Innovation, éthique, responsabilité... : MoralScore veut mettre en accord vos achats et vos valeurs

Innovation, éthique, responsabilité... : MoralScore veut mettre en accord vos achats et vos valeurs

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CARNET DE NOTES - Évaluer les entreprises selon leur responsabilité sociale, fiscale, environnementale, moduler les notes selon vos propres critères éthiques, et réserver vos achats aux marques les mieux notées, c'est ce que permet Moralscore, un nouveau service qui veut distinguer les gentils des méchants, mais sans manichéisme.

Sur de purs critères éthiques, vaut-il mieux acheter Apple que Samsung, rouler G7 plutôt qu'Uber, voler plutôt sur RyanAir qu'Easyjet, ou l'inverse ? Surtout, lesquels de ces critères éthiques sont-ils les plus importants pour vous, et comment aligner votre consommation et vos valeurs ? C'est à ces questions complexes que veut répondre Moralscore, un site français lancé il y a quelques jours, comme une agence de notation, mais qui laisserait les internautes noter pour elle.


L'idée d'avoir des notes, des outils qui aident à une consommation plus vertueuse, n'est pas nouvelle. Mais pour Rafi Haladjian, fondateur de Moralscore, rien de tel n'existait jusque-là. "On a déjà des agences de notation, des organisations de consommateurs, qui chacune se concentre souvent sur un seul sujet, l'environnement, les conditions de travail. Or si on veut aider le consommateur, il faut tout prendre en compte, les critères pragmatiques et les critères moraux", explique-t-il à LCI.

À l'origine de Moralscore... le fondateur d'Uber ?

Pour qui suit l'épopée du numérique en France, l'homme est tout sauf un inconnu. Rafi Haladjian était en 1994 à la tête de Francenet, premier fournisseur d'accès grand public en France. Sept ans plus tard, c'est encore lui qui lance Nabaztag, le "premier lapin wifi", pionnier des objets connectés. Plus récemment, on l'avait vu à la tête de Sense et de ses capteurs à tout faire.


Pourtant, ce sont les excès des entrepreneurs du numérique qui lui ont donné l'idée de Moralscore, fondé pour gérer "un agacement face à ces nouvelles start-ups, comme Uber et son fondateur Travis Kalanick, portrait parfait de cette arrogance exaspérante de l'innovateur qui vous dit qu'il va changer le monde, mais qu'il ne faut pas le faire ch*er avec les règles et les charges sociales." 

Sur Moralscore, on note pour l'instant les entreprises de quatre secteurs : la livraison de repas à domicile, le transport de personnes, les smartphones et les compagnies aériennes low cost. Pour chacun d'entre eux, cinq entreprises emblématiques sont sélectionnées et passées à la moulinette sur leurs pratiques sociales, leur responsabilité environnementale, leur degré de "décence fiscale", l'innovation, l'impact sur l'homme et le travail ou encore le traitement des données personnelles. Bref, des centaines de points précis reliés à une dizaine de valeurs de base, notées de A à D.


Pour autant, le site ne distribue pas de notes. Chaque internaute, à sa première connexion, est appelé en quelques clics à indiquer quelle importance chacun de ces critères revêt pour lui pour établir un classement selon ses valeurs personnelles. La note affichée sur la page d'accueil n'est en fait qu'une moyenne de toutes les notes obtenues. Surtout, la notation se veut utile. "Cela ne servirait à rien de mettre en haut de liste un VTC hyper-éthique, mais où la course coûte 100 euros, et qui mettrait une heure à arriver chez vous." explique Rafi Haladjian. Le rapport qualité-prix et la disponibilité du service jouent aussi en sa faveur. À terme, le site veut également noter les supermarchés de proximité et la restauration rapide, hors fast-food.

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Quand l'Internet devient un allié des consommateurs

Si, sur sa page d'accueil, Moralscore promet de vous aider à faire la part des choses entre "les gentils et les méchants", son patron reconnaît cependant que le titre est volontairement trompeur. "Le but, c'est justement de montrer qu'il n'y a pas d'approche manichéenne. Si l'on prend l'exemple d'Apple, ils sont clairement les plus vertueux sur la vie privée, et probablement les moins vertueux sur les questions fiscales..." "En fait, il n'y a pas d'entreprise fondamentalement odieuse, à part peut-être RyanAir", sourit Rafi Haladjian. "Ils interdisent à leurs salariés de recharger leur téléphone au bureau, et pourtant ils se classent très bien, leur obsession des économies réduit aussi leur empreinte environnementale !"


Moralscore se laisse un an pour se développer et jauger de l'appétence des internautes. À terme, le site se rétribuera sur des liens d'affiliation, afin de mettre en relation ses utilisateurs avec les marques les mieux notées de son classement. Pour autant, les places de son classement ne sont pas à vendre. 

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