Netflix : "Les séries représentent deux tiers des contenus visionnés"

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VIDÉO À LA DEMANDE – A l'aube de son lancement en France, le 15 septembre prochain, metronews a rencontré le responsable des contenus de la société. Il explique la politique de création de la société et ses projets pour les mois à venir.

Comment choisissez-vous les contenus qui seront disponibles sur Netflix ?
Nous essayons de choisir des contenus qui seront appréciés par le plus de gens possible. Le principal avantage que nous avons est de disposer des données traduisant de quelle manière nos abonnés ont aimé un programme. Ça nous permet de décider des montants que nous pouvons investir dans un contenu. Nous pouvons ainsi faire de gros investissements comme pour House Of Cards ou Orange Is The New Black, car nous savons que nous aurons un grand retour sur investissement. Puis nous avons d'autres séries comme Lilyhammer, plus confidentielles, mais qui nous coûtent moins cher et sont de très grande qualité.

Quelle somme avez-vous investi dans House Of Cards par exemple ?
Nous ne communiquons aucune somme, mais l'investissement peut être très variable d'une série à l'autre. Cela va dépendre du nombre d'épisode, de la taille des équipes de tournage ou encore du type d'histoire racontée.

Qu'est-ce que la diffusion de tous les épisodes d'une série simultanément a changé dans la manière de les consommer ? 
En mettant à disposition tous les épisodes de House Of Cards d'un seul coup, on se rend compte que certaines personnes peuvent les regarder d'une seule traite. Le système de diffusion de la télévision avec un épisode par semaine incite à regarder plusieurs séries à la fois. Avec notre offre, on a constaté que les téléspectateurs se concentrent sur une seule série, la terminent, puis passent ensuite à une autre. Mais je crois que c'est le choix de regarder une saison comme on le souhaite qui entraîne la satisfaction de notre abonné. On peut ainsi visionner une série en une semaine plutôt que d'attendre 15 semaines pour la voir en entier.

Les séries représentent l'essentiel de votre catalogue ? 
Cela dépend du pays dans lequel vous utilisez Netflix. Aux Etats-Unis, 70 % de notre audience est composée de séries, mais c'est difficilement comparable car un film dure deux heures alors qu'une série en dure douze. Les Canadiens et les Anglais regardent par exemple un peu plus de films que les Américains.

Vous diffusez des séries, des films et des documentaires. Pensez-vous que Netflix soit amené à proposer d'autres types de programmes ? 
Je ne pense pas que ce soit une demande. On ne consomme pas du sport et des infos de la même manière que des films ou des séries. L'urgence du sport et de l'information en fait des programmes parfaits pour la télévision : l'audience à instant T. Alors que nous agrégeons notre audience sur une longue période de temps. Nous restons donc concentrés sur les programmes scénarisés.

Quelles sont les prochaines séries originales à venir sur Netflix ?
Nous en avons plusieurs. Tout d'abord Narcos, une série sur la vie de Pablo Escobar, réalisée par José Padilha qui est l'un des meilleurs réalisateurs brésiliens du moment. Il y aura aussi Sense 8, une série de science-fiction réalisée par les frères Wachowski. Nous aurons également la première des cinq séries que nous produirons avec Marvel, qui sera sur Daredevil. Et encore bien d'autres projets comme Better Call Saul, le spin-off de Breaking Bad.

Est-ce encore compliqué de convaincre des gens du cinéma de travailler sur des séries télévisées ?
Je suis persuadé que le succès de House Of Cards est dû aux talents des personnes qui y participent. David Fincher est le meilleur réalisateur de notre époque. Il a vraiment fait bouger les lignes entre ces deux mondes. On peut voir House Of Cards comme un film de 26 heures. Netflix donne beaucoup de liberté à ses collaborateurs. Cela n'avait pas de sens d'embaucher David Fincher et de lui imposer notre point vue. Je lui fais confiance et je sais qu'avec lui tout est sous contrôle.

Est-ce que les réalisateurs ou acteurs de cinéma viennent désormais vous voir directement avec leurs projets ?
Oui, beaucoup ! J'examine entre six et huit projets par jour. Nous produirons certainement des films dans le futur. Un tiers de notre audience est composé de gens qui en regardent. Certains préfèrent les livres long, d'autres les livres courts, c'est la même chose pour nous. Et puis nous encourageons les producteurs à travailler sur des mini-séries, dans le sens où ce serait à eux de choisir le temps nécessaire à développer leur histoire, sans les contraintes imposées par une diffusion télévisée. L'un des modèles parfait était par exemple la mini-série Carlos.

Comment votre arrivée en France est perçue par les producteurs français ? 
Quand nous arrivons sur un marché, il y a toujours des réserves de leur part. Il y a un certain statu quo dans le secteur qu'ils ont peur d'abandonner. Mais ils se rendent généralement compte que Netflix est un grand générateur d'audience et de revenus pour eux. Au final nous sommes un nouvel acheteur, ce qui est bon pour tout le monde.

Avez-vous déjà des accords avec les studios français ? 
Oui plusieurs, mais je ne peux pas encore les évoquer. Les négociations peuvent durer et nous savons par habitude qu'elles peuvent se conclure seulement à la veille de la date de lancement.

Pour tout savoir sur Netflix :

- Netflix en France en 10 questions - Reed Hastings (PDG de Netflix) : "Nous sommes un outil de lutte contre le piratage"
- "Netflix a diffusé 6,5 milliards d'heures de programmes au premier trimestre"

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