Incitation à la haine sur Facebook : Mark Zuckerberg visé par une enquête en Allemagne

Incitation à la haine sur Facebook : Mark Zuckerberg visé par une enquête en Allemagne

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RÉSEAU SOCIAL - La justice allemande a annoncé ce lundi l'ouverture d'une enquête visant le patron de Facebook pour incitation à la haine. En cause : les contenus haineux qui pullulent sur le réseau social, et que ce dernier peine à supprimer.

Mark Zuckerberg est-il coupable d’incitation à la haine ? C’est la question dont est saisie la justice allemande. Le parquet de Munich vient ainsi d’annoncer l’ouverture d’une enquête visant le patron de Facebook et neuf autres dirigeants du groupe. En cause : l'engagement en mai dernier des géants du web, dont Facebook, à supprimer dans un délai de 24 heures tous les commentaires racistes, antisémites et les appels au meurtre.


 Sur les réseaux sociaux, les contenus racistes ont explosé depuis 2015 en raison de la crise migratoire.  Et les autorités allemandes ont mis en garde à plusieurs reprises l'entreprise de Zuckerberg,  mais les résultats sont jugés insuffisants. Pour le moment, l'enquête n’en est qu’à un stade préliminaire. Elle doit établir dans un premier temps "si un agissement pénalement répréhensible peut être identifié" et si "le droit allemand peut s'appliquer",  a précisé le parquet de Munich.

"Il n'y a pas de place pour la haine sur Facebook"

Le site de Mark Zuckerberg justifie ses manquements en raison des difficultés qu'il rencontre pour définir ce qui est pénalement répréhensible et ce qui ne l'est pas au nom de la liberté d'expression. "Il n'y a pas de place pour la haine sur Facebook", a déclaré ce week-end un porte-parole de Facebook. Ces accusations "n'ont pas de fondement et il n'y a eu aucune violation de la législation allemande".


"Aujourd'hui, seuls les messages qui sont signalés par les internautes sont examinés par ces plateformes, expliquait à LCI Flavien Chantrel, fondateur du Blog du modérateur. Or, des dizaines de milliers de messages sont publiés chaque jour sur ces plateformes. Résultat, la plupart passent à travers les gouttes. Au-delà du manque de motivation, il semble que ces derniers soient dans l’incapacité de tous les examiner. A moins d’embaucher une armée de community managers..."

La photo du Bataclan a été supprimée plus de 32.100 fois

A la fin du mois de mars, les associations SOS Racisme, SOS Homophobie et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont procédé à une évaluation, pendant une semaine, des pratiques de modération de Facebook. Verdict : seuls 53 des 156 contenus haineux qui lui avaient été signalés durant la semaine avaient été supprimés par la plateforme. Le mois suivant, les grands géants du Web acceptaient de signer un code de bonne conduite avec la Commission européenne. 


Mais la tâche est loin d'être facile. Facebook publiait un rapport éclairant sur la difficulté de la modération d'un contenu. Il citait en exemple la viralité de la fameuse photo sanglante de l'intérieur du Bataclan,  apparue après les attaques terroristes  du 13 novembre. Un cliché dont Facebook indique avoir  "restreint l'accès en France"  plus de 32.100 fois, mais qui continue de circuler sur les réseaux sociaux.

Une amende de 50.000 euros en cas d'inaction

Le mois dernier, un haut responsable du parti de la chancelière Angela Merkel, Volker Kauder, proposait d'infliger des amendes de 50.000 euros si les contenus signalés n'étaient pas supprimés assez rapidement. C'est une "importante victoire d'étape car la dernière procédure engagée avait échoué, s'est réjoui l'avocat à l'origine de la plainte, Chan-jo Jun. Pour la première fois, il y a une volonté politique d’adopter des sanctions contre Facebook."

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