Journée mondiale sans Facebook : Comment j'ai (sur)vécu deux jours loin des réseaux sociaux

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DECONNEXION - Mardi 28 février célèbre la journée mondiale sans Facebook. Pour près de deux milliards de personnes sur Terre, c'est désormais un acolyte du quotidien, plus ou moins envahissant. Mais à quel point ? Pour le savoir, une mission m'a été confiée : me sevrer des réseaux sociaux tout un week-end. Ai-je réussi ?

"Melinda, on a pensé à toi pour une mission : mardi, c'est la journée sans Facebook et on aimerait que tu testes toute une journée sans aller sur les réseaux sociaux, voire le week-end. Ça te dit ?" – "Vous êtes dingues, je ne vais jamais y arriver !" Et soudain, j'ai une vision cauchemardesque de mon week-end que j'imaginais plutôt calme, à faire ce que je voulais, loin de la rédaction mais pas de mon smartphone…


Voilà près de 10 ans que je suis inscrite sur Facebook, quasiment neuf ans que je sévis sur Twitter et six que je poste des photos sur Instagram. Je partage quotidiennement mes délires, petites phrases et informations sur les réseaux, lisant et échangeant avec ceux qui veulent réagir. Journaliste est (aussi) un métier de communication et les réseaux sociaux sont devenus quasi incontournables. Autant dire que m'empêcher d'y aller revient à me bâillonner, à me punir. 


Et puis le week-end, j'ai le temps d'y errer à l'envi. Pour moi, c'est un peu une période faste entre évènements sportifs, émissions comme The Voice ou On n'est pas couché autour desquelles on a pris l'habitude de se retrouver entre twittos pour dire tout et n'importe quoi. Vais-je surmonter le manque ?

Adieu notifications, rebonjour les SMS

Telle ma valeureuse collègue qui s'était lancée dans un mois sans tabac -ma pénitence d'une journée me semble tout aussi difficile-, j'entame donc ma cure de désintoxication sociale 2.0 dès le samedi matin au saut du lit. Tous les réseaux en mode OFF, adieu monde numérique ! Seule ma famille très proche est prévenue de la situation. Pour tester mes limites et ma résistance à la tentation, je pousse même le vice à continuer d'afficher des notifications que je ne consulterai pas.


Déformation professionnelle, mon premier réflexe au réveil est généralement de jeter un œil sur Twitter pour avoir un aperçu de l'info, week-end compris. Petite frustration rapidement balayée. Ah, le pouvoir de la volonté ! Paradoxalement, aucune difficulté à faire fi des aventures de mes amis sur Facebook ou Instagram, alors que je dois passer chez Mark Zuckerberg une quinzaine de fois par jour habituellement… Jusque-là, j'aurais presque dit que j'y étais accro, mais je réalise finalement que... pas tant que cela. 


Les heures passent, je m'occupe différemment et parviens à me concentrer sur ce que je fais plus de cinq minutes d'affilée, à parler aux gens sans avoir le nez sur mon téléphone toutes les deux secondes. Il reste d'ailleurs loin de moi. De fait, je reviens à des gestes presque oubliés : envoyer des SMS ou des mails (j'ai pas tout coupé non plus) plutôt que d'utiliser la messagerie de Twitter ou Facebook, appeler même pour de petits riens qui ne demanderont qu'une réponse de 30 secondes. Des contacts "à l'ancienne" en somme. Je finis par ne guère prêter attention aux notifications qui affluent sur mon smartphone et ma montre. Je me rends compte que tout cela n'a rien de vital ni de répercussions essentielles sur mon quotidien. 


J'ai tenu un jour, y'a pas de raison. je rempile pour le dimanche. Un défi à moi-même. 

Mais tu ne réponds pas quand on te parle sur Facebook ?

Je regarde amusée les notifications s'accumuler : 5, 10, 20, 35...  Finalement, le plus drôle, c'est la réaction des autres. "Mais tu fais quoi ? Tu ne réponds pas quand on te parle sur Facebook ?", me demande une amie étonnée, contrainte de m'appeler par téléphone. Tout cela sans compter ceux qui pensent que je suis malade –ou décédée 2.0- pour n'avoir rien posté pendant 48h sur Twitter. Même mes proches pourtant prévenus trouvent le moyen de me contacter sur Facebook !  Les autres réaliseront sans doute en lisant ce papier qu'ils ne m'ont pas "vue" non plus. 


Les réseaux ont modifié nos rapports aux autres : ne rien y écrire sans raison (vacances, zones hors connexion, etc.) plusieurs jours d'affilée en deviendrait presque inquiétant. Comme si on se devait d'être tous connectés les uns aux autres 24h/24.


Est-ce que cela m'a manqué de ne rien écrire sur Facebook, Instagram et Twitter ? Pas vraiment. Est-ce que j'ai failli craquer ? Une petite fois dimanche après-midi, par besoin d'être informée et d'informer alors que je savais les premières annonces du Mobile World Congress, le salon du mobile de Barcelone, sur le point de tomber. J'ai réalisé à ce moment-là à quel point Twitter notamment est devenu un élément de mon quotidien. J'aurais eu des choses à partager sur Facebook, des pensées pas vraiment philosophiques, beaucoup de "conneries", etc. Mais finalement, rien qui ne pouvait attendre mon "comeback" en ligne.


Je sors de mon cyber-silence  dimanche soir à minuit, telle Cendrillon redevenant elle-même. Même pour une grande utilisatrice comme moi (il en existe des pires), la coupure s'est avérée facile à surmonter, sans doute plus qu'en semaine. J'ai réalisé aussi le temps que je pouvais perdre sur les réseaux. C'est l'une des raisons qui font que mon smartphone est quasiment toujours dans ma main ou à portée. Sa batterie n'en a été que plus heureuse ce week-end. Mais pas de quoi me donner envie de déconnecter en permanence. Accro et quelque part fière d'avoir ce lien permanent avec mes amis. Je crois qu'en fait, je "like" vraiment les réseaux sociaux.

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