Kalashnikov dégaine son drone kamikaze

High-tech

USAGE UNIQUE - Moins cher qu'un missile, lançable de partout, le drone kamikaze que lance le russe Kalashnikov vise les armées au budget serré, mais pose la question des robots tueurs, et de l'arsenal des terroristes.

A première vue, la machine donne dans le déjà-vu : on dirait une aile volante autonome, un drone comme il en existe dans le grand public, le genre qu'utilisent agriculteurs pour surveiller leurs récoltes et sites industriels pour garder un œil d'aigle sur la sécurité de leurs installations. Pourtant, KUB est bien différent. 

KUB, c'est le nom de ce drone inventé par la fabricant russe Kalashnikov et dévoilé au récent salon de la Défense d'Abu Dhabi, l'un des tous premiers drones kamikaze. Sous des dehors de drone civil, la machine est en fait un missile, simplifié à l'extrême, où tout serait léger, même le prix. Après avoir révolutionné la guerre avec l'AK-47 qui a fait de sa marque un nom commun, Kalashnikov veut mettre un pied dans le futur du combat à distance.

70 kilomètres de portée, trois kilos de charge explosive

Avec ses 120 centimètres de large et un petit moteur électrique, le drone peut embarquer une charge explosive de trois kilos environ, qu'il pourra acheminer jusqu'à sa cible, en trente minutes, jusqu'à 70 kilomètres de distance. Kub vole assez haut pour rester discret, puis fond en piqué sur son objectif. Comme un missile, certes moins rapide, mais beaucoup plus simple à mettre en oeuvre, beaucoup plus discret aussi. L'attrait du système tient à sa légèreté, pas seulement celle du drone, mais aussi celle du lanceur qui l'accompagne, une petite remorque que l'on peut attacher à un 4x4. 

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Un prix secret, mais "low-cost"

Si personne chez Kalashnikov ne donne de précisions sur le prix précis de KUB, la promesse, c'est celle du low-cost, une arme accessible à des armées de petits pays, qui n'ont pas les moyens de se payer des systèmes d'armes sophistiqués. Une façon aussi de passer au travers des restrictions d'exportation d'armements plus traditionnels, mais de quoi poser question, alors que des drones civils sont déjà régulièrement modifiés pour devenir des armes. La bonne nouvelle, c'est que nombre d'entreprises du secteur de l'armement vendent déjà des systèmes de détection et d'interception de drones.

Des robots-tueurs demain ?

Dernière question que pose le Kub : celle de la démocratisation de technologies qui créeront les robots-tueurs de demain, dans les airs comme au sol, des armes autonomes capables, grâce à la reconnaissance de cibles, de prendre seules la décision de tirer. L'année dernière, un groupe d'experts de l'ONU avait demandé un moratoire sur le développement de ces technologies. Une demande par avance repoussée par la Russie, opposée à "toute régulation des armes autonomes."

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