Honor, la carte jeune et maligne du géant Huawei

High-tech
SMARTPHONE – A l'image de Huawei, les constructeurs chinois commencent à se faire une place au soleil sur le marché. Dans les pas de son grand frère, la filiale Honor a peaufiné sa stratégie sans marcher sur les plate-bandes de l'aîné : séduire les Millennials et miser sur le bouche-à-oreille. Un succès qui ne se dément pas alors qu'elle doit officialiser l'arrivée de son Honor 7X en Europe ce mardi.

Sur la planète smartphone, on connaît les ténors du secteur (Apple, Samsung, Sony, LG, Huawei…). Le très haut de gamme, ils connaissent sur le bout des doigts. Le marketing aussi. Leurs émules se nomment Moto/Lenovo, HTC, ZTE ou encore le revenant Nokia en quête de sa gloire d'antan.


Venus de l'Empire du milieu, on avait déjà fait connaissance avec Huawei, désormais troisième acteur mondial, Meizu, ZTE ou encore Xiaomi à l'aura grandissante. Tous cherchent à se faire (re)connaître à coup de spots publicitaires ou de partenariats avec des sportifs de premier plan. Un investissement lourd pour, pas à pas, conquérir l'Occident et jouer des coudes avec les concurrents sud-coréens ou américains. Longtemps, les fabricants chinois ont eu une image "low cost", voire de copieurs de concept avec des produits parfois peu qualitatifs. Mais les temps ont bien changé et tous rivalisent désormais à coup de produits de grande qualité, multipliant les innovations, promettant monts et merveilles technologiques pour détourner les acheteurs des Galaxy Note et autres iPhone.

Internet comme aire de bataille

Derrière eux, tapis dans l'ombre mais avec de grandes ambitions, on trouve des "petits nouveaux" à la stratégie totalement différente : OnePlus et surtout Honor. Deux sérieux concurrents chinois qui bouleversent peu à peu le marché de la téléphonie et la donne mondiale. Tout d'abord car ils ont choisi leur champ de bataille pour se faire un nom (en anglais pour être plus 'internationalisé') : la vente en ligne et les réseaux sociaux pour se faire connaître. Car leur cible, ce n'est pas l'acheteur CSP+ prêt à mettre plus de 600 euros dans un smartphone haut de gamme, mais les Millennials et tous ceux qui veulent un produit beau, efficace et puissant sans se ruiner, et qui, pour cela, font confiance à Internet.


Pour vous renseigner sur Honor, il valait mieux jusque-là jeter un œil à son site Internet ou sa page Facebook plutôt que de vous rendre en boutique. Comme OnePlus qui a joué les partenariats avec l'enseigne Colette pour la vente d'un modèle conçu avec Jean-Charles de Castelbajac, Honor commence de plus en plus à laisser filer quelques exemplaires en magasins (opérateurs, FNAC, Darty…). Mais comme son rival "digital", Honor sait où faire des économies pour proposer des produits qui cassent les prix : pas de boutique physique, peu de ventes chez des revendeurs et donc pas de logistique trop lourde à prévoir ni lieux de stockage. Tout s'est construit en ligne, depuis les locaux de Honor. Le budget pub est, lui aussi, réduit au maximum et, chez le constructeur asiatique, on compte beaucoup sur le bouche-à-oreille pour asseoir sa réputation et faire flamber les ventes. Tout comme l'importance accordée aux utilisateurs et à leurs retours d'expérience des smartphones maison. Une politique qui porte ses fruits depuis 2010.

Un Honor 7X pour rafler la mise à Noël

Et pour s'assurer d'une belle image, Honor sait qu'il peut aussi se reposer sur la qualité de ses smartphones. Car la filiale créée en 1998 bénéficie du savoir de sa maison-mère, Huawei, avec laquelle elle partage le département de recherches et développement à Shenzen. Le tout sans marcher sur ses plates-bandes car le positionnement de Honor est plutôt sur l'entrée et le milieu de gamme. Il n'est pas rare de retrouver ainsi des innovations communes (double capteur photo sur le Honor 9 mais pas signé Leica comme sur le P10 ou Mate 10 Pro de Huawei, le processeur Kirin maison), mais avec un léger décalage d'introduction. Niveau design, il est facile de voir plus qu'une filiation entre la gamme P de Huawei et les Honor 9 ou 6X qui reprennent le même châssis tout en rondeur et tendent tous deux vers des écrans quasiment sans bord. 


Photo : le Honor 6X

Photo : le Nova de Huawei

Mais c'est surtout le rapport qualité-prix qui rend Honor aussi attractif. Son modèle haut de gamme (ou milieu de gamme ++) pour concurrencer le Galaxy S8 de Samsung ou l'iPhone 8 d'Apple se nomme Honor 9 (double capteur photo de 12 Mpx RVB et 20 Mpx monochrome; processeur Kirin 960 comme chez Huawei; finition aluminium unibody. Port USB-C). Il est annoncé à 429€, mais Honor n'hésite pas à proposer différentes offres de remise pour le voir tomber sous la barre des 400 €. Entrée de gamme affichée, le Honor 6X (milieu de gamme) s'affichait à moins de 250 € pour un modèle avec 3 Go de RAM et 32 Go de stockage interne, un capteur d'empreinte à l'arrière, un écran Full HD de 5,5 pouces et un double capteur photo (12 Mpx/2 Mpx). Et la firme a encore dans ses cartons (uniquement chinois pour le moment) un Honor V10 qui a fait sensation lors de sa présentation la semaine passée avec des caractéristiques très proches du Mate 10 Pro de Huawei (processeur pour l'intelligence artificielle compris).

Dévoilé le mois dernier en Chine, son successeur le Honor 7X est annoncé pour ce mardi 5 décembre. L'ambitieux constructeur doit confirmer sa mise en vente hors des frontières nationales lors d'une conférence organisée à Londres, et promet aussi d'autres surprises. Et le prix pourrait même ne pas dépasser les 200 euros pour un modèle un peu plus puissant que le Honor 6X. Un lancement juste avant les fêtes pour donner des idées au Père Noël et faire mieux que les déjà plus de 40 millions de smartphones Honor vendus en 2016 à travers le monde.

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