Google, l'innovation par l'acquisition

Google, l'innovation par l'acquisition

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STRATÉGIE – Ces derniers mois, Google a multiplié les rachats d'entreprises innovantes. Une manière pour le groupe de diversifier ses activités, mais surtout de préparer le futur. Quitte à créer des inquiétudes sur sa domination.

Google a la fièvre acheteuse. L'ogre technologique américain vient d'acquérir une nouvelle entreprise, SlickLogin, spécialisée dans l'authentification sonore. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué, mais il pourrait se chiffrer à quelques millions de dollars. Ce n'est pourtant qu'une acquisition parmi d'autres. Ces derniers temps, Google a multiplié les rachats spectaculaires tels ceux du fabricant de téléphones portables Motorola, de DeepMind (intelligence artificielle), de Boston Dynamics (robotique) ou de Nest (thermostats connectés), dépensant ainsi 17 milliards de dollars en deux ans (dont un peu plus de 12 pour Motorola). 

"Google possède une trésorerie estimée à 50 à 70 milliards de dollars, qui lui permet de réaliser ce genre d'opérations", précise à metronews Pascal Perri, économiste et auteur de Google, un ami qui ne vous veut pas que du bien. Une stratégie de croissance externe étonnante pour une entreprise qui possède pourtant de réels talents au sein de ses équipes.

Contrôler le contenu de nos frigos

"Dans un premier temps, Google encourageait les projets internes. C'est comme ça qu'est par exemple né Gmail, créant des multimillionnaires ainsi récompensés par des actions du groupe, explique Pascal Perri. Puis le groupe a choisi une stratégie de croissance externe pour améliorer son écosystème, mais aussi créer des barrières à ses concurrents".

Après avoir mis la main sur le marché des smartphones avec Android (une entreprise elle aussi rachetée en 2005), Google vise désormais bien plus grand. "En privé, Google précise qu'il veut changer le monde, avoue Pascal Perri. Avec Nest ils mettent un pied dans nos foyers. S'ils conçoivent des frigos dans le futur, on peut imaginer qu'ils en contrôlent aussi le contenu et donc le commerce de ce qu'on y conserve".

Vendre du temps de vie supplémentaire

"Mais cet exemple ne pourrait être que le début d'une démarche messianique. Un projet à long terme mené en interne par le transhumaniste Ray Kurzweil concerne notre code génétique. Le but est de permettre d'allonger notre durée de vie. Et réussir à vendre du temps de vie a une valeur inestimable", affirme Pascal Perri.

Une évolution qui peut effrayer si Google est la seule entreprise à disposer de la puissance financière nécessaire à ces recherches. "J'ai tendance à me méfier des monopoles. L'Europe dispose de moyens pour concurrencer Google, mais manque de coordination et de financement", analyse l'économiste. Selon une étude qu'il vient de remettre aux ministres Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, 12 000 emplois seraient menacés en France par les activités commerciales du groupe d'ici à 2017. Les premiers effets concrets de la domination du géant du Web ?

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