Intelligence artificielle : ces domaines où les machines surpassent (déjà) les humains

Intelligence artificielle : ces domaines où les machines surpassent (déjà) les humains

High-tech
HOMME vs MACHINE - Le célèbre astronome et professeur de l'Université de Cambridge Stephen Hawking a mis en garde à plusieurs reprises l'humanité contre le risque de voir les machines devenir bien plus intelligentes que les hommes. Dans certains domaines, c'est déjà le cas.

La (vraie) question n'est pas de savoir si cela arrivera, mais quand. L’heure où les machines domineront le monde n’est pas encore venue, mais le compte à rebours a déjà commencé. Car l'intelligence artificielle (IA) concerne désormais des pans entiers de nos modes de vie. Smartphone doté d’une fonction de reconnaissance vocale et faciale, montre connectée, voiture équipée d’une assistance au parking…


Malgré ses progrès phénoménaux, l’IA reste bien inférieure à l'intelligence humaine ou animale. A en croire la communauté scientifique, il faudra plus de 40 ans pour qu'elle atteigne un niveau suffisant pour rivaliser avec l’homme dans toutes les tâches, et plus de 100 ans pour qu’elle puisse occuper tous les emplois, si l’on en croit une étude menée par des chercheurs de Yale et Oxford. Mais force est de constater que dans certains domaines, la machine a déjà pris le pas sur l'homme. Florilège.

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PARTI PRIS - Pourquoi il ne faut pas avoir peur de l'intelligence artificielle

L'IA surpasse l'homme au jeu "Où est Charlie ?"...

Depuis 2010, et le développement des réseaux de neurones artificiels, les IA ont fait un énorme bond en avant, notamment dans le domaine de l’imagerie numérique. En 2015, à l’occasion de la compétition annuelle ImageNet, qui teste la reconnaissance des images, les machines ont surpassé l'acuité visuelle humaine. En matière de détection d'objets dans un cadre de grande échelle - comprendre : dans un exercice plus élaboré de "Où est Charlie ?" - les robots présentés ont été capables de dépasser la performance humaine. "Alors que les hommes ont un taux de réussite de 90% à cet exercice, les machines sont parvenues, en 2016, à atteindre près de 100%. En 2010, leur taux de réussite n'était que de 70%", relèvent les chercheurs du projet Artificial Intelligence Index, dans leur rapport. En revanche, la machine est pour l’instant incapable d’identifier de manière pertinente ce qu’elle voit. 

... et au jeu de go

Un peu plus d’un an après avoir battu au jeu de go, un jeu de stratégie asiatique, le Sud-Coréen Lee Sedol, un joueur légendaire, le programme d’intelligence artificielle AlphaGo a définitivement vaincu le numéro 1 mondial, le Chinois de 19 ans Ke Jie, le 27 mai 2017 à l’issue d’une rencontre en trois parties. Le programme, développé par DeepMind, une entreprise britannique appartenant à Google, a battu le jeune prodige 3-0, contre 4-1 face à Lee Sedol.

Cette fois, plus de doute : aucun humain ne peut aujourd’hui rivaliser face à AlphaGo. Une performance informatique que les experts en intelligence artificielle n’attendaient pas avant dix ou vingt ans. Et pour cause. Le jeu de go peut se dérouler suivant le chiffre faramineux de 10 puissance 600 combinaisons différentes. Infiniment plus que les échecs et ses 10 puissance 120 possibilités. Pour s’en sortir dans une telle complexité, AlphaGo a utilisé le deep learning.

Le robot chirurgien est plus précis et habile que l'homme

Des robots assistent les chirurgiens depuis plusieurs années déjà. En mai 2016, pour la première fois, une machine a réalisé une opération de manière totalement autonome. Les chercheurs, dont les travaux ont été publiés dans la revue scientifique Science Translational Medecine, affirment que la machine s'est exécutée avec plus de précision et d'habileté que les chirurgiens humains, ou que les autres robots existants pilotés manuellement par des humains. Le test consistait à recoudre deux parties d'un intestin de cochon.

Des technologies d’imagerie intelligente et des marqueurs fluorescents permettent au robot de s’adapter aux tissus mous, très malléables, et de réaliser parfaitement les sutures et reconnections d’intestin. Cette opération est très courante pour intervenir sur des tumeurs, ainsi qu’en urologie et en gynécologie. L’agence américaine du médicament va cependant exiger plusieurs années d’essais cliniques avant que le robot ne soit autorisé à opérer un humain.

Un programme copie mieux que quiconque Rembrandt

Le 5 avril 2016, une toile inédite de Rembrandt a été dévoilée à Amsterdam. L'œuvre semble tout droit sortie des ateliers de l'artiste néerlandais, pourtant décédé il y a 300 ans. C'est en fait un tableau conçu entièrement par une machine ! Baptisé The Next Rembrandt, ce tableau représente un homme barbu, vêtu de noir, qui porte un chapeau et une collerette blanche. Pour parvenir à réaliser cette prouesse, les chercheurs de Microsoft, aidés par des experts néerlandais de l’Université de Delft, ont compilé 346 tableaux du maître hollandais. Puis ils ont scanné ces huiles sur toile en très haute résolution, à un niveau de pixel encore jamais obtenu.

Ainsi, la "matière brute" de ce qui fait un Rembrandt, sa façon d’orienter les têtes, de choisir les lumières et les couleurs, s’est retrouvée numérisée, mettant ainsi l’inconnue du "génie humain" en algorithme. Ce dernier a ensuite travaillé en deep learning. Ce chef-d'œuvre numérique composé de 148 millions de pixels a été mis au point après 18 mois de travail, précisent les initiateurs du projet.

Un robot lit mieux sur les lèvres qu’un humain

Avec l'aide de chercheurs de l'Université d'Oxford, l'entreprise d'intelligence artificielle Deep Mind a mis au point un programme capable de convertir les mouvements des lèvres en texte avec un taux d'exactitude supérieur à celui des meilleurs spécialistes humains. Baptisé Wlas (pour Watch, listen, attend and spell), le logiciel s'est fait les dents sur des milliers de programmes diffusés par la BBC ces cinq dernières années pour apprendre à lire sur les lèvres des humains. Pour se faire une idée, l'IA a digéré plus de 5000 heures d'émission, soit près de 120.000 phrases. 

Les chercheurs l'ont ensuite exposée à des programmes diffusés entre mars et septembre 2017. L'IA est alors parvenue à reconnaître les phrases prononcées par les différents intervenants avec un taux d'exactitude de 46.9%, contre un peu moins d'un quart pour le professionnel humain soumis aux mêmes programmes. Et la plupart de ses erreurs tiennent à peu de choses, comme l'oubli d'un "s" à la fin d'un mot, difficilement décelable à l'oral. Avec ce résultat, le système Wlas surpasse tous les autres dispositifs de reconnaissance labiale.

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