Mission Rosetta : Philae "va bien", malgré tout

High-tech

ESPACE – Selon l'Agence spatiale européenne, l'atterrissage du robot Philae s'est avéré plus chaotique que prévu. Mais les travaux ont tout de même pu commencer.

Au lendemain de son atterrissage sur la comète "Tchouri" , le robot européen Philae a commencé ses travaux. Mais pour les scientifiques, cela ne signifie pas pour autant la fin des problèmes. L'atterrissage, qui devait avoir lieu dans une plaine au sol meuble, ne s'est en effet pas du tout passé comme prévu.

Deux rebonds à l'atterrissage

Dès mercredi soir, on savait que les harpons qui devaient arrimer la sonde à la comète ne s'étaient pas déclenchés. En revanche, on n'en connaissait pas encore les conséquences : Philae n'a pas juste atterri, mais a rebondi deux fois, avant de s'arrêter à plus d'un kilomètre de distance du lieu initialement choisi par les scientifiques. "Les données de l'atterrissage montrent deux bonds. Le premier a duré une heure et le robot a sans doute fait un bond d'un kilomètre de haut, a ainsi précisé jeudi matin Stephan Ulamec, responsable de Philae au Centre allemand pour l'aéronautique et l'aérospatiale. "C'est extrêmement accidenté, ce n'est pas une zone qu'on aurait retenue comme zone d'atterrissage", souligne de son côté Marc Pircher, du Centre national d'études spatiales (Cnes).

La sonde "fonctionne bien"

La bonne nouvelle, c'est que malgré cet atterrissage chaotique, le robot est en bon état. "Philae fonctionne bien. Sa pile fonctionne bien et lui fournit de l'énergie", assure Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au Cnes. Les premières expériences ont d'ailleurs commencé. L'engin doit notamment analyser les matériaux présents à la surface de la comète, faire une radiographie de l'intérieur de celle-ci, analyser son noyau, etc. Les comètes sont en effet des résidus de la formation de notre système solaire, et pourraient selon les experts expliquer comment la vie est apparue sur Terre. Jeudi, Philae a enregistré son premier succès, en envoyant sa première photo du sol de Tchouri .

La mauvaise nouvelle, en revanche, c'est que les chercheurs devront probablement se dépêcher pour réaliser toutes ces opérations. En atterrissant beaucoup plus loin que prévu, l'appareil s'est retrouvé à l'ombre, alors qu'il a besoin du soleil pour être alimenté en énergie. Pour l'instant, il ne reçoit de lumière qu'une heure et demi toutes les douze heures, alors qu'il en faudrait six ou sept pour assurer son bon fonctionnement. Pour corriger le tir, il suffirait de le faire rebondir une fois de plus, afin de le renvoyer dans une zone plus exposée aux rayons solaires. Mais la manœuvre est tellement délicate qu'elle est pour l'instant reportée sine die.

Privés de forage ?

Autre difficulté à surmonter, il est pour l'instant impossible de mener les forages, sur lesquels les scientifiques fondaient beaucoup d'espoirs. En effet, la sonde est en équilibre sur deux pieds au lieu de trois, et n'est pas ancrée dans le sol. "En microgravité, normalement, il nous fallait une tension des harpons pour compenser la force de forage, sinon l'atterrisseur risque de se soulever", explique Philippe Gaudon. Les opérations de forage, élément important mais pas capital de la mission, pourraient donc être annulées.

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