L'unique exemplaire connu de la mythique Nintendo Play Station s'arrache à prix d'or aux enchères

La Play Station conçue par Sony en partenariat avec Nintendo
High-tech

JEUX VIDÉO – La toute première console conçue par Nintendo en partenariat avec Sony au début des années 1990 est mise aux enchères, et la somme qu'il faudra débourser pour l'acquérir s'annonce faramineuse. Il faut dire que la Nintendo Play Station est un morceau d'histoire, celle de la trahison entre les deux géants japonais, qui a changé la face du jeu vidéo.

C’est la console qui aurait pu changer la face du jeu vidéo et asseoir définitivement l’hégémonie de Nintendo sur le marché des consoles. A la place, elle a modifié le paysage en faisant entrer dans la danse un challenger inattendu qui deviendra au fil du temps un ogre, Sony PlayStation.

Un exemplaire de la Nintendo Play Station est actuellement mis aux enchères sur le site de Heritage Auctions à un prix défiant l'entendement. Mis à prix à 15.000 dollars (environ 13.800 euros), il s'affichait encore à 45.000 dollars (42.000 euros) jeudi soir, pour dépasser les 350.000 dollars (environ 322.000 euros) ce vendredi matin. Quand on aime le jeu vidéo, on ne compte pas… Car cette console inédite, voire mythique, est aussi un morceau d’histoire. Celle d’une trahison qui bouleversa la donne vidéoludique.

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Du partenariat à la trahison

Retour à la fin des années 1980. Nintendo est au top de sa suprématie sur le marché du jeu vidéo depuis la sortie de sa console NES. La concurrence s’organise, dans les pas notamment de la Mega Drive de Sega, et le Japonais dégaine sa Super Nintendo (Super Famicom au Japon) en 1990.

Mais Big N, comme est surnommé Nintendo, prépare aussi l’avenir. Dès la fin des années 1980, il veut ajouter un lecteur CD-Rom à sa console et en confie la conception au spécialiste Sony. Les deux géants asiatiques s’allient pour un produit qui doit être révolutionnaire. Mais, au fil du temps, Hiroshi Yamauchi, le patron de Nintendo, voit de plus en plus d’un mauvais œil ce partenariat et l’emprise de Sony sur une partie du matériel. En 1991, c’est le divorce, pas vraiment à l’amiable.

C’est au CES, le Consumer Electronic Show qui se tient alors à Chicago, que l’impensable survient. Nintendo of America annonce une alliance avec Philips pour la conception d’un produit similaire. Sony n’en avait pas été averti. C’est le drame au Japon, où la firme de Kyoto a délaissé un compatriote pour un mariage de raison avec un européen.

Et Nintendo donna naissance... à l'ogre PlayStation !

Vexé, Sony n’abandonne pas pour autant ses plans. Il reprend à son compte la conception de la console hybride qui doit comporter un lecteur CD-rom en plus du traditionnel port pour glisser les cartouches de jeux. Elle s'accompagne alors d'une manette qui ressemble à celle de la Super Nintendo. La Play Station (en deux mots) voit le jour à 200 exemplaires. Le partenariat prévoyait aussi une version suivante plus élaborée. Sony s’y attelle aussi. Cela deviendra la PlayStation première du nom au succès retentissant, vendue à plus de 100 millions d’unités. Le CD-i de Philips et Nintendo ne trouvera qu’un million de preneurs. Dommage pour Nintendo ! 

Longtemps, la Play Station de Sony-Nintendo fut une sorte de mythe, rare étant ceux qui l’avaient vue pour de vrai. En 2015, sur le célèbre forum Reddit, un utilisateur dit avoir mis la main sur un exemplaire offert par un ami de sa famille qui travaillait jadis chez Nintendo. Il s'avère, selon la fiche des enchères, qu'il s'agissait de la console ayant appartenu à Olaf Olafsson, premier président de Sony Computer Entertainment, qui l'abandonna dans l'une des sociétés où il travailla par la suite. Malgré les doutes, la console est authentifiée et reste à ce jour la seule unité connue. C’est celle-ci qui est actuellement mise aux enchères, et devrait rapporter gros à son propriétaire.

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