Le compteur de "likes" sur Facebook, c'est bientôt fini ?

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POLITIQUE DU CHIFFRE - En perte de vitesse face à Instagram et aux messageries instantanées, le réseau social veut modérer l’importance de la popularité de vos statuts, pour toutes sortes de (bonnes) raisons.

La fonction est déjà testée par Instagram, propriété de Facebook, dans sept pays. Elle pourrait bientôt arriver sur les pages de la maison-mère. Selon une spécialiste qui aurait découvert la fonction dans le code-source de la version Android de son application mobile, Facebook s’apprêterait à ne plus afficher le nombre de “likes” sous chaque statut posté par ses utilisateurs, ou au moins à en tester la possibilité.

 

Attention, le “like” proprement dit ne disparaîtra pas, juste l’affichage de ses détails chiffrés. À la place, chacun pourra voir si certains de ses amis ont “liké” une publication, et lesquels, une indication sur la popularité d’un contenu, à la fois plus floue, et plus personnelle.

Un compteur réservé à l'auteur

Facebook a confirmé à nos confrères de Techcrunch qu’il testait bien la possibilité de ne plus afficher le compteur de “likes”. S’il le fait dans les mêmes conditions que sur Instagram, seul l’auteur d’un post pourra alors savoir combien de personnes ont cliqué, les autres ne verront que les interactions de leurs amis. Premier bénéfice de la fin de cette politique du chiffre : arrêter une course à l'échalote qui ne tire pas la qualité des contenus partagés vers le haut et éviter pour certains les accès d’angoisse et de doute de soi quand on partage quelque chose qui ne fait cliquer personne. 

Pour ceux dont Facebook est une plateforme d’expression professionnelle, pour les marques et les influenceurs, la fin du compteur permettrait aussi de mettre fin aux faux clics, à la fraude aux “likes” que l’on peut acheter par milliers sur des plateformes en Asie et ailleurs, comme une fausse monnaie dont le cours est en baisse constante, un problème qui était plus aigu encore sur Instagram.

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Un pas de plus vers le nouveau Facebook

Dernière vertu de la fin de la course aux “likes”, et différence marquante par rapport à Instagram : ne plus afficher leur chiffre permettrait de ne pas mettre en lumière la moindre assiduité des utilisateurs de Facebook et la baisse mécanique du nombre de leurs interactions. Une baisse dont l’affichage pourrait encourager les propres utilisateurs du réseau social à aller voir ailleurs.

Si l’entreprise n’a pas vingt ans, Facebook se trouve quand même confrontée au dilemme de l’innovateur : devoir tout changer, sans mettre en danger sa principale source de revenus. Comme Mark Zuckerberg lui-même l’a annoncé, l’entreprise au sens large va graduellement se réorganiser, vers une plateforme où l’essentiel des échanges seraient privés. Avec à son arc Facebook, Messenger, Instagram, et WhatsApp, la société veut aller vers plus de convergence et de nouvelles fonctions, grâce entre autres à Libra, la crypto-monnaie dont il est l’inventeur. En ce sens, la fin des likes ne serait qu’un pas de plus vers un Facebook entièrement remanié, dont il reste encore à dessiner l’avenir, au-delà de ses contours.

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