Netflix truste près d’un quart du trafic internet en France

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OGRE – Selon le rapport annuel de l’Arcep sur l’état d’internet en France en 2018, quatre entreprises accaparent 53% du trafic internet : Facebook, Google, le prestataire Akamai et surtout Netflix. Le service de streaming vidéo n’en finit plus de grossir dans l’Hexagone et aurait absorbé près de 25% des connexions en France l’an dernier !

Netflix et la France, une sacrée relation d’amour. Depuis son lancement dans l’Hexagone en septembre 2014, le service de streaming vidéo fait carton plein. Si Netflix se refuse à donner tout chiffre concernant son nombre d’abonnés, on estime à plus de 5 millions le nombre d’inscrits en France (139 millions dans le monde). Et c’est sans compter avec les prêts de compte et multiples utilisateurs possibles… 

Fin 2018, le CNC estimait que l’entreprise américaine, qui a mis à mal la concurrence dans le secteur (CanalPlay et SFR Play en premier lieu), représentait 70% du marché de la SVOD dans le pays.

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Et les derniers chiffres de l’Arcep publié dans son rapport annuel sur "L’Etat d’internet en France" montrent l’ogre qu’est devenu Netflix. Selon régulateur des télécoms, un peu moins d’un quart du trafic internet enregistré par les quatre principaux fournisseurs d’accès (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free) se faisait ainsi à destination du service vidéo (22,4 %). Une montée en puissance phénoménale pour la firme de Reed Hastings qui représentait près de 15% du trafic en 2017 et moins de 10% un an plus tôt.

La majorité de la bande passante trustée par quatre géants

Netflix est ainsi le chef de file d’un quatuor de fournisseurs de contenus qui captait plus de la moitié du trafic en France fin 2018 (53% de la bande passante). Et à ce jeu-là, Netflix a réussi à surpasser Google, porté principalement par le visionnage de vidéos sur YouTube (17,2%). Facebook n’est que 4e (5,2%) derrière le moins connu Akamai (8,4%). Ce dernier est en fait un prestataire réseau qui fournit des serveurs cache afin de permettre à des géants comme Microsoft, Apple ou encore Facebook de diffuser leurs contenus aux utilisateurs.

Dans l’étude de l’Arcep, on constate que des sites de vidéo comme Canal+, la plateforme de streaming axée sur le jeu vidéo Twitch ou encore Dailymotion sont très loin d’occuper une large part de la bande-passante française (de 1 à 2%). Une inégalité naissante dans la diffusion de contenus car Google et Netflix, de par leur force de frappe et leurs gros volumes de trafic, sont en position pour négocier avec les opérateurs. Ils ont ainsi pu mettre en place des réseaux de diffusion de contenu au sein des FAI pour améliorer l'acheminement de leurs données vers les utilisateurs. Et quand on sait qu’un autre géant s’apprête à poser ses valises en France (Disney+), les plus petits diffuseurs de contenus peuvent commencer à s'inquiéter.

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