Le pro du Bitcoin accusé de blanchir de l'argent

Le pro du Bitcoin accusé de blanchir de l'argent

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FINANCE – La success story du bitcoin vient d'en prendre un coup. Charles Shrem, l'un des principaux promoteurs de cette monnaie virtuelle, a été arrêté à New York pour blanchiment d'argent. Il est suspecté d'avoir favorisé le trafic de drogue sur internet. Une affaire qui relance le débat sur la régulation de cette devise très spéciale aux Etats-Unis.

Fin de partie pour Charles Shrem. Si son nom ne dit rien au grand public, le jeune homme de 24 ans est en revanche très connu dans le milieu de la finance : il est l'un des principaux promoteurs du bitcoin, cette monnaie virtuelle qui affole les marchés et dont chaque unité s'échange aujourd'hui contre des centaines de dollars. Malheureusement pour lui, son étoile a pâli en début de semaine.

Charles Shrem a été arrêté lundi 27 janvier, à l'aéroport JFK de New York . Via sa société BiInstant, qui permet d'acheter des bitcoins, il est accusé - avec un associé, arrêté, lui, en Floride - d'avoir sciemment alimenté le commerce de stupéfiants sur un site ''spécialisé'' dans le marché noir, baptisé ''Silk Road'' (littéralement, ''La route de la soie''). Un site, fermé par le FBI en octobre 2013 et qui n'acceptait que les échanges en bitcoins tout en assurant l'anonymat complet de ses utilisateurs mal intentionnés. Pire, Charles Shrem en personne est accusé d'avoir lui-même acheté des drogues sur le défunt ''Silk Road''.

Les frères Winklevoss réagissent

Forcément, cette affaire n'est pas passée inaperçue dans le monde discret du bitcoin. A l'annonce de cette double arrestation, le cours de la devise a chuté de 7% - un bitcoin s'échangeant encore contre plus de 800 dollars toutefois – et a provoqué un malaise certain dans les cercles financiers. ''Nous sommes surpris et choqués par ces faits que nous condamnons vivement'', a officiellement réagi la Bitcoin Foundation. ''Nous nous sentons très concernés par cette affaire et nous encourageons les efforts du gouvernement pour réguler l'achat et la vente de bitcoins'', ont réagi, de leur côté, les frères Winklevoss. Ces jumeaux, célèbres pour avoir revendiqué à Mark Zuckerberg la paternité de Facebook, possèdent BitInstant dans le portefeuillle de leur société d'investissement, Winklevoss Capital management.

La mise au jour des activités illicites de Charles Shrem pose effectivement la question du contrôle du bitcoin. Un sujet pris au sérieux par le gouvernement américain, alors qu'à l'été 2013, le FBI avait lancé une vaste enquête contre 22 sociétés – dont BitInstant – qui font commerce de cette insaisissable monnaie virtuelle. Peut-être les déboires de Charles Shrem accélèreront-ils la mise en place d'une législation claire outre-Atlantique.

Pour l'heure, les histoires de bitcoin qui fleurissent sur le Web prêtent surtout à sourire (ou pleurer), comme celle d'un jeune Gallois qui a jeté par mégarde un disque dur rempli de 7500 bitcoins (plus de 6 millions d'euros) dans une décharge publique . Ou celle de ce Norvégien qui a pu s'acheter son appartement en revendant à prix d'or des bitcoins achetés pour une bouchée de pain quelques mois plus tôt. 

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