Irwan Bello, de Centrale Paris à l'intelligence artificielle  de Google

Irwan Bello, de Centrale Paris à l'intelligence artificielle de Google

High-tech
RÉUSSITE - Le Français Irwan Bello a rejoint, il y a deux ans, le laboratoire de recherche en intelligence artificielle Google Brain, basé à San Francisco. Ce génie des maths, âgé de 26 ans, est diplômé de la prestigieuse université de Stanford.

Ils sont arrivés en Californie avec l'espoir de décrocher une nouvelle vie, de changer le monde. Aujourd'hui, ils occupent des postes de prestige chez les géants de la Tech, sont reconnus pour leur talent et leur créativité, ont mis sur pied des start-up révolutionnaires. Gros plan sur ces Français qui réussissent dans la Silicon Valley. Cette semaine : Irwan Bello, chercheur au sein du laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Google.


Installé à San Francisco depuis deux ans, ce Français de 26 ans est un ancien élève de l’Ecole Centrale. Après des études de mathématiques et de statistiques, il s'est tourné vers l’intelligence artificielle et le traitement des données. En 2014, il intègre la prestigieuse université de Stanford pour un Master en Science des données. "A Stanford, un Master coûte environ 50.000 euros. Sans mes deux bourses d’études, je n’aurais pas pu suivre une telle formation", précise-t-il.


Sur les bancs de ce paradis pour génies sont passés des scientifiques et ingénieurs de renoms, tels que Jerry Yang et David Filo (Yahoo!), Sergey Brin et Larry Page (Google), ou encore Kevin Systrom et Mike Krieger (Instagram). A Stanford, Irwan Bello s'est formé à la technologie du deep learning (en français, on parle d'apprentissage profond). "C'est un système d'apprentissage, basé sur des réseaux de neurones artificiels, qui permet à une machine, par exemple, de reconnaître le contenu d’une image ou de comprendre le langage parlé", explique le chercheur français. 


En 2016, à sa sortie de Stanford, Irwan Bello a intégré les équipes du laboratoire de recherche en intelligence artificielle Google Brain. "Mon travail consiste à rédiger et lire des articles scientifiques. A formuler des hypothèses, puis à les éprouver en conditions réelles, dans le but in fine d’améliorer les services de Google grâce à l'intelligence artificielle", confie-t-il.

La fiche de Irwan Bello

Nom : Irwan Bello

Poste : chercheur au laboratoire d'intelligence artificielle Google Brain

Âge : 26 ans

BIO (EXPRESS)

  • 11997

    Arrivée en région parisienne

  • 22011

    Opéré pour un cancer du poumon

  • 32012

    Première expérience avec le deep learning

  • 42014

    Arrivée à l'université de Stanford

  • 52016

    Embauche à Google Brain

Ses principaux atouts ⇒ "Je suis curieux, ouvert d'esprit et j'ai un entourage qui m'inspire beaucoup."

Son coup de chance ⇒ "Les bourses grâce auxquelles j'ai pu aller étudier aux Etats-Unis. Merci à Fulbright et au Rotary !"

Son coup de blues ⇒ "On m'a diagnostiqué un cancer des poumons en plein milieu de mes concours pour entrer à Centrale Paris. Heureusement, j'ai eu la chance d'être bien suivi, et ça n'a pratiquement pas eu d'impact sur mes études."

Son conseil pour percer aux US ⇒ "Les échecs et les coups durs ne sont pas une fin en soi aux Etats-Unis. Il faut apprendre à savoir s'adapter à tous les types de situation, et surtout être patient : le succès ne se fait pas du jour au lendemain."

Sa devise ⇒  "Le dollar (lol). Plus sérieusement, voici mon dicton : 'La nuit est encore jeune'. Je vous laisse méditer :)"

Son rituel anti-stress "Le sport et la musique. Et un spectacle de stand-up, de temps à autre."

La rencontre qui a changé sa vie ⇒ "Tout le monde a une histoire à raconter et quelque chose à nous apprendre. Selon moi, il n'y a jamais de bonne ou de mauvaise rencontre."

Ses prédictions pour le futur

• Les élections présidentielles américaines n'ont pas fini de nous étonner, pour le pire comme pour le meilleur. Entre Donald Trump, Oprah Winfrey, Mark Zuckerberg et Kanye West, je m'attends à quelques surprises en 2020 et 2024 !

• La première personne qui vivra en bonne santé plus de 200 ans est déjà née.

• Je m'attends, ou plutôt j'espère, voir plus d'ingénieurs et de scientifiques s'investir dans la sphère publique et politique. Les problématiques technologiques et scientifiques de demain nécessitent une compréhension approfondie et des analyses plus fines que ce que la vulgarisation scientifique permet aujourd'hui. On a pu d'ailleurs s'en apercevoir lors de l'audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès au mois d'avril.

On s'est retrouvé soudainement au beau milieu d'un peloton d'une cinquantaine de cyclistes complètement nusIrwan Bello, chercheur en intelligence artificielle chez Google Brain

Une anecdote amusante vécue dans la Silicon Valley ⇒ "Ma mère est venue me rendre visite pour la cérémonie de remise des diplômes à Stanford. On en a profité pour visiter San Francisco ensemble. C'était une journée de printemps assez quelconque. Au détour d'une rue, on s'est soudainement retrouvé au milieu d'une cinquantaine de cyclistes complètement nus. Ma mère était choquée. Je l'avais prévenue, pourtant, que San Francisco est un des foyers de la liberté sexuelle et identitaire. Elle en a eu la preuve."

Ce qui lui manque le plus depuis son départ ⇒ "La famille, les amis, Paris la nuit. La nourriture évidemment !"

Ce qui lui manque le moins ⇒ "La cigarette et les râleurs."

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