Facebook accusé de bloquer les articles "de droite"

Facebook accusé de bloquer les articles "de droite"

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RESEAU SOCIAL - Soupçonné de "censurer" les contenus jugés trop conservateurs (entendez "de droite"), le réseau social de Mark Zuckerberg se défend de tout favoritisme dans la sélection des contenus les plus populaires sur Facebook. Explications.

Tout est parti d’un article publié la semaine dernière sur le site d’information américain Gizmodo : on apprend à sa lecture que le réseau social de Mark Zuckerberg manipulerait l’opinion publique américaine en pénalisant de manière volontaire les contenus jugés "conservateurs" au sein de ses "trending topics", la rubrique qui rassemble les sujets le plus en vogues sur le réseau social.

 Au fait, c'est quoi un "trending topic"
En se rendant dans cette rubrique, disponible depuis janvier 2014 aux Etats-Unis et dans certains pays anglosaxons, les utilisateurs américains peuvent voir en temps réel les sujets les plus populaires sur Facebook. Pour établir cette sélection d’article, le réseau social utilise un algorithme qui s’appuie sur des critères a priori objectifs : son temps de lecture, le nombre de vues, de partages ou de commentaires.

Une fois sélectionnés par ce logiciel, une équipe d'"évaluateurs" est chargée de donner un nouveau titre aux articles et d'y ajouter un petit texte de présentation afin de donner envie aux utilisateurs de le lire. D’après les témoignages d’anciens employés, recueillis par le site américain Gizmodo, les contenus jugés trop conservateurs seraient censurés , tandis que d’autres, plus favorables au camp des Démocrates (comprenez "de gauche"), seraient davantage exposés.

► Que reproche-t-on exactement à Facebook ?
Au lieu de mettre en avant les sujets les plus populaires, explique le site Gizmodo, ces "évaluateurs" auraient reçu pour consigne de sélectionner ces fameux articles considérés comme les plus populaires parmi une "liste de médias préférés", dont font partie le "New York Times", le "Time" ou bien encore"Variety". 

Le 9 mai dernier, le comité national des Républicains a rappelé  dans un communiqué  que ces suggestions sont lues par plus de 167 millions d'utilisateurs américains et qu’ils constituent donc un levier d'influence considérable. En effet, comme l’explique l’une des sources du site Gizmodo, le fait d’être parmi ces suggestions peut "rapporter des milliers de clics supplémentaires à une histoire".

► Le démenti et les explications de Facebook
Forcément, l'enquête n'a pas plus à Facebook, qui a fortement démenti ces accusations : "Nous n'insérons pas artificiellement des sujets dans la liste des contenus populaires, et n'incitons pas nos évaluateurs de le faire", a assuré Tom Stocky, vice-président Search chez Facebook et responsable de la rubrique des "contenus populaires", dans une note  postée sur le réseau social. 

Dans un tweet, le journaliste d'investigation Glenn Greenwald estime que cette révélation montre le pouvoir médiatique des géants de la Silicon Valley et met en exergue le danger que cela représente pour la démocratie. Malgré tout, il semble toutefois exagéré de parler de manipulation de l'opinion publique. Affaire à suivre !

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