La Tech française lance son "Next40" : qui sont ces startups qui seront le CAC40 de demain ?

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LICORNES TRICOLORES - Elles sont quarante startups, jeunes et moins jeunes. Points communs : elles gagnent leur vie et ont attiré des dizaines, voire des centaines, de millions d'euros d'investissements. Une première promotion du "Next40" a été dévoilée ce mercredi. Dans la liste, des sociétés en pleine croissance donc. Assez pour en faire des géants mondiaux ?

La France n'en finit pas d'être fière de ses startups. Après avoir longtemps vécu hors des écrans radar de la puissance publique, la création d'"entreprises de croissance", leur vie, leur financement, sont devenus des enjeux économiques, politiques aussi.

À côté des annonces d'Emmanuel Macron concernant le financement des startups, la French Tech - ce label public, étendard de l'écosystème des startups françaises et des programmes d'aide qui vont avec - vient de dévoiler ce mercredi le Next40, une liste des quarante sociétés que l'on verrait bien devenir le CAC40 de demain. Dans le lot, beaucoup de noms connus, d'entreprises du numérique bien établies, comme Veepee (le nouveau nom de Vente-Privée), Deezer, OVH ou Blablacar. Beaucoup aussi d'entreprises plus récentes, dont vous n'avez pas forcément entendu parler si la French Tech n'est pas votre pain quotidien, comme par exemple Ynsect, Finalcad, iAdvize ou Payfit.

Une prime aux gros investissements

Comment arriver à 40 startups prometteuses parmi les 10.000 qui existent aujourd'hui ? En leur appliquant des critères objectifs, pour l'essentiel financiers. Pour arriver dans la liste des quarante, pas vraiment de condition d'âge ou de taille. On trouve ainsi des startups de l'année et des déjà vétérans d'une vingtaine d'années. En revanche, il faut avoir attiré à soit des montants conséquents d'investissements, l'argent du capital-risque et des investisseurs privés. Ils valident, a priori, le sérieux et le potentiel du projet. 

Mais l'argent investi ne suffit pas, de l'argent il faut aussi en gagner. Vous ne verrez pas ici de "licorne" ayant englouti des centaines de millions d'euros de capitaux sans avoir encore dévoilé de produit ou de service qui marche, comme on en trouve outre-Atlantique. Du coup, comme le remarque Olivier Ezratty, consultant en innovation et auteur du Guide des Startups, "on trouve ici surtout des startups qui font du commerce ou des plateformes d'intermédiation, des entreprises qui dégagent très vite du chiffre d'affaires. Cela tient aux investisseurs français, qui font plutôt des paris sur le court ou moyen terme. On ne voit pas ici de paris à long terme sur la réalité virtuelle ou l'informatique quantique."

De fait, dans la liste, on retrouve donc tant l'essentiel de nos "licornes", nos startups valorisées à plus d'un milliard d'euros, que des jeunes pousses encore naissantes, mais prometteuses. Beaucoup de service aux entreprises et aux particuliers, mais peu de startups de la "deep tech", celles qui travaillent sur les technologies transformatrices de demain... et n'ont donc pas ou peu de chiffre d'affaires à publier pour le moment. Cela exclut de fait certaines réussites françaises dans le domaine des biotechnologies, qui demandent beaucoup d'investissement... et beaucoup de patience avant de les voir fructifier. En fait, l'atout des quarante sélectionnés par la French Tech, c'est qu'ils sont de vrais moteurs de croissance.

Pour les lauréats, l'enjeu n'est pas juste de voir son nom sur la liste. Ils ont surtout gagné le droit à un accompagnement personnalisé par une équipe dédiée de la Mission French Tech, avec une offre de services spécifique en provenance des administrations et de certains services publics. De quoi modeler des modes d'accompagnement et des guichets uniques pour simplifier la vie des jeunes entrepreneurs.

Ceux qui manquent à l'appel

Dans la liste, on se serait attendu à trouver le spécialiste de la pub en ligne Critéo ou le pionnier du drone Parrot. Mais, eux, sont déjà cotés en bourse, ce qui leur ferme la porte du classement. Surtout, on a cherché les noms de géants de la technologie créés par des Français, Docker, Snowflake, Datadog, des entreprises qui se sont rapidement implantées aux États-Unis, au point de perdre un peu de leur vernis tricolore. Pourtant, c'est bien en sortant de France que l'on créera des startups prêtes à conquérir le monde. "Il faut comprendre la règle du jeu", sourit Olivier Ezratty, "le numérique, c'est un modèle basé sur les économies d'échelle. Si vous n'êtes pas présents sur les plus gros marchés, que l'on parle de la Chine ou des États-Unis, vous serez toujours dépassés ou rachetés par un acteur local." 

À la sortie du conseil des ministres ce mercredi, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, expliquait qu'au travers de l'encouragement des startups françaises, le but est de faire de la France "(...) une nation capable d'avoir des champions et pas uniquement des startups." Le mois prochain, la French Tech publiera donc le French Tech 120, une liste élargie à 80 autres startups en hyper-croissance, partout en France

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