Google+ va mourir : un réseau social aux allures de ville fantôme qui était cœur de la stratégie de Google

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RIP - Le géant des nouvelles technologies vient d'annoncer qu'il allait fermer Google+ après la découverte d’une faille de sécurité ayant affecté les données d’au moins 500.000 utilisateurs. Retour sur l'histoire de ce réseau social (qui n'en est pas vraiment un).

Sa fin est imminente. Le réseau social de l’entreprise de Mountain View avait déjà des allures de ville fantôme. Ce lundi 9 octobre, le géant des nouvelles technologies a annoncé la fermeture "dans les dix mois à venir" de Google+, après seulement sept ans d’existence. Lancé en 2011 pour concurrencer Faceboook, le service n’a en fait jamais rencontré le succès auprès du grand public.


L’annonce de son démantèlement (qui, à vrai dire, n’émeut personne) fait suite aux révélations du Wall Street Journal concernant une faille de sécurité ayant affecté les données d’au moins 500.000 utilisateurs. En cause : un "bug" inscrit dans le code est resté en ligne durant trois ans, entre 2015 et 2018. Selon le quotidien, Google a découvert cette faille en mars dernier lors d’un audit interne. Et il a décidé de la corriger sans prévenir ni  les autorités de régulation ni ses utilisateurs.

On rembobine. L'histoire de Google+ débute en juin 2011. Lors d'une conférence à Los Angeles, le PDG de l'époque, Eric Schmidt, reconnaît que Google a manqué le virage "social" du web et qu'il a, à titre personnel, une part de responsabilité dans cet échec : "I clearly knew I had to do something and I failed to do it. (...) CEOs need to take responsibility. I screwed up" (en français, "Je savais clairement que je devais faire quelque chose, mais je n'ai pas réussi à le faire. Un PDG doit prendre ses responsabilités. J'ai merdé").


Google lance son service en France le 18 juillet de la même année. Pour se différencier de la concurrence, le réseau social s’appuie sur trois fonctionnalités. Les "cercles" : un système de groupes de contact, censés remplacer la liste d'amis de Facebook. L'utilisateur pouvait y indiquer les informations qu'il souhaitait partager avec chacun de ses groupes. Les "bulles" (en anglais, "hangouts"), chat vidéo pouvant réunir entre 2 et 10 personnes simultanément. Et les "déclics" (en anglais, "sparks"), système de suggestion et de partage de contenus par thèmes, semblable à la section "Recommandations" de Google Reader.

Ses utilisateurs n'y passaient que 6 minutes par mois

L’entreprise américaine indiquait en 2014 que Google+ comptait plus de 540 millions d’utilisateurs actifs, mais que près de la moitié ne visitaient pas le réseau social proprement dit. Des millions d’internautes disposent en effet, souvent sans le savoir, d’un compte Google+ créé automatiquement depuis 2012 lors de l’inscription à certains services, comme Gmail ou Google Drive. Pendant les dix mois à venir, ce sera même encore indispensable pour commenter des contenus sur la plateforme de vidéos YouTube ou pour stocker des images de façon illimitée via le logiciel de gestion d’images Picasa. 


Une statistique souligne cruellement la faiblesse de Google Plus par rapport à ses concurrents : selon l’institut Nielsen, ses utilisateurs n'y passaient que 6 minutes et 47 secondes par mois en moyenne fin 2014. Facebook (404 minutes) Twitter (170 minutes) et Instagram (257 minutes) faisaient largement mieux. Le ratio ne s'est pas amélioré depuis.

Un immense réservoir d'informations personnelles

Même s’il n’a donc jamais été un rival pour Facebook en tant que réseau social, Google+ est cependant depuis son lancement au cœur de la stratégie commerciale de l’entreprise de Moutain View. Et pour cause : il lui a permis d’analyser plus largement la vie numérique des internautes et de rassembler un trésor toujours plus riche d’informations particulièrement convoitées par les annonceurs. 


En effet, une fois inscrit à Google+, il devient donc votre compte pour tous les produits Google, de Gmail à YouTube, en passant par son service de cartographie en ligne Maps. Le géant des nouvelles technologies peut ainsi savoir qui vous êtes et ce que vous faites à travers ses services, même si vous ne revenez jamais sur la plateforme par la suite. Bref, au final, ce n'est pas tellement un échec pour Google.

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