Facebook va tester sa fonctionnalité de reconnaissance faciale en Europe

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Le RGPD, le plan de l’Europe pour protéger vos données personnelles

RÉSEAU SOCIAL - Le site de Mark Zuckerberg va tester sa nouvelle fonctionnalité de reconnaissance faciale en Europe. L'entreprise américaine va aussi introduire de nouvelles fonctionnalités auprès de ses utilisateurs européens, en vue de l'application du nouvelle réglementation européenne sur la protection des données.

Chacun peut aujourd'hui prétendre à "son quart d'heure de célébrité". La prophétie d’Andy Warhol, formulée en 1968, s’est révélée exacte. La question, aujourd’hui, c'est plutôt de savoir dans quelle mesure il est, et sera encore possible, à l’avenir, d’avoir son "quart d’heure d’anonymat". Ainsi, quelques mois après son déploiement aux Etats-Unis, la nouvelle fonctionnalité de reconnaissance faciale de Facebook débarque en Europe, selon la méthode habituelle du géant de Menlo Park : un échantillon de bêta-testeurs l'inaugurera avant une ouverture progressive à tous les usagers.

Grâce à la technologie biométrique, le site de Mark Zuckerberg indique qu'il sera en mesure d'alerter les utilisateurs quand une photo d'eux est publiée sur le réseau social, même lorsqu'ils n'ont pas été identifiés par leur nom (tags), et donc de limiter les usurpations d'identité. "Nous faisons cela pour empêcher les gens de prendre la place d'autres sur Facebook", avait indiqué l’entreprise américaine dans une note de blog, en décembre dernier, au moment de son lancement outre-Atlantique. Facebook soutient en outre que cette technologie aidera davantage les personnes malvoyantes ou aveugles. 

Plus concrètement : dès lors que le réseau social pensera vous trouver sur une photo, il vous enverra une notification, qui vous renverra vers une page où vous pourrez choisir si vous souhaitez y être tagué, envoyer un message à l'utilisateur qui a posté cette photo, informer Facebook que ce n'est pas vous sur la photo, ou signaler l'image. Les utilisateurs européens devraient recevoir prochainement une notification pour savoir s'ils souhaitent ou non bénéficier de l'option. 

Les changements que nous testons permettront aux gens de choisir d'activer ou non la reconnaissance faciale, qui auparavant n'était pas disponible dans l'Union européenne- Rob Sherman, directeur de la vie privée de Facebook.

"Les changements que nous testons permettront aux gens de choisir d'activer ou non la reconnaissance faciale, qui auparavant n'était pas disponible dans l'Union européenne", fait savoir en fin de semaine dernière Rob Sherman, directeur de la vie privée de Facebook. Le site de Mark Zuckerberg assurait en décembre au site américain Wired que le modèle facial utilisé pour identifier l'utilisateur sur les images sera effacer, si celui-ci choisit de désactiver l'option. Pour ce faire, il suffira de cliquer sur l'icône représentant un point d'interrogation (en haut à droite) et de sélectionner "Raccourcis de confidentialité", puis "Affichez plus de paramètres", en bas du menu déroulant. Dans la colonne de gauche, juste en-dessous de "langue" devrait bientôt se trouver un onglet "reconnaissance faciale". Cliquez dessus et choisissez ensuite si vous souhaitez que Facebook puisse vous reconnaître sur des photos et dans des vidéos.

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De nouvelles options de confidentialité à venir

Ces "changements" interviennent à quelques semaines de l'entrée en application du nouveau Règlement européen sur la protection des données (RGPD). Ce texte a pour objectif de concilier la protection de la vie privée des citoyens et l'innovation, à l’heure où de plus en plus d’entreprises collectent, stockent et analysent des masses d’informations personnelles dans le but de fournir des services personnalisés (services de localisation, assistant personnel, publicité ciblée, etc.). Plus précisément, à compter du 25 mai 2018, les entreprises qui désireront utiliser les données personnelles des citoyens européens devront obtenir leur consentement et être claires sur leur utilisation, sous peine de se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires. Les citoyens pourront, quant à eux, s’appuyer sur le texte pour défendre leurs informations personnelles, s’ils estiment qu’une organisation les utilise de manière trop intrusive.

Dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne, Facebook doit donc entièrement revoir la façon dont elle collecte, héberge et utilise les données de ses utilisateurs d'ici le 26 mai 2018. "Nous faisons les derniers préparatifs pour assurer que Facebook et tous nos produits se conforment au RGPD d'ici mai 2018, et nous partagerons plus d'informations dans les semaines à venir", fait savoir l'entreprise.

Facebook prévoit l'introduction de plusieurs niveaux de partage pour les informations les plus sensibles, comme celles liées aux opinions politiques, à l'orientation sexuelle ou religieuse. Les utilisateurs pourront accepter ou non de partager ces informations pour que Facebook leur présente de la publicité en rapport. Ceux qui ont accepté pourront revenir à tout moment sur leur décision. Enfin, l'entreprise facilitera aussi la prise d'information sur la façon de supprimer son compte, indique l'entreprise. 

En 2013, l'entreprise américaine avait dû faire marche arrière dans le déploiement de cette technologie en Europe, sous la pression d'autorités de régulations et de militants pour la vie privée, qui voyaient la reconnaissance faciale davantage comme une menace. 

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