Les nouveaux iPhone inaugurent l'eSim, la révolution de la carte SIM virtuelle

Les nouveaux iPhone inaugurent l'eSim, la révolution de la carte SIM virtuelle

High-tech
À LA DEMANDE - Changer de forfait mobile, l'activer en quelques secondes, directement sur son smartphone, c'est la promesse de l'eSim, la carte SIM dématérialisée. Une révolution pour les abonnés mobiles, pour les opérateurs, et le début de la fin de la carte SIM telle qu'on la connaît aujourd'hui. En France, les opérateurs réfléchissent...

La technologie n'est pas nouvelle, l'eSIM fait déjà parler d'elle depuis plus de cinq ans, depuis que fabricants, opérateurs, et régulateurs se sont mis d'accord sur le concept de cette carte SIM virtuelle. Depuis, on avait vu apparaître les premiers appareils compatibles eSim, comme les montres Galaxy Watch de Samsung, et la troisième génération de l'Apple Watch d'Apple. L'année dernière, Google avait même lancé le Pixel 2, le premier smartphone grand public compatible eSim, mais il n'était pas distribué chez nous. C'est donc la nouvelle génération des iPhone, Xs et Xr, qui va essuyer les plâtres, et probablement entraîner derrière elle l'essentiel de la concurrence. La révolution ne fait que commencer.

Vie privée, voyages, des usages qui vont tout changer

Virtuelles ou pas, avoir deux SIM dans un même smartphone n'est pas nouveau. La fonction est assez courante dans le monde Android, propulsée par des usages très répandus en Asie, un peu moins chez nous. Pourtant, deux SIM dans un  téléphone, c'est toutes sortes d'avantages : concilier une ligne personnelle et un ligne pro, utiliser plutôt l'une des deux pour passer ses appels et l'autre pour l'internet mobile, entre autres exemples. De quoi se permettre de déconnecter du bureau une fois rentré chez soi, tout en restant joignable sur un numéro personnel, le tout sans avoir à acheter un second smartphone, même votre empreinte carbone y gagnera.

Ce que l'eSim change à l'expérience, c'est la simplicité et l'immédiateté. Sur cette seconde ligne, vous pourrez souscrire à un nouveau forfait en quelques secondes seulement. Deux manières de le faire : soit souscrire en ligne et suivre un lien ou un QR-Code pour configurer l'eSim avec les paramètres de l'opérateur, soit faire de même au travers de l'application de l'opérateur. Dans les deux cas, le nouveau forfait arriverait dans une sorte de porte-cartes, à gérer dans les paramètres du téléphone, pour passer de l'un à l'autre à la demande.


Tout à coup, cette seconde SIM virtuelle pourrait vous servir à l'étranger, pour activer un forfait de données dans le pays visité dès votre descente d'avion. Et puisque le coût de la SIM physique sort de l'équation, les opérateurs pourraient imaginer des offres difficiles à mettre en place jusque-là, comme des forfaits valables une semaine, voire une journée, des forfaits par dizaines, ajustés au plus près des besoins de l'abonné. Et forcément, une concurrence accrue, qui ne serait pas une bonne affaire pour les opérateurs.

Opérateurs frileux, la France pas encore concernée ?

Il est là, le seul véritable obstacle à la généralisation de l'eSim. En simplifiant à l'extrême le changement d'opérateur, ces derniers ont un peu peur de mettre le doigt dans un engrenage mortel, arbitré de plus par les fabricants de smartphones. Si aujourd'hui Apple ne s'interpose pas entre ses utilisateurs et les opérateurs, la crainte est bien là : le voir proposer des forfaits sur lesquels l'opérateur devrait lui verser une commission. Pire encore : certains imaginent Apple devenir un opérateur lui-même, un opérateur virtuel qui aurait négocié dans chaque pays avec les opérateurs locaux, un Apple Telecom dont les offres seraient forcément les premières qui s'afficheraient sur l'écran de votre iPhone tout neuf. Ce n'est encore que de la fiction, mais c'est bien ce que l'eSim permettrait, dès aujourd'hui.


De quoi expliquer que les opérateurs mobiles soient rares à voir l'eSim comme une opportunité. Sur le site d'Apple, à la page qui liste les opérateurs supportant l'eSim sur les nouveaux iPhone, on voit clairement que les volontaires ne se sont pas bousculés, seuls dix pays sont concernés, aucun en Asie du sud-est, rien en Amérique du Sud... et aucun opérateur français. On aurait pu s'attendre à ce qu'Orange, qui fournissait un forfait eSim à l'Apple Watch, ait répondu présent dès le premier jour, mais il n'en est rien. Sur les quatre grands opérateurs mobiles français que nous avons sollicités, et à l'heure où nous publions ces lignes, SFR et Bouygues Telecom nous ont répondu, affirmant tous deux travailler sur le sujet, sans plus précisions. Il leur reste encore le temps de la réflexion : tous pays confondus, la fonction eSim ne sera activée dans les nouveaux iPhone qu'avec une future mise à jour logicielle, dont la date n'est pas encore connue.

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