Imprimée ou instantanée, le retour en force de la photo physique

La photo instantanée connaît un certain succès auprès des plus jeunes
High-tech

TENDANCE - A l’heure du tout numérique et du smartphone, la photo physique se défend toujours plutôt pas mal. Plus d’un Français sur deux estime qu’il est important d'imprimer ses photos pour en garder un souvenir physique. Et la jeune génération n’est pas la dernière à s’y adonner.

On la croyait enterrée avec l’avènement du smartphone et le développement d’appareils photo embarqués de plus en plus sophistiqués. Pourtant, la photo physique maintient le cap et ne reste pas l’apanage des seuls photographes professionnels, derniers mohicans à développer leurs œuvres sur papier. Elle reprend même du poil de la bête. 

Et au coeur des préoccupations, la matérialisation du souvenir qu'on veut garder plus concrètement avec soi. Comme jadis, la photo se fait tirage papier, album photo ou visible sur tous supports, modernité oblige. Et n'allez pas croire que seuls ceux qui ont grandi avec perpétuent les habitudes. Les plus jeunes s'y mettent aussi. Selon une étude réalisée par CEWE, leader européen de l’impression photo, et OpinionWay, 21% des 18-24 ans déclarent imprimer régulièrement leurs photos (32% chez les 25-34 ans). Un chiffre en nette augmentation plutôt inattendu quand on sait qu'un Français sur deux de tous âges trouve cela nécessaire. Et même si les labos photos d'antan ont disparu, les solutions sont toute aussi faciles.

Ce retour en force s’illustre par la multiplication des sites de commandes de tirages papier, ceux qui permettent de mettre en forme vos meilleurs clichés sur smartphone, ou bien tout simplement le marché en plein essor de l’imprimante photo de poche. Les jeunes générations veulent à nouveau matérialiser leurs moments, loin des réseaux sociaux tels Facebook et Instagram qui servent à montrer l’instant avant tout, mais restent virtuels.

Lire aussi

32% des 25-34 ans impriment régulièrement leurs photos

"Les jeunes de moins de 25 ans ont aujourd’hui une pratique de la prise de vue supérieure à celle de leurs aînés," note Laurence Courtinat-Vernon, directrice France-Espagne-Portugal de CEWE. Le smartphone, facile à dégainer, est leur atout et près de trois sondés sur quatre chez les 18-24 ans avouent prendre des photos au moins une fois par semaine. Par rapport à leurs aînés qui devaient se contenter de pellicules de 24 ou 36 poses et se restreindre parfois, eux n'ont pas de limite autre que celle de l'espace de stockage de leur smartphone. Et ils se disent plus sélectifs dans leurs impressions, désireux -comme les générations précédentes- de ne garder en mémoire physique que les événements qui comptent vraiment.

Interrogées sur le sujet, Chiara, 12 ans, et ses copines expliquent avoir eu envie d’imprimer leurs photos pour garder une trace de leurs sorties, de leurs moments entre elles. Et surtout après avoir cassé ou s’être fait voler leur téléphone, perdant ainsi toutes leurs photos. Mais l’un des arguments les plus inattendus de l’étude est l’attachement secret des jeunes générations aux albums photos de leurs parents. Lena, 18 ans, fait ainsi partie des 86% de 18-24 ans qui ont été biberonnés aux photos d'antan qu'elle aime toujours feuilleter et fait ses propres albums avec les photos de son smartphone. Et désormais, les photos s’impriment et s’accrochent aussi de plus en plus au mur.

"Faire un album est vite plus onéreux et prend du temps. Ils veulent surtout des produits simples comme du tirage à l’unité, des coques de smartphone, des magnets...," souligne Laurence Courtinat-Vernon. Cela explique le boom des bornes d’impression minute que l’on trouve désormais à la Fnac ou dans les grandes surfaces. Il suffit de brancher une clé USB, son smartphone ou autres, de choisir les photos et de lancer l’impression pour obtenir un tirage papier en quelques minutes.

Conscient du marché florissant, les sites d’impression photo ont multiplié les formats plus fun à destination des jeunes utilisateurs. Cheerz connaît un succès éclatant avec ses tirages au format carré façon Instagram, ses petits livres moins classiques dans lequel on fait imprimer les plus beaux clichés de ses vacances. D’autres fonctionnent via des applis comme Pixpax qui a opté pour le style vintage, avec la fibre écolo de l'impression sur papier recyclé.

La photo instantanée, le mariage réussi de l'instant et du souvenir

Mais si la transmission de ses histoires et celles de ses amis est essentielle pour 89% des sondés, elle doit aussi parfois répondre aux critères d’instantanéité du moment. Et c’est ce qui porte une entreprise comme Instax depuis plusieurs années. La branche du spécialiste photo Fujifilm a trouvé un créneau jadis trusté par Polaroïd : la photo instantanée. Longtemps jugée rétro, la photo instantanée connaît un succès fou avec sa capacité à figer le temps et le souvenir. Loin de la qualité optimale de la photo numérique, elle joue aussi de son côté nostalgique pour les plus anciens. En 20 ans, Instax a ainsi écoulé plus de 50 millions d’appareils (dont 10 millions rien qu’en 2018).

Ce qui plaît à ses fans : "On a la photo tout de suite et on peut y ajouter des filtres, des effets, même imprimer les photos de nos smartphones avec", s’amuse Leah, 13 ans. La France est d’ailleurs le marché numéro un en Europe de la photo instantanée avec 28% des ventes globales en volume (source GfK sur 2018). Il faut dire que le marché s’est diversifié. 

Aux multiples appareils photos signés Instax, Polaroïd ou encore Canon, est venu s’ajouter un nouveau segment : celui des imprimantes portables. Carré, mini-rectangulaire, avec ou sans bord : tous les formats sont possibles. Et avec le concours d’applis mobiles, il est possible de les personnaliser, voire d’y ajouter de la réalité augmentée sur certains modèles. En passant son smartphone sur la photo, on voit alors s'animer un texte, un logo, des images. Un volonté affichée, notamment chez Instax de "moderniser les pratiques en y ajoutant des fonctions qui plaisent aux plus jeunes"

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

CARTE - Voici la liste des 54 départements désormais sous couvre-feu

Débat Trump/Biden : "C’est incroyable de voir des visions aussi radicalement opposées s’exprimer aussi calmement"

EN DIRECT - Covid-19 : le couvre-feu désormais élargi à 54 départements

Comment Bertrand-Kamal a quitté "Koh-Lanta : les 4 Terres" à la surprise générale

Coronavirus : "On ne parle pas d’une vague mais d’une marée haute qui risque de durer des mois"

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent