La 5G aujourd'hui en France... au moins en théorie

Ce mercredi 18 novembre, les opérateurs télécom tricolores ont reçu l'autorisation d'utiliser les fréquences dédiées à ce réseau. Mais qui utilise déjà ce nouveau système ?

NEXT-GEN - Le nouveau réseau mobile est officiellement lancé chez nous ce 18 novembre, mais les délais administratifs et les réticences de certaines villes risquent de ralentir son déploiement.

Sur le papier, c'est fait, l'ère de la 5G commence chez nous aujourd'hui ! Quelques semaines après la mise aux enchères des licences, ce qui ressemble à une longue série à épisodes - et à rebondissements - trouve enfin sa conclusion, ce 18 novembre, par l'ouverture des premiers pans du réseau. L'occasion pour le grand public de voir enfin de plus près ce que la 5G va changer à leur quotidien d'usager mobile ? Peut-être, mais à condition de faire preuve d'un peu de patience.

Car si le 18 novembre est la date à laquelle l'ARCEP, le gendarme des télécoms, autorise les opérateurs à mettre en service leurs premières antennes 5G, cette carte blanche ne suffit pas. Il faut en effet aux quatre opérateurs l'autorisation de l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) pour activer leurs équipements. Une formalité toute administrative, d'autant que l'essentiel des premiers émetteurs est placé sur des installations 4G existantes. "Une question de jours", voire "de quelques semaines", selon les opérateurs, qui ont choisi de peu communiquer sur un réseau auquel une partie réduite de leurs abonnés pourra accéder à court terme.

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5G : le très haut-débit mobile va tout changer

À quand un déploiement national ?

Si comme pour la 4G, le déploiement du nouveau réseau commence par de grandes villes, il faudra probablement attendre l'été prochain pour que la 5G affiche un réseau disponible dans l'essentiel du pays. Comme le reconnaissait récemment Stéphane Richard, PDG d'Orange, en termes de commercialisation, la 5G est plutôt une affaire de "second trimestre 2021", voire "de second semestre." Des délais techniques normaux, il faut installer de nouvelles bornes sur les antennes 4G existantes, muscler le réseau fibré qui les connecte au réseau de l'opérateur pour tenir la promesse de débits améliorés, mais aussi déployer de nouvelles antennes, les licences 5G s'accompagnant d'obligations de couverture du territoire et de la population.

Une progression que l'on peut aller suivre en ligne, sur le site de l'ARCEP, ou sur d'autres comme CartoRadio, où l'on constate par exemple que la couverture de la capitale est encore parcellaire, tous opérateurs confondus. Situation comparable dans d'autres grandes villes, qui seront les premières à allumer leurs réseaux 5G, comme par exemple Marseille, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nantes, entre autres.

Des freins techniques... mais aussi politiques

À ces délais techniques, et aux détails administratifs, s'ajoute une problématique qui s'est invitée assez tard dans le calendrier d'arrivée de la 5G : la fronde soudaine de maires et d'élus, comme à Lille, Bordeaux, ou Grenoble, qui veulent retarder le lancement du réseau chez eux, ou imposer un moratoire aux opérateurs, en attendant le résultat de "débats citoyens", ou de la publication dans les mois à venir du rapport de l'ANSES sur l'innocuité des réseaux mobiles, même si rien dans les centaines d'études menées à ce jour ne démontre de danger pour la santé.

Sur le papier, les opérateurs n'ont pas besoin de l'autorisation des élus locaux pour déployer la 5G, leurs licences - payées un total de 2,8 milliards d'euros - les obligent d'ailleurs à offrir un signal 5G partout ou presque. Mais la résistance des élus pourrait aussi ralentir l'installation de nouveaux émetteurs, au-delà des sites où la 4G était déjà déployée. De quoi expliquer à la fois la discrétion du lancement de cette semaine, et les trésors de diplomatie et de pédagogie dont les opérateurs font preuve en coulisse, tout comme le fait l'ARCEP ces jours-ci. "Les maires ont un rôle important à jouer dans l’appropriation de la 5G par les citoyens", explique aujourd'hui son président Sébastien Soriano, dans une interview au Courrier des Maires. Tous semblent ici vouloir éviter le passage en force, au moins pour le moment.

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Document : dans les laboratoires qui testent les effets de la 5G

Le bon côté des choses, c'est qu'en prenant son temps, côté réseau, la 5G a déjà eu le temps d'arriver dans les rayons, côté smartphones. Outre l'iPhone 12 d'Apple, désormais disponible dans tous ses formats, tous les constructeurs de mobiles proposent déjà des smartphones compatibles avec le nouveau réseau, que l'on parle de Samsung, Xiaomi, Huawei, Nokia, et les autres. Un délai qui a même laissé le temps aux constructeurs de lancer des combinés de moyenne gamme, on en trouve déjà aux alentours de 300 euros.

Free ne déclare pas son forfait

Dernière inconnue, au moins partielle : combien vous coûtera la 5G au juste ? À ce jour, tous les tarifs des premiers forfaits des opérateurs sont publiés... tous sauf un, Free, qui semble une fois de plus décidé de jouer avec les nerfs de ses petits camarades, même si peu s'attendent à ce que le quatrième opérateur ne vienne casser les prix comme il l'avait fait pour la 4G. Le directeur général d'Iliad, Thomas Reynaud, promet d'en dire plus "dans les prochaines semaines, toujours dans un souci du juste prix", promettant également de dévoiler la carte du déploiement de son réseau, dès son lancement.

Si l'essentiel des forfaits 5G disponibles aujourd'hui sont un tout petit peu plus chers que leurs équivalents 4G - une différence qui tourne autour de 5 euros par mois - tous les opérateurs savent qu'ils pourraient ne pas échapper à une guerre des prix, même s'ils voudraient la voir arriver le plus tard possible. Mais une chose est sûre, comme nous le disait un spécialiste il y a quelques semaines : le premier qui baissera ses tarifs entraînera tous les autres dans son sillage.

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