Le procureur de Paris dénonce les pratiques de sécurité d’Apple et Google

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VIE PRIVÉE — François Molins et trois homologues internationaux signent une tribune demandent à Apple et Google de modifier leur politique de chiffrement des données de leurs systèmes d’exploitation mobiles. Elle empêche parfois la justice d’accéder à des preuves qui pourraient aider à résoudre des enquêtes.

Le procureur de Paris, François Molins, ainsi que deux homologues américain et espagnol, et le responsable de la police londonienne s’indignent. Les trois magistrats et le policier signent une tribune dans le New York Times , exhortant Apple et Google de leur permettre d’accéder aux données chiffrées par leurs systèmes d’exploitation mobiles, si l’enquête l’exige.

Depuis septembre 2014, les deux sociétés, dont la part de marché des smartphones est de 96 %, ont décidé de chiffrer l’ensemble des données transitant par iOS et Android. La décision a été prise suite à l’affaire des écoutes à grande échelle de la NSA dévoilée par Edward Snowden.

Des données essentielles dans l’affaire Charlie Hebdo

Mais l’initiative des deux géants de la Silicon Valley peut parfois poser problème à la justice. Les quatre signataires multiplient ainsi les exemples d’affaires ou un smartphone retrouvé sur une scène de crime n’a pas pu être déverrouillé pour dévoiler les données qu’il contient. Ces dernières auraient pu aider à comprendre certains cas non élucidés.

Sommés par la Justice de leur fournir les mots de passe, Apple et Google ont rétorqué qu’ils ne possédaient pas les identifiants de leurs utilisateurs. Une précaution qui permet selon eux de limiter l’espionnage à grande échelle telle que la NSA la pratique. Ils évoquent aussi la manière dont les données issues de smartphones ont permis de faire avancer l’enquête après l’attentat à la rédaction de Charlie Hebdo.

“Enquêter sur ces cas sans disposer des données des smartphones serait équivalent à le faire avec une main attachée dans le dos”, expliquent les magistrats. Enfin, ils ajoutent également qu’ils “soutiennent les libertés individuelles” et demandent l’accès aux données seulement quand l’enquête le nécessite. “La sécurité de nos communautés en dépend”, concluent-ils.

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