Alexa, Google Home : les assistants vocaux trouvent leur voix

Alexa, Google Home : les assistants vocaux trouvent leur voix

High-tech
SMART - Avec l'arrivée en France des modèles d'Amazon et Apple, le marché s'étoffe, et le concurrence s'intensifie. Mais que fait-on vraiment avec un "smart speaker", et que fera-t-on demain ?

En deux ans à peine, les assistants vocaux sont devenus un phénomène, le segment du marché high-tech qui connaît la croissance la plus forte, devant les smartphones ou les casques de réalité virtuelle. Plus d'un quart des ménages américains en sont déjà équipés, tandis que chez nous Google Home, qui était seul sur le marché, s'est apparemment bien vendu pendant les fêtes.  Ni Amazon ni Google ne publient leurs chiffres de ventes, mais selon un cabinet d'analystes, il se serait vendu près de dix millions de smart speakers au premier trimestre de cette année. Un marché qui n'est plus circonscrit aux Etats-Unis, qui représentent aujourd'hui moins de la moitié des ventes. Des ventes assez virales : une enceinte vendue en entraîne d'autres, au fur et à mesure que les utilisateurs découvrent ce qu'ils peuvent faire avec.

Musique, infos, services, commerce... et rencontres

Sans surprise pour des haut-parleurs, l'activité la plus courante sur ces enceintes connectées, c'est encore d'écouter de la musique, de la radio en streaming, ou des podcasts. Trois utilisateurs sur quatre en ont fait une habitude au quotidien. Ce n'est encore que le début de l'histoire, mais les effets de ce nouvel usage se ressentent déjà dans les chiffres des écoutes de podcasts ou de musique en streaming. Si Amazon, Google et les autres ont tous leur propre service de musique en ligne, chaque enceinte permet de se connecter à tous les services courants, comme Spotify par exemple.


Ensuite viennent des fonctions spécifiques à l'assistant : répondre à des questions, trouver ou synthétiser de l'information.  "Alexa, quel temps fera-t-il demain ?", "Dis Google, combien de temps pour aller à Gare du Nord ?", "Alexa, raconte-moi une histoire drôle", avec pour réponses des données qui viennent directement de Google ou d'Amazon, ou qui reprennent les informations de sites web sélectionnés, Wikipedia en tête. Des fonctions qu'il faudra un peu découvrir les unes  après les autres. Le seul vrai défaut des assistants vocaux, c'est que le menu de ce qu'ils savent faire n'est jamais vraiment affiché.


Parce qu'ils n'ont pas réponse à tout, et parce que le but est d'être une plateforme de services, tant Echo que Google Home peuvent accueillir des services tiers, des fonctions, des "skills" comme les appelle Amazon, qui ouvrent chaque plateforme aux éditeurs tiers, et font souvent passer en mode vocal des informations venues d'un site ou d'une application mobile. C'est ainsi que LCI arrivera sur Amazon Echo ce 13 juin, pour permettre d'écouter ou de regarder à tout moment l'essentiel de l'actualité remise à jour. Le Groupe TF1 lance également des services vocaux autour des recettes de Marmiton ou des podcasts de Telefoot.

Là où Amazon marque sa différence, c'est forcément au chapitre de l'e-commerce. Depuis le début, Alexa est bien là pour passer des commandes simples, renouveler des produits courants, ou se renseigner sur les promos en cours. Si les géants investissent si massivement sur les interfaces vocales, c'est pour leur simplicité, pour ne pas rater la vague de la prochaine interface naturelle vers leurs services, surtout si elle s'installe au coeur du salon, de la cuisine, si elle doit devenir un outil de tous les jours pour toute la famille. Pour Amazon, il en va tout autrement. A Seattle, on en fait plus qu'un enjeu stratégique, presque une affaire de survie. 


Ce qu'Amazon veut éviter à tout prix, c'est qu'un autre, qu'il soit Google, Apple ou tout autre, ne vienne s'interposer entre lui est ses clients, au risque de privilégier ses propres services ou d'orienter les demandes vers un site concurrent. Pire encore, comment imaginer que Google, qui décode vos commandes vocales, sache tout des achats que vous faites sur Amazon ? Impensable, assez en tout cas pour expliquer qu'Alexa, chez Amazon, mobilise selon les sources plus de 5000 personnes, des troupes pléthoriques, à l'échelle de l'enjeu. Et l'investissement paye déjà, en tout cas aux Etats-Unis, où 73% des possesseurs d'assistants vocaux les ont déjà utilisés pour faire un achat. 

Amazon et Google en pointe, Apple et Microsoft en retard

Bonne nouvelle: les smart speakers ne semblent pas souffrir du fameux syndrome de la raclette, toutes ces choses que l'on achète sur un coup de tête, pour au final les utiliser peu, voire même les remiser au placard. Rien de ça ici : aux Etats-Unis, 89% des possesseurs d'assistants vocaux les utilisent de manière quotidienne, un tiers d'entre eux y font même appel plus de cinq fois par jour. Si Amazon a longtemps récolté les fruits de son statut de premier arrivé, son arrivée en France et ailleurs pourraient lui offrir un relais de croissance face à Google, premier chez nous, et dont les ventes se sont renforcées outre-Atlantique. 

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Le rire d'Alexa, l'assistant vocal d'Amazon, ne fait pas ... rire tout le monde

Pour l'avenir, tout semble pointer vers plus de personnalisation, vers des assistants numériques qui ne se contenteraient plus de répondre aux questions, mais plutôt de passer à une vraie conversation, pour rendre plus de services, et répondre à des demandes plus complexes. En reconnaissant les voix de chaque membre de la famille, les assistants vocaux pourront également offrir des réponses adaptées, personnalisées à celui qui leur parle. Une place de choix.


Reste quelques inconnues : si Apple s'est lancé le premier avec Siri, sa plateforme vocale (qui a peu évolué) est moins douée en Français qu'en Anglais et a surtout mis un temps fou à arriver au salon au travers de HomePod, disponible chez nous le 18 juin.  Apple l'affiche d'ailleurs surtout comme un haut-parleur connecté haut de gamme qui aurait des fonctions vocales, plutôt que comme un assistant vocal stricto sensu. Microsoft aussi a une technologie qui marche, avec Cortana, qui fonctionne bien sur PC mais dont l'arrivée dans des enceintes d'autres marques est encore timide. Pour autant, on aurait forcément tort de penser ces deux géants là durablement confinés à des rôles de seconds couteaux, l'enjeu est trop fort. La bataille des interfaces vocales ne fait donc probablement que commencer.

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