Facebook : pourquoi Mark Zuckerberg reste intouchable

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I'VE GOT THE POWER – Les scandales qui frappent son entreprise l’ont bousculé mais pas ébranlé. Le PDG de Facebook, qui passe son grand oral devant le Congrès américain mardi et mercredi, a beau être défié au sein de sa propre boîte, il n’est pas près d’en laisser les rennes. Explications.

Son traditionnel sweat-shirt est resté au placard. C’est peut-être un détail pour vous mais pour eux ça veut dire beaucoup. Eux, les très sérieux médias américains que sont le New York Times et le Washington Post qui en ont fait des articles. Lundi, à la veille de son premier témoignage devant le Congrès américain, Mark Zuckerberg est en effet apparu en costume. 


Un changement de style à l’image du virage que va devoir opérer Facebook, empêtré depuis des semaines dans des scandales mêlant fake news, influence russe sur les élections et surtout fuite de données personnelles de millions de ses utilisateurs vers la firme d'analyse de données Cambridge Analytica. De quoi lui faire perdre quelque 100 milliards de dollars de valeur marchande ces dernières semaines.

Le grand oral du PDG, qui s’étend sur deux jours, constituera même son "passage à l’âge adulte" selon CNN. "C'est son moment, celui qui pourrait avoir un impact significatif sur lui et son entreprise, et cela ne sera pas facile pour lui", insiste la chaîne. Les prises de parole publiques, ce n'est pas franchement son truc. 


Alors celles à venir devant les parlementaires américains seront forcément scrutées. Sur le fond et sur la forme. On sait déjà qu'il endossera la responsabilité des "erreurs" commises par son entreprise. On imagine que les gouttes de sueur, qui s'invitent régulièrement lors de ses interventions, seront plus nombreuses que d'habitude. 

Facebook, une monarchie absolue où le roi a les pleins pouvoirs

"Zuckerberg est Facebook. Facebook est Zuckerberg", affirme encore CNN. Et si le renouveau de l'entreprise passait par l'arrivée d'un nouveau patron ? C'est ce que réclame Scott Stringer, l'un des actionnaires du réseau social. Dans une lettre ouverte publiée le 27 mars et relayée par le Washington Post, il appelle ainsi au départ de Mark Zuckerberg et demande à ce que les postes de président et de directeur général - actuellement occupés par le "Zuck" - soient redistribués au profit de trois nouveaux directeurs indépendants et d'un président également indépendant. Une requête évidemment restée sans réponse. "Facebook est plus un gouvernement qu'une entreprise traditionnelle", expliquait récemment son PDG. En fait, plutôt une monarchie absolue où le roi a les pleins pouvoirs.

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Données personnelles : comment contrôler ce que Facebook sait de vous

Les élections quadriennales pour élire le PDG n'existent en effet pas chez Facebook. Dans une interview à Vox, Mark Zuckerberg, 33 ans, se disait même "vraiment chanceux" qu'"en fin de compte, ce soit une entreprise contrôlée" parce que "vous n'êtes pas soumis aux caprices d'actionnaires à court terme". Et pour cause : directeur général depuis juillet 2004 et président depuis janvier 2012, Mark Zuckerberg détient la majorité des actions dites "de classe B" (une action représentant 10 voix), s'offrant ainsi près 60% du pouvoir décisionnaire en cas de vote. En résumé, lui seul aurait donc le pouvoir de se congédier, même dans les périodes les plus troubles. 


Quid de sa candidature à la présidentielle de 2020, évoquée ces derniers mois ? Certains la disent déjà fichue. On voudrait juste leur rappeler que la Maison-Blanche est actuellement occupée par un certain Donald Trump. Et que donc rien n'est vraiment impossible outre-Atlantique. Surtout pas en politique.

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