Facebook : dix ans, l'âge de raison

Facebook : dix ans, l'âge de raison

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ANNIVERSAIRE – En dix ans le réseau social est devenu l'outil central de nos vies numériques. Une tendance qui n'est pas prête à s'arrêter, mais qui a transformé la nature même du site.

De la banlieue de Boston au reste du monde. En dix ans Facebook, créé par Mark Zuckerberg lors de ses études à l'université de Harvard, est devenu le réseau social de référence en regroupant 1,23 milliard d'utilisateurs actifs par mois.

Chaque jour plus de 750 millions de personnes s'y connectent. En 2013, la société est devenue une vraie machine à cash en engrangeant 1,5 milliard de dollars de bénéfices, grâce à la publicité .

26 millions d'utilisateurs actifs en France

D'abord réservé aux élèves de l'université de Harvard, le site s'est peu à peu ouvert à tous avant d'être disponible en France en 2007. "Nous avons aujourd'hui 26 millions d'utilisateurs actifs par mois, dont 18 quotidiennement", détaille à metronews Laurent Solly, directeur général de Facebook France.

Pourtant, la greffe dans l'Hexagone n'était pas gagnée d'avance. "Notre pays est organisé de manière patriarcale et égalitaire, le principe de communauté y a été occulté car le communautarisme représente une menace pour la démocratie telle qu'on la conçoit", analyse Stéphane Hugon, sociologue et fondateur de l'institut Eranos .

La vie privée toujours en question

Pour le sociologue, cette notion de communauté est centrale pour expliquer le succès du site :"Depuis deux siècles, la société s'est construite sur trois principes qui permettaient de marquer sa différence : autonomie, émancipation et indépendance. Aujourd'hui on recherche d'avantage des expériences de lien, de partage, de participation."

L'activité du site pose d'ailleurs toujours des questions sur la vie privée. "La protection des données est une priorité pour l'entreprise, rassure Laurent Solly. Les utilisateurs peuvent choisir l'audience de leurs publications et nous publions tous les ans en toute transparence un rapport sur les demandes d'informations que nous adressent les gouvernements". Un constat que contraste Stéphane Hugon : "Que deviendraient ces données si elles s'échappaient du réseau ? Imaginez par exemple si un listing de personnes homosexuelles se répandait en Russie".

Même s'il n'est plus aussi tendance qu'à ses débuts, le site continue à être un passage obligé : "Nous continuerons à proposer de nouveaux services à nos utilisateurs. Notre ADN est de connecter les gens entre eux et rendre le monde plus ouvert", s'enthousiasme Laurent Solly. Mais pour Stéphane Hugon, "le site est désormais moins glamour et s'apparente plutôt aux Pages Jaunes. Il s'adresse maintenant aux masses, il est devenu un service Internet comme un autre". 

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