Le "trouble du jeu vidéo" reconnu comme maladie à part entière par l’OMS

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TRAITEMENT – Annoncé en 2018, le "trouble du jeu vidéo" est définitivement entré dans la Classification internationale des maladies définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une décision qui ne fait pas l’unanimité, notamment dans le milieu vidéoludique, mais qui pourrait permettre d’établir des traitements pour les cas les plus extrêmes.

Après avoir fait son apparition dans la liste des addictions l’an dernier, le "trouble du jeu vidéo" est devenu officiellement une maladie dans la Classification internationale des maladies (CIM), selon la 11e révision votée le 25 mai par les 194 membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela concerne notamment le jeu en ligne compétitif.

Les communautés scientifiques, l’industrie vidéoludique et des représentants mondiaux s’étaient émus et opposés à une telle décision depuis les premières rumeurs fin 2017.  Puissante organisation du jeu vidéo, l'ESA (Association américaine des éditeurs de jeux) a appelé ce week-end l'OMS à revoir sa position car la définition de "trouble du jeu vidéo" ne repose pas, selon elle, sur des éléments suffisamment solides. "La décision a été prise par un collège d’experts issus de disciplines différentes et de différentes régions du monde, et qui se sont basés sur "données factuelles disponibles", précise quant à elle l'OMS.

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Une alteration de la vie personnelle, familiale ou sociale

Plusieurs éléments de comportement extrême ont été définis pour constater une addiction au jeu vidéo en ligne, qu’il soit sur console ou mobile :

- Altération du contrôle face au jeu (fréquence, intensité, durée, contexte, début, fin)

- Priorité accrue du jeu sur les autres intérêts dans la vie et les activités quotidiennes

- Poursuite ou escalade du jeu malgré les conséquences négatives qu’il peut engendrer

Pour que ce trouble puisse être diagnostiqué en tant que tel, "le comportement doit être d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement, et en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois", explique l’OMS dans sa définition entérinée le 25 mai.

Le trouble du jeu vidéo avait été inclus dès juin 2018 dans la catégorie "Troubles liés aux comportements addictifs avec plusieurs caractéristiques de la dépendance". Cela permet surtout de bénéficier d’un encadrement médical dans les cas les plus sévères, heureusement fort minoritaires, et d’établir un protocole de soins.

Fortnite, "le jeu le plus dangereux" ?

L’OMS s’est toujours bien gardée de pointer du doigt le jeu vidéo, bien culturel le plus plébiscité en France comme ailleurs. L’objectif d’une telle classification n’est pas de critiquer sa pratique, mais les comportements extrêmes générés dans certains cas qui conduisent un individu à se couper de son environnement. 

Depuis l’émergence de Fortnite il y a un an et demi, de nombreux parents ont par exemple constaté une addiction croissante, certains se sentant même contraints d’envoyer leurs enfants en cure de désintoxication. "Actuellement, c'est le jeu le plus dangereux. C'est en quelque sorte l'héroïne des jeux en ligne", confiait en décembre dernier à 20 Minutes Franz Eidenbenz, en charge d’un centre zurichois pour accros aux jeux vidéo. "Un nombre grandissant de jeunes perd le contrôle. Ils n'arrivent plus à déconnecter, même quand leurs résultats scolaires en souffrent ou qu'ils délaissent leurs amis et arrêtent de faire du sport." Un état qui n'est pas sans rappeler l'addiction à la drogue ou aux jeux, selon l'OMS...

En vidéo

Fortnite : la bande-annonce du jeu vidéo

Pour aller plus loin : l’Institut fédératif des addictions comportementales (Ifac) a mis au point un guide du jeu vidéo pour prévenir et informer parents comme enfants sur l’usage du jeu vidéo à la maison (lire ici).

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