Rachat de WhatsApp : pour avoir menti à la Commission européenne, Facebook écope d'une amende de 110 millions d'euros

Rachat de WhatsApp : pour avoir menti à la Commission européenne, Facebook écope d'une amende de 110 millions d'euros
High-tech

A L'AMENDE ! - L'entreprise américaine de Mark Zuckerberg, qui avait racheté l'application mobile WhatsApp en février 2014, est sanctionnée pour avoir fourni des renseignements inexacts à l'Union européenne.

Il y a des mensonges qui coûtent chers. La Commission européenne a infligé ce jeudi une amende de 110 millions d'euros au site de Mark Zuckerberg car l'entreprise américaine a fourni des renseignements inexacts pendant l'enquête de l'Union européenne concernant le rachat de l'application mobile WhatsApp. "La décision d'aujourd'hui envoie un signal fort aux entreprises, montrant qu'elles doivent respecter tous les aspects du règlement de l'UE sur les concentrations, y compris l'obligation de fournir des informations exactes", a déclaré Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la Concurrence.

Le 3 octobre 2014, la Commission européenne avait donné son feu vert à l’acquisition de WhatsApp. L'entreprise américaine avait garanti, lors de l'enquête menée par Bruxelles, "qu'elle ne serait pas en mesure d'associer automatiquement et de manière fiable les comptes d'utilisateur des deux sociétés". Une information dont la Commission européenne, gardien de la concurrence en Europe, explique dans son communiqué avoir tenu compte avant d'autoriser le rachat de l’application de messagerie instantanée pour 22 milliards de dollars, en février 2014.

Lire aussi

Pour Facebook, "l'annonce d'aujourd'hui clôt l'affaire"

La décision de jeudi ne change en rien à l’autorisation octroyée au rachat, précise la Commission européenne. Le site de Mark Zuckerberg a aussitôt réagi : "Nous avons agi de bonne foi depuis nos premières rencontres avec la Commission européenne et nous avons cherché à fournir des informations exactes à chaque fois, a déclaré un porte-parole de Facebook, Aled Williams. L'erreur que nous avons faite dans les documents fournis en 2014 n'était pas intentionnelle et la Commission a confirmé que cela n'a pas eu d'impact sur le résultat de l'examen de la fusion. L'annonce d'aujourd'hui clôt l'affaire."

En août 2016, le gardien de la concurrence en Europe s'était aperçu que le site de Mark Zuckerberg avait modifié la politique de confidentialité de WhatsApp, permettant ainsi aux données récoltées sur l'application de messagerie instantanée d'être utilisées pour proposer des publicités ciblées sur les autres applications du groupe, comme Facebook ou Instagram. La Commission européenne avait entamé dès le mois de septembre des discussions avec Facebook pour qu'il cesse le partage des données avec WhatsApp. 

Des condamnations en série en Europe

Ce n'est pas la première fois que le site de Mark Zuckerberg est épinglé pour ses mauvaises pratiques en matière de collecte et d'utilisation des données. En France, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a prononcé, mardi 16 mai, une sanction de 150.000 euros à l’encontre de Facebook et de sa filiale irlandaise, où se trouve son siège européen, pour n’avoir pas protégé les données des utilisateurs contre une utilisation publicitaire.

Lire aussi

En Italie, l'autorité de la concurrence a annoncé, vendredi 12 mai, avoir infligé une amende de 3 millions d'euros à l'application WhatsApp pour avoir incité les utilisateurs à partager leurs données avec Facebook. En mars 2016, l'autorité de la concurrence allemande a ouvert une enquête à l'encontre de l'entreprise américaine, qu'elle soupçonne de profiter de sa position dominante sur le marché pour imposer à ses utilisateurs des conditions d'utilisation qui enfreignent les lois de protection des données.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent