Au Japon, souriez, vous êtes identifiés !

Au Japon, souriez, vous êtes identifiés !
High-tech

VIDEOSURVEILLANCE - Au fil de nos balades dans les allées du CEATEC, le salon asiatique de l'électronique qui se tient cette semaine à Tokyo, nous vous présentons ces innovations qui vont peut-être bouleverser votre quotidien de demain. Aujourd'hui, gros plan sur la sécurité vidéo vue par les Japonais, avant l'organisation des JO 2020.

Vous déambulez nonchalamment dans la rue, tournez à droite, prenez le métro avant de ressortir trois stations plus loin pour entrer dans les locaux de votre entreprise. Sur ce chemin, pas moins de cinq-six caméras ont filmé et répertorié votre visage dans une large banque de données. A tout moment, le fichier est capable de croiser les informations pour détecter une même personne à différents endroits.

Mais pas d'inquiétude ! Le but n'est pas de vous traquer, mais de garantir votre sécurité, nous explique-t-on. Lors du CEATEC, le salon de l'électronique organisé cette semaine à Tokyo, NEC a dévoilé plusieurs systèmes de vidéosurveillance avec un but commun : lutter contre la criminalité et renforcer la sécurité. A commencer par un ambitieux dispositif d'analyse des images de rues pour identifier les individus.

Faire diminuer la criminalité et renforcer la sécurité

Une série d'incendies, d'accidents, d'évènements tragiques sans coupable identifié : l'analyse des images va permettre de savoir si une même personne se trouvait dans les environs au moment de chaque évènement. Pour cela, le géant japonais de l'électronique utilise une technologie de reconnaissance faciale couplée à des données spatio-temporelles. L'entreprise promet de rendre ainsi les enquêtes plus faciles et de faire diminuer les crimes dans les lieux publics ou tout simplement de refroidir les velléités des pickpockets. Les risques d'être pris la main dans le sac seront ainsi démultipliés.

L'analyse d'images rend possible l'identification d'un même visage, même pris sous des angles différents ou par des caméras de qualité différente. Il sera alors plus simple de demander à l'ordinateur de faire remonter les visages repérés sur tous les lieux incriminés. NEC estime qu'il est également possible de s'en servir de façon moins sécuritaire en pouvant identifier les touristes perdus (un objectif partagé par le robot EMIEW 3 d'Hitachi) ou encore, d'un point de vue marketing, en analysant les comportements de consommateurs afin de leur offrir des services ciblés.

Robocop n'est plus très loin

Le rapport à la sécurité et à la vidéosurveillance n'est pas le même au Japon que dans beaucoup de pays européens. Il n'est pas rare de voir ici des caméras dans la rue, dans les voitures, etc. pour filmer le quotidien à des fins préventives ou sécuritaires. Alors si les agents de police se mettent à pouvoir filmer à tout moment, cela ne sera guère plus choquant. 

Pour cela, NEC a développé un gilet équipé d'une caméra – qui ressemble à un gilet pare-balles- qui sera connecté au smartphone du porteur. La caméra va capturer des images en temps réel, les améliorer et les envoyer à un centre de commandes qui pourra à tout moment les décrypter. Si un visage est repéré (personne recherchée, disparue ou suspecte), l'officier reçoit une notification sur son smartphone ou sa montre connectée pour l'avertir et éventuellement le faire intervenir. Et le tout fonctionne dans des conditions de luminosité difficiles ou au milieu d'une foule.

Objectif : sécuriser les JO de Tokyo 2020

La sécurité, il en sera surtout question d'ici quatre ans au Japon. Car toutes ces innovations ont un objectif évident : partenaire des Jeux olympiques et paralympiques 2020 organisés à Tokyo, NEC va assurer la vidéosurveillance des évènements. Alors autant être rassurant en amont avec toute une palette de services. A cela s'ajoute évidemment la sécurisation des stades et lieux des épreuves. Pour cela, la firme asiatique a développé un système d'identification des billets d'accès.

NEC a déjà testé sa technologie de reconnaissance faciale -"le plus haut degré de sécurité", se félicite NEC- lors d'une conférence de presse à la Japan House 2020 pour présenter l'organisation des JO. Sur chaque billet acheté, le porteur devra enregistrer une photo qui lui servira de moyen d'identification cryptée dans un code-barres. A l'entrée des stades, il suffira de scanner son billet et la caméra installée détectera en quelques millisecondes si le visage associé au billet est bien celui qu'elle vient de filmer. Si cela ne correspond pas, une zone rouge apparaît à l'écran et l'accès est refusé. Une façon de lutter contre le marché noir, mais aussi d'écarter les inconvenants dans les stades.

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