L’addiction aux jeux vidéo bientôt reconnue comme maladie

L’addiction aux jeux vidéo bientôt reconnue comme maladie

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DÉPENDANCE - Le jeu vidéo est souvent pointé du doigt et accusé de tous les maux lorsque les comportements dérapent. Loisirs préférés des adolescents et jeunes adultes, s'il est fort heureusement pratiqué sereinement la majorité du temps, il peut entraîner chez certains des troubles du comportement. Une tendance à l’addiction que l’Organisation mondiale de la santé pourrait bientôt reconnaître comme maladie.

Trop jouer aux jeux vidéo peut parfois nuire à la santé de certains joueurs. Fort heureusement, ce n’est pas le cas pour tout le monde et la majorité se porte bien après avoir pratiqué son activité préférée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait cependant reconnaître prochainement l’addiction aux jeux vidéo comme maladie, selon la presse américaine.


Psychology Today annonce ainsi que l’OMS a prévu d’inclure les troubles provoqués par le jeu vidéo (Gaming Disorder) dès 2018 dans sa prochaine Classification internationale des maladies prévues. Ils seraient ainsi classés dans la catégorie "Troubles liés aux comportements addictifs avec plusieurs caractéristiques de la dépendance". Une situation rare mais qui bénéficierait ainsi d'un encadrement médical.

Qu’il soit sur console ou mobile, hors ligne ou en ligne, l'addiction au jeu vidéo serait définie dans des cas extrêmes par certains comportements :

- Altération du contrôle face au jeu (fréquence, intensité, durée, contexte, début, fin)

- Priorité accrue du jeu sur les autres intérêts dans la vie et les activités quotidiennes

- Poursuite ou escalade du jeu malgré les conséquences négatives qu’il peut engendrer


Ce type de comportements pourrait ainsi engendrer une déficience significative dans le fonctionnement personnel, familial, social, éducatif, professionnel… Le tout de manière continue, épisodique ou récurrente.

Des répercussions sur le comportement et le relationnel

Il est hors de question de pointer du doigt le jeu vidéo en tant que bien culturel le plus plébiscité, en France comme ailleurs. Et l'OMS n'entend pas faire le procès du jeu vidéo en tant que tel ni critiquer sa pratique. Ce sont ici les comportements extrêmes qui sont pris en compte et conduisent un individu à se couper de son environnement, ce qui n'est pas quantifiable en heures de jeu mais tient de l'appréciation du joueur face à sa manette. "Le jeu peut aussi devenir un comportement addictif par l'intermédiaire du ‘gameplay’, les mécanismes de gratifications et récompenses, la captation de l'attention, l'immersion du joueur, qui lui permet d'oublier son quotidien", explique le Dr Bruno Rocher, psychiatre addictologue au CHU de Nantes, dans Sciences et Avenir. "C'est le but de tous les jeux mais dans les situations addictives, le jeu prend une place problématique." Le débat fait rage depuis de longues années sur la qualification d’addiction à accoler aux jeux vidéo. Une apparition dans la classification de l’OMS pourrait permettre de finaliser un traitement de problèmes liés aux jeux vidéo à l’instar de la toxicomanie. Cela démontre aussi pour la première fois l’impact psychologique des nouvelles technologies sur la vie des gens.


Pour aller plus loin : l’Institut fédératif des addictions comportementales (Ifac) a mis au point un guide du jeu vidéo pour prévenir et informer parents comme enfants sur l’usage du jeu vidéo à la maison (lire ici).

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