L'eau terrestre ne provient pas des comètes, révèle la sonde Rosetta

L'eau terrestre ne provient pas des comètes, révèle la sonde Rosetta
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ESPACE – La sonde européenne n'a pas apporté les résultats espérés, mais a permis d'éliminer une piste quant à l'origine de l'eau terrestre. Plutôt que les comètes, cette dernière pourrait venir des astéroïdes.

Selon Rosetta, l'eau terrestre ne provient pas des comètes. Elle serait plutôt issue d'astéroïdes qui ont frappé notre planète il y a 3,9 milliards d'années. Ce sont les mesures faites par la sonde européenne en orbite autour de la comète Tchourioumov-Guérassimenko qui le révèlent. "Nous devons conclure que l'eau terrestre a été plus probablement apportée par des astéroïdes que par des comètes", a expliqué lors d'une conférence de presse Kathrin Altwegg de l'Université suisse de Berne, principal auteur de cette étude publiée mercredi dans la revue américaine Science.

A l'aide d'un spectromètre, les chercheurs ont déterminé que la signature atomique des molécules d'eau captées à proximité de Tchourioumov est très différente de celle se trouvant sur la Terre. Les scientifiques mesurent le ratio entre le deutérium, un isotope d'hydrogène, et l'hydrogène, qui forme l'eau avec l'oxygène. Le ratio est ainsi de 30 à 120 % supérieur à celui trouvé dans les molécules d'eau de la comète de Halley, qui appartient pourtant à la même famille cométaire, dite de Jupiter.

Une confirmation pour encore beaucoup de doutes

En revanche, l'eau trouvée sur des astéroïdes a un ratio deutérium/hydrogène beaucoup plus faible et donc similaire à l'eau terrestre. Les comètes sont riches en eau, ce qui n'est pas le cas des astéroïdes dont certains en sont même dépourvus, "mais on a recensé à ce jour beaucoup plus d'astéroïdes (650 000) que de comètes (4 000)", explique à l'AFP Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au Centre national d'études spatiales.

"A mon avis, ce résultat de Rosetta  ne bouleverse pas les choses mais les rend un peu plus complexes qu'on ne le pensait, tout en renforçant l'hypothèse des astéroïdes" comme source de l'eau terrestre. En effet, "le ratio deutérium/hydrogène de l'eau est variable d'une comète à l'autre, beaucoup plus, apparemment, que pour les astéroïdes et, pour le moment, on a du mal à s'y retrouver", poursuit le scientifique.

Prochaine étape : le réveil du robot Philae, mis en veille le 15 novembre dernier . "Il va falloir attendre le printemps pour qu'il puisse recharger ses batteries et compléter sa mission, à savoir prélever des échantillons du noyau pour en analyser la composition", a rappelé le chercheur. De quoi savoir si les comètes, objets les plus primitifs du système solaire et riches en carbone, ont pu apporter des molécules sur notre planète ayant contribué à l'émergence de la vie.

En savoir +
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