La "méduse volante", le drone de demain

La "méduse volante", le drone de demain

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HIGH-TECH - Des scientifiques américains sont parvenus à créer le premier drone en s'inspirant du mode de déplacement unique de la méduse. Une innovation qui n'en est qu'à ses prémices, mais qui reste très prometteuse en terme de gain d'énergie notamment.

Près de cinq siècles après sa mort, Léonard de Vinci continue d'inspirer les scientifiques du XXIe siècle. L'inventeur génial s'était déjà inspiré du battement d'ailes des oiseaux pour imaginer les premiers avions, sans parvenir à ses fins. L'idée sera néanmoins reprise par les pionniers de l'aviation du début du XXe siècle. Un siècle plus tard, des scientifiques américains modernisent le concept en inventant la première méduse volante au monde, que certains considèrent déjà comme le drone de demain . L'invention est présentée dans la revue J ournal of the Royal Society Interface publiée par l'Académie des sciences britannique.

Cet aéronef miniature et ultraléger (seulement 2,1 grammes) est le premier engin volant capable de vol stationnaire et de se déplacer en l'air en battant des ailes selon un mouvement qui reproduit la nage des méduses, assurent ses inventeurs. "Au départ, nous cherchions à fabriquer un robot insectoïde qui serait une alternative à l'hélicoptère", a expliqué à l'AFP Leif Ristroph, qui travaille au Laboratoire de mathématiques appliquées de l'Université de New York. "Finalement, nous avons abouti à quelque chose d'un peu bizarre : la méduse".

Un "ornithoptère" facile à construire

Cette fascination pour les méduses, animal aquatique aux caractéristiques uniques (il n'a pas de cerveau, pas de squelette, pas de sang et se compose d'eau à 98 %), n'est pas nouvelle. Ce qui intrigue les ingénieurs, c'est son mode de déplacement si particulier, aussi sommaire qu'efficace : une alternance de deux mouvements de l'ombrelle qui propulse l'animal par bonds successifs. C'est ce procédé, fruit de millions d'années d'évolution, que les chercheurs se sont appliqué à reproduire pour faire voler leur robot.

Pour y parvenir, ils l'ont affublé de quatre petites ailes longues de 8 centimètres en forme de pétales de fleur. Ils l'ont également doté d'un minuscule moteur qui ouvre et ferme ses ailes à raison de 20 battements par seconde. Au final, un " ornithoptère ", aéronef capable de voler selon le même principe que le vol des oiseaux, avec une grande stabilité. Leif Ristroph assure même que "si on le cogne, il se stabilise tout seul". Tiges de fibres de carbones pour la structure, film transparent pour l'entoilage des ailes… Tous les matériaux utilisés dans la fabrication de la méduse sont disponibles dans les boutiques d'aéromodélisme.

Des engins pour mesurer la pollution

La méduse volante n'en est pour l'instant qu'au stade du prototype de laboratoire, mais l'Université de New York a déjà déposé un brevet pour protéger ce concept. La prochaine étape sera d'embarquer une batterie - le prototype est alimenté par un câble électrique - et une commande à distance. Il reste beaucoup de travail à accomplir pour perfectionner la manœuvrabilité et la consommation d'énergie, mais des aéronefs au vol battu finiront par devenir monnaie courante, a estimé Leif Ristroph.

"Bien sûr, ils pourront avoir un usage militaire, pour la surveillance par exemple, mais j'espère qu'on trouvera également des applications civiles" à ces drones. "J'imagine déjà qu'on puisse lâcher un essaim d'une centaine d'engins, qui se déploient au-dessus d'une ville pour mesurer la pollution de l'air", a-t-il ajouté. L'intention est noble, certes. L'histoire servira, on l'espère, de garde-fou.

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