ambiance, compte à rebours non anxiogène, dernière connexion vidéo avec la Terre pour adresser un dernier message à ses proches, etc. Ensuite, chaque personne à son tour intègrera le sas de la fusée et aura 5 minutes pour se recueillir avant que la porte extérieure ne s’ouvre et que la personne ne se retrouve dans l’espace, sans combinaison ni possibilité de réintégrer l’appareil. Un cocktail de médicaments assurera une mort douce au futur défunt, sans suffocation ni douleur. La personne doit s’endormir en douceur en flottant dans l’espace, admirant la Terre, la Lune ou les éventuelles autres planètes environnantes.

Un vrai programme scientifique

Derrière ce système d’euthanasie hors du commun, la Nasa y voit un véritable intérêt pour faire avancer la conquête de l’espace. Ces cobayes d’un nouveau genre, tous volontaires pour la mort, vont permettre de vérifier de nombreuses théories sans risque. Les passagers devront passer des tests, remplir un long formulaire et signer un document où ils s’engageront à ne pas changer d’avis en cours de voyage. Par ailleurs, ils s’engageront à ce que ni eux, ni leur famille ne poursuivent la Nasa pour quelle que raison que ce soit.

Parmi les test scientifiques prévus, la Nasa indique par exemple que, lors du premier vol, un nouveau mélange gazeux à l’intérieur de la fusée sera testé sur les passagers et pourrait ensuite être utilisé dans la station spatiale internationale . De même, les douze candidats à la mort spatiale seront équipés d’une batterie de capteurs sur le corps (et même à l’intérieur, à l’aide de puces placées sous la peau) afin d’analyser les derniers instants de chacun lors de ce qui sera lors première et dernière sortie dans l’espace.

Intéressé(e) ? Pour vous inscrire ou découvrir le programme de la Nasa en détail, cliquez ici

** Attention, ceci était un poisson d'avril ! **

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