Keynote de Seattle : en mettant Alexa partout, Amazon veut gagner la bataille de la maison connectée

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BLITZKRIEG - Dans l’esprit de Jeff Bezos, les jeux sont faits : pour continuer à croître, Alexa, l’assistant vocal d’Amazon, doit devenir le coeur et le centre de la maison connectée. Mais si le géant du web fait tant pour conquérir la maison, c’est aussi parce qu’il n’en a pas le choix. Les explications de LCI au lendemain de la keynote de Seattle à laquelle nous avons pu assister.

Plus d'une douzaine de nouveaux matériels lancés en 80 minutes, sans compter les nouveaux services, les prototypes, quelques surprises aussi : à Seattle, Amazon a tenu mercredi soir une keynote au rythme stakhanoviste. Une frénésie de nouveautés qui peut s’expliquer par deux raisons logiques : tout d’abord, s'il investit si massivement -sa division hardware aurait passé la barre des 10.000 employés-, c’est qu’Amazon en a les moyens. Depuis le premier jour, l'entreprise réinvestit ses profits au maximum. C’est même cela qui la rend inatteignable sur nombre de ses activités, comme le commerce en ligne ou le cloud. 

 

Sur le matériel, en revanche, la concurrence est féroce. Et c’est peut-être là qu’il faut chercher la seconde explication. Depuis l’échec de sa tentative de smartphone en 2014, Amazon sait qu’il ne sera jamais le plus utilisé des assistants vocaux. Si l’on exclut les smartphones, Amazon est bon troisième du marché, derrière le Google Assistant compris dans Android et Siri dans les iPhone. De quoi expliquer que Jeff Bezos, le grand patron, se concentre à tel point sur la maison connectée, un terrain de manoeuvres en plein essor pour lequel la simplicité et le prix sont deux aspects cruciaux.

Alexa, déjà présente dans 85.000 produits différents

Vue sous cette angle, la keynote de mercredi soir déroule donc un plan de route très lisible, logique, avec une stratégie déterminée : la bataille de la maison, Amazon n’a d’autre choix que de la gagner. Et jusque-là, ça marche : avec des ventes par centaines de millions - dont elle ne fait pas le détail -, la firme de Seattle sait qu’elle a toutes les chances de s’imposer grâce non seulement à ses propres appareils, mais aussi à tous ceux d’autres marques qui intègrent Alexa, un écosystème qui se renforce à chaque nouveau produit. 

Ce comptage là n’est pas un secret : 85.000 produits embarquent aujourd’hui l’assistant vocal d’Amazon. Des partenaires qui -au moins du côté des enceintes connectées- sont aussi des concurrents sur un marché où l’entreprise a un poste de vigie rêvé :  elle sait de fait ce qui se vend ou pas, assez pour inspirer ses choix au moment de décider de lancer un appareil sous sa marque.

Echo Studio, le son voit grand

Mercredi soir, il y avait donc d’abord ce à quoi l’on s’attendait : la remise à jour annuelle des produits-phare, c'est à dire la gamme des enceintes Echo. La toute petite Echo Dot revient ainsi désormais dotée d’une horloge, ce qui évitera de demander constamment “Alexa, quelle heure est-il” à celle qui avait déjà le format d’un réveil matin discret. L’enceinte Echo est également remise à jour, avec des haut-parleurs revus et de nouvelles couleurs. Toutes deux sont d’ores et déjà disponibles en précommandes. 

Vraie nouveauté en revanche, Echo Studio est la grosse enceinte qui manquait au catalogue pour écouter de la musique, mais pas seulement. Elle peut ainsi se coupler au Fire TV pour lire le son de films en Dolby Atmos. LCI a pu écouter au calme cette enceinte. Et pour les 200 euros de son tarif affiché, le rapport qualité-prix a peu de concurrents, avec un son clair qui recrée un espace sonore large sans maltraiter la musique comme le font certaines barres de son. On attendra sa sortie en novembre prochain pour la tester plus avant.

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Des nouveautés pas toutes disponibles en France

En dehors des enceintes, Amazon a aussi présenté la nouvelle génération des bornes Wifi Eero, ces routeurs qui créent un réseau “maillé” dans la maison pour éviter les zones blanches. Ces bornes, qui n’embarquent pas Alexa, sont néanmoins compatibles : on pourra donc leur demander, au travers du smartphone ou d’une enceinte connectée, de couper le Wifi sur les appareils des enfants à l’heure du coucher, par exemple. 

 

C’est là que s’arrête, pour l’instant, la liste des annonces qui seront disponibles chez nous. Et c’est dommage, car ce qui suit  vaut le détour, par exemple quand Amazon fait sortir Alexa du foyer avec Echo Buds, une paire d’écouteurs sans fil qui sauront répondre aux requêtes vocales. Mais qui pourront surtout vous isoler efficacement du brouhaha ambiant grâce aux technologies d’annulation de bruit ambiant de Bose, pas mal pour des écouteurs à peine au-dessus de la barre des cent euros.

Dans un four, dans une bague, dans vos lunettes...

L’année dernière au même endroit, Amazon avait étonné en lançant un four à micro-ondes compatible avec Alexa. De son propre aveu, le modèle a été le micro-ondes le plus vendu sur Amazon depuis. De quoi encourager une nouvelle création, un four complet cette fois, toujours compatible Alexa, mais avec quelques raffinements supplémentaires : au travers de l’application Alexa, il sera possible de prendre une photo de l’emballage d’un aliment ou d’un plat préparé (le système en reconnaît quelques milliers). Le four saura alors choisir seul les meilleurs paramètres de cuisson.

 

Et puis, il y a deux galops d’essai, deux produits dont Amazon prévient qu’ils ne seront disponibles qu’en petites séries, deux créations pensées pour sonder l’intérêt du consommateur. Deux produits “Alexa inside”, évidemment : la bague Echo Loop, qui entend vos commandes, embarque un minuscule haut-parleur et vibre pour attirer votre attention, et Echo Frames, des lunettes où les haut-parleurs ont été cachés dans les branches. Là encore, deux nouveautés que l’on ne verra pas chez nous de sitôt.

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